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ARPH (Assistant Robot pour Personne Handicapée)





ARPH (Assistant Robot pour Personne Handicapée) est un robot mobile. Une caisse à roulette, format fauteuil roulant, qui a le bras long. Avec son membre d’1,20 m et de 20 kilogramme, il est capable d’attraper canettes de soda et autres petits objets du moment qu’ils n’excèdent pas le kg.

"A première vue, ces gestes ne semblent pas d’ordre vital, mais ils offrent aux handicapés un peu d’indépendance, ne serait-ce que durant quelques heures", explique Etienne Colle, concepteur d’ARPH, directeur adjoint du Laboratoire Systèmes Complexes (Unité mixte Université-CNRS FRE 2494), à Evry.

"Il est très important que les personnes handicapées puissent avoir leurs propres gestes", insiste le chercheur. Une main valide, un doigt mobile, des rotations de la tête, si l’utilisateur est capable d’effectuer l’ébauche de ces quelques mouvements il pilotera lui-même ARPH à l’aide d’une télécommande adaptée à ses possibilités. Tout en suivant du regard la progression du robot sur un moniteur relié à la caméra montée sur le robot.

"Des personnes paraplégiques et même des infirmes moteur cérébraux (IMC), dont les mouvements sont perturbés par des mouvements brutaux incontrôlables, sont parvenus à piloter des systèmes de ce type", se réjouit Etienne Colle.



En mode automatique, au contraire, ARPH trouvera tout seul son chemin, dans un appartement ou dans un centre de soin, évitant les obstacles grâce à une ceinture de capteurs à ultra-son. Une carte sommaire des lieux, où sont indiqués le lit et autres "gros" meubles, aura tout de même été préalablement enregistrée dans le programme de ARPH afin de choisir la moins encombrée des trajectoires. A terme, Etienne Colle voudrait que ARPH puisse aussi fonctionner en mode dit "partagé".



"L’idée est d’imiter l’être humain", commente le chercheur qui travaille en collaboration avec l’Institut de Neurosciences Physiologiques et Cognitives (FRE CNRS K2109) et le laboratoire de psychologie expérimentale de Rennes. Ces spécialistes du comportement humain ont identifié quelques règles à suivre.

"Lorsque vous cherchez un objet, par exemple, ce sont vos yeux qui le repèrent d’abord, puis vos jambes vous amènent jusqu’à lui, explique Etienne Colle. Bref : les jambes suivent la tête. De même, l’utilisateur commandera la caméra d’ARPH vers le lieu voulu et les roues suivront." Bien sûr, si un chien passe, ou si un bébé déboule sur le chemin, ARPH le repèrera grâce à ses capteurs à ultra-son et l’évitera automatiquement.



"Une fois le prototype au point, nous ferons des tests systématiques avec des associations d’utilisateurs", explique Etienne Colle.
"Mais dès aujourd’hui, au stade de la conception, nous travaillons en collaboration avec des spécialistes de l’AFM. Et nous évaluons, au fur et à mesure, les capacités de l'aide technique avec des utilisateurs".

L’Association Française contre les Myopathies finance d’ailleurs le projet à hauteur de 60.000 euros. C’est elle aussi qui a prêté le bras monté actuellement sur le prototype. "Ce bras articulé est un produit manufacturé, fabriqué en Hollande, qui coûte 28.000 euros. L’AFM en équipe des centres de rééducation", précise Etienne Colle.


Quant au reste de ses "organes", ARPH est conçu au prix le plus bas. C’est la seule solution pour escompter des acheteurs potentiels (probablement des centres de soins) et, donc, pour que des industriels trouvent un intérêt à sa fabrication.

"Car en France, contrairement à la Hollande et d’autres pays Nordiques, les aides techniques sont rarement financées par l’Etat, déplore le chercheur. La fabrication et la commercialisation d’ARPH seraient ma plus belle satisfaction".






 

 


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