On connaît bien les mouvements des continents, on les mesure même grâce au GPS !
Les continents sont entraînés par le mouvement des plaques lithosphériques, qui sont elles mêmes entraînées par les mouvements de convection du manteau… tout bouge en profondeur et tout change en surface.
La tectonique des plaques décrit les mouvements des plaques et leurs conséquences sur la géologie et la géographie de la Terre.

À la surface de notre planète, une couche rocheuse rigide, la
lithosphère est découpée en 12 grandes plaques principales et un certain nombre de petites.


Carte des principales plaques lithosphériques. Les flèches indiquent les mouvements locaux aux limites des plaques :
convergent = subduction et collision, divergent = dorsale océanique et rift, décrochant = faille décrochante.
© : C. Brunet d'après le modèle NUVEL-1 (De Mets et al., 1990)

Elles ne se déplacent pas toutes avec un beau mouvement d’ensemble ! l’une se déplace chaque année de 1cm vers l’Est, une autre de 7 cm vers le Nord, d’autres tournent sur elles-mêmes, une autre encore de 8 cm vers l’Ouest !

Cela n’est possible que parce que des roches constituant les plaques apparaissent chaque année pendant que d’autres roches disparaissent dans les profondeurs.

Les
plaques naissent et s’agrandissent au niveau des dorsales.

Une dorsale est un long alignement de reliefs et de fissures volcaniques le plus souvent caché au fond d’un océan. Une dorsale naît par extension et déchirure d’une plaque. La divergence des plaques entretient l’activité de la dorsale.

Par quel mécanisme ? Des laves provenant de la fusion partielle du manteau sous jacent montent le long de la dorsale. Elles sortent par les fissures et volcans sous-marins. Quand elles sont refroidies, elles forment des bandes de basaltes qui s’accolent à des laves plus anciennes ; c’est l’accrétion océanique. Ainsi, les fonds des océans naissent et s’élargissent.
Ce volcanisme, bien que le plus souvent invisible, est le plus abondant sur notre planète.
SCHÉMA

Les plaques s’enfoncent : c’est la subduction.

Bien entendu à force de s’écarter, (on dit aussi diverger), certaines plaques se rencontrent.
Lors de ces rencontres, une plaque s’enfonce sous l’autre, c’est la subduction. Ce phénomène est accompagné de tremblements de terre et de volcanisme.

Les matériaux constituant les plaques qui s’affrontent, se déforment. Il peut s’agir de roches continentales (granites, roches métamorphiques, sédiments anciens), de fond océanique (basalte et sédiments parfois encore frais). La partie inférieure de la plaque constituée de manteau supérieur (péridotites) s’enfonce également.

Quand les sédiments sont abondants, leur raclement par la plaque supérieure (souvent comparée à un bulldozer), provoque la formation d’un
prisme d’accrétion.

Quand deux continents sont conduits à s’affronter après disparition de la croûte océanique qui les séparait, les roches de la lithosphère subissent de grandes déformations,
La subduction fait ainsi disparaître les océans et naître des chaînes de montagnes. Ainsi, les géologues se régalent quand ils découvrent à 2500m d’altitude d’anciens fonds océaniques !
La subduction est un phénomène qui s’accompagne d’éruptions volcaniques nombreuses et violentes

Le moteur de ces mouvements en surface se trouve en profondeur : la convection.

Les plaques reposent sur le manteau, couche de roches solides de près de 3000 km d’épaisseur. Ces roches étant plus chaudes en profondeur, et donc moins denses, ont tendance à monter lentement vers la surface(cm/an). Sous la lithosphère, elles refroidissent et redescendent : on reconnaît là la dynamique des mouvements de convection de l’air chaud et froid d’une pièce. L’état solide du manteau n’empêche pas ces mouvements, seulement, ils sont très lents (on parle de fluage). La lithosphère est entraînée par ces mouvements. Les couplages surface -profondeur sont à l’ordre du jour des chercheurs.

Les reliefs créés par la tectonique des plaques, s’usent.

Ces montagnes construites en quelques dizaines de millions d’années sont aussitôt soumises aux agents atmosphériques qui érodent leurs roches. L’érosion est donc aussi un facteur de changement pour la géographie terrestre : montagnes aplanies, réseaux fluviatiles transportant leurs débris puis accumulation de ces débris dans les mers…accumulation qui sera parfois déformée en prismes d’accrétion avant d’être intégrée à une chaîne en montagne…
L’érosion est un agent efficace pour le recyclage de la matière !

La Terre bouge à toutes les échelles.

L’approche expérimentale proposée par Géomanips permet d’explorer ces fonctionnements à très grande échelle. Elle permet aussi d’explorer des phénomènes tectoniques plus régionaux, mais qui structurent également les roches et les paysages.

L’un de ces phénomènes, la montée de
diapirs, est une conséquence des changements géographiques et aussi climatiques provoqués par la tectonique des plaques. Les dépôts de sels nés de mers disparues, ont pu atteindre des épaisseurs considérables. Ces couches de sels évoluent postérieurement d’une façon qu’apprécient les pétroliers : les sels, peu denses, ont tendance à remonter, formant des diapirs en forme de champignon, et perforent les couches de roches qui leur sont superposées. Parfois ils coincent ainsi du pétrole ! il s’agit de la tectonique salifère.