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Les géologues
interprètent les paysages structurés
par le comportement des roches. Ici Laurent Jolivet
dessine les structures de la base de la nappe de
Digne, Alpes de Haute Provence.
© C. Brunet
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Grandes failles normales (Japon)

Plis
dans les marbres du Cap Corse
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La rhéologie est
une branche de la mécanique qui étudie
les comportements des matériaux soumis à une
contrainte.
Les mécanismes
de déformation des matériaux de la croûte
terrestre sont gouvernés par trois facteurs principaux, la température,
la pression
hydrostatique et la vitesse de déformation.
La relation entre température et profondeur
est définie par le gradient géothermique
local qui varie selon les contextes géodynamiques.
La pression hydrostatique (ou lithostatique) est directement
reliée à la profondeur et à la
densité de la colonne de roches sus-jacente.
L'évolution du comportement des matériaux
varie donc fortement en fonction de la profondeur et
du contexte géodynamique et engendre des déformations
très différentes.
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Quand elle est soumise à une contrainte, la
roche se déforme et reprend sa forme initiale
quand la contrainte cesse. La déformation est
réversible, c’est un comportement élastique.
La relation entre déformation et contrainte est
souvent linéaire. La transmission des ondes sismiques
dans le globe est permise par cette propriété élastique
des roches.
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Cisaillement ductile dans les
Alpes
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Pour certaines roches et certaines conditions, au-delà d’un
certain seuil, dit seuil de rupture, la roche se rompt.
La déformation est évidemment irréversible,
c’est un comportement fragile (ou cassant). Les
failles, les fentes sont caractéristiques de la
déformation fragile.
Pour certaines roches et certaines conditions, au-delà d’un
certain seuil, dit seuil de plasticité, une roche
soumise à une contrainte se déforme et
ne reprend pas sa forme initiale quand la contrainte
cesse. La déformation est irréversible,
c’est un comportement ductile (ou plastique). La
relation entre contrainte et déformation n'est
pas linéaire : la contrainte augmente moins vite.
Les plis, les bandes de cisaillement sont caractéristiques
de la déformation ductile.
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Les différents domaines de déformation
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Dans la nature, pour une roche soumise à une
déformation à vitesse constante, la transition
fragile-ductile dépend uniquement de la profondeur
qui commande température et pression hydrostatique.
Quand la pression hydrostatique augmente, le seuil de
rupture augmente et quand la température augmente,
le seuil de plasticité diminue. Donc quand la
profondeur augmente, on passe d’un comportement
fragile à un comportement ductile. Ainsi dans
la croûte terrestre, la croûte supérieure
se fracture alors que la croûte inférieure
se déforme plastiquement.
Idéalement, la transition fragile-ductile correspond à la
condition : seuil de rupture = seuil de plasticité.
Dans la nature, ce n’est pas aussi simple car les
roches sont constituées de minéraux aux caractéristiques
mécaniques différentes. Examinons le cas
d’une roche composée de quartz et de feldspath,
ce qui correspond pratiquement au cas du granite.
Pour une même contrainte le quartz devient ductile
aux alentours de 350°C, alors que le feldspath ne le
devient qu’autour de 500°C. Pour cette roche,
il existe donc un domaine hybride où le feldspath
se déforme encore fragilement alors que le quartz
se déforme déjà ductilement. La transition
fragile-ductile correspond à cette zone où la
déformation est hétérogène
pour les deux minéraux.
Les choses se compliquent si on considère l’ensemble
des minéraux présents, leurs transformations
métamorphiques, les éventuelles phases
fluides (H2O, CO2, etc.)… Heureusement, la connaissance
de tous ces paramètres n’est pas toujours
nécessaire au mécanicien des roches qui
s’intéresse au comportement de la lithosphère
dans son ensemble : un modèle simplifié lui
suffit.
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Grande faille normale (Rhin)

Zone de cisaillement ductile (schistes en Toscane)

Gneiss du Massif du Tenda, Corse
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Bien que basé sur une approche différente,
le point de vue du géologue de terrain rejoint
celui du mécanicien des roches. Pour un géologue,
la distinction entre déformation fragile et déformation
ductile est purement descriptive :
- Une déformation fragile est localisée le long d'un plan de glissement
sans épaisseur, le plan de faille.
- Une déformation ductile est distribuée dans un certain volume
rocheux qui correspond en général à une zone de cisaillement.
La déformation est considérée comme homogène au sein
du volume déformé, mais ce n'est pas toujours le cas.
Cette approche de terrain dépend de manière évidente de
l'échelle d'observation. Une grande faille comme la faille alpine de Nouvelle-Zélande
peut être considérée comme une déformation localisée à léchelle
du globe. Mais l'observation sur le terrain révèle un large domaine
déformé.
Au sein d'un échantillon de gneiss déformé ductilement,
la déformation est distribuée dans toute son épaisseur,
mais l'observation de détail, à léchelle de la lame
mince, révèle que certains minéraux comme les feldspaths
n'ont subi qu'une déformation fragile.
feldspath.psd
Cette classification n'implique aucun mécanisme de déformation
intime, mais elle a son importance car les techniques d'étude de la déformation
sur le terrain ne sont pas les mêmes dans le domaine fragile et dans le
domaine ductile.
Dans le domaine fragile, on cherchera à déduire la direction et
le sens de mouvement des blocs sur le plan de faille lui-même, alors qu'en
domaine ductile, on devra déduire les déplacements des blocs de
la géométrie interne du domaine déformé.
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