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Plissements à différentes échelles
Plissements "de poche" en Vanoise. © C.
Sabouraud
Plis
couchés dans la nappe de Wildhorn, à proximité du
village de Kandersteg, Oberland Bernois, Suisse. © P.
Dick
Comment prétendre recréer en laboratoire
des phénomènes dont tous les paramètres
nous dépassent : des kilomètres d'épaisseur
de roches, indéformables semble-t-il et pourtant
déformées, des durées... géologiques
(c'est-à-dire des millions d'années), des
vitesses généralement de l'ordre du centimètre
par an.
Les déformations de roches sont donc le résultat d'évolutions
lentes, dont les causes sont invisibles.
On peut expérimenter pour contourner cette difficulté considérable.
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Stage de géologie structurale
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Le géologue cherche des affleurements,
il y fait des prélèvements (échantillons
de roches, fossiles) et des observations : orientation
et valeur du pendage des
couches, forme des plis, direction de leur axe, sens
des failles. Le géophysicien fait aussi des mesures
de géophysique telles que sismologie, gravimétrie,
magnétisme, imagerie satellite, qui lui fournissent
d'autres données.
Une fois les observations rassemblées, les études déchantillons
au laboratoire et les interprétations soulèvent des questions.
Pour comprendre les déformations qui affectent la surface de la Terre,
le géologue émet des hypothèses sur les mécanismes
qui peuvent en être responsables. Ces hypothèses sont formulées
dans le cadre global de la tectonique
des plaques.
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Expérience sur modèle
réduit

Expérience
sur modèle numérique
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Le chercheur qui a choisi d'expérimenter
teste ses hypothèses en faisant des modélisations : modèles réduits, maquettes.
Il réalise, en laboratoire, des modèles physiques avec des matériaux
réels (souvent appelés modèles analogiques) ou bien des
modèles numériques sur l'écran d'un ordinateur, comme le
montrent les deux images, extension analogique et numérique, ci-contre.
Leur principe est le même. On crée un modèle simplifié prenant
en compte les principales caractéristiques du phénomène
naturel que l'on veut étudier et on se donne les moyens techniques de
faire varier tous les paramètres.
À partir dun état initial supposé, le modèle
est déformé selon les mécanismes que l'on suppose agir dans
la nature.
La comparaison entre les observations de terrain et létat final
du modèle permet de valider ou dinvalider les hypothèses
formulées. Mais la modélisation peut apporter plus de questions
qu'elle nen résout, il faut alors souvent compléter létude
de terrain, retourner aux données, réaliser de nouvelles expériences
en variant les paramètres (matériaux, vitesses...) pour enfin aboutir à un
résultat fiable.
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Petits plis dans des calcaires
Toscan
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Il peut être difficile d'imaginer comment on
peut modéliser des processus comme la genèse
de montagnes dans une expérience de laboratoire
forcément réductrice. Pour comprendre,
le concept déchelles de temps et despace
est important :
- L'érection d'une chaîne de montagnes dure des millions d'années.
Imaginez quune caméra ait enregistré un tel événement.
En rejouant le film en accéléré, le comportement des roches
ne ressemblerait probablement pas à celui que nous attendrions de roches,
mais plus à celui de la cire, du mastic ou de l'argile. Ce qui nous semble
une roche résistante peut apparaître beaucoup moins solide dans
une échelle de temps beaucoup plus longue.
- Quant aux dimensions... il est bien entendu impossible de concevoir des expériences à léchelle
de la Terre.
Des structures naturelles de dimensions complètement différentes
sont pourtant si semblables que des processus comparables ont dû les engendrer.
Dans cette perspective, on peut employer
des modèles à léchelle du laboratoire pour étudier
des dispositifs de plus grande taille. Les principes du dimensionnement justifient
en partie lemploi de matériaux faiblement résistants pour
modéliser le comportement de matériaux plus résistants.
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Expérience au XIXe siècle
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Les pionniers
de la modélisation (XIXe siècle)
ont conçu des modèles qui ne respectaient
pas de règles de dimensionnement. Ces inventeurs
ont immortalisé par de superbes gravures et
des photos étonnantes leurs appareils et les
résultats obtenus. Aujourd'hui, toutes les
modélisations des scientifiques font appel à des
modèles à léchelle.
Les modèles hors échelles conservent tout leur intérêt
pour l'enseignement et la diffusion des connaissances en sciences de la Terre
car ils illustrent bien la démarche expérimentale et permettent
de différencier les comportements des diverses roches, des divers niveaux
de la lithosphère et de se confronter aux questions d'échelle.
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En mettant en relation les propriétés
mécaniques des matériaux naturels et
celles des matériaux de laboratoire (leur rhéologie),
on sélectionne des matériaux "analogues".
Dans un modèle analogue, les paramètres importants sont dimensionnés
: il doit exister un rapport de similitude entre longueurs, vitesses, contraintes,
temps... Les équations de la dynamique, de la rhéologie sont le
quotidien du chercheur.
Cependant, le dimensionnement ne peut en réalité être totalement
correct vu la complexité des matériaux naturels qui intéressent
le géologue. Il est donc nécessaire de revenir en permanence au
terrain.
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Expérimentation en laboratoire
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Pour représenter la croûte supérieure
qui est fragile (ou
cassante), le chercheur utilise du sable, type sable
de Fontainebleau. Quand on applique des forces à des
couches de sable, elles ne se plissent pas, elles se
faillent, comme les roches rigides. La déformation
est localisée.
Pour représenter la croûte inférieure qui, plus chaude, est ductile (ou
plastique), le chercheur emploie un gel de silicone dont le comportement varie
suivant la température et la vitesse de déformation. Il peut même
utiliser du miel pour des niveaux plus profonds, plus chauds et donc plus ductiles.
Il faut aussi respecter les proportions de la nature, rapports de densité,
rapports dépaisseur : si on veut représenter un niveau dont
la moitié supérieure est fragile et la moitié inférieure
ductile (une croûte par exemple), on déformera deux couches de matériaux
différents et dégales épaisseurs.
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