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Flexion.
Extension. Robian, paire
de jambes métalliques articulées
et branchées sous 24 volts, simule
la marche humaine, des
hanches jusqu’aux pieds, en passant par les genoux et les
chevilles.
"Le but est ensuite de faire de Robian
un ‘robot
handicapé’", explique Fathi Ben Ouezdou,
du LIRIS (CNRS FRE 2508), à l’université de
Versailles Saint-Quentin.
"A la place du pied, par exemple,
nous lui poserons une prothèse. Les capteurs dont il est
bardé permettront alors de mesurer directement toutes les
forces mises en jeu sur celle-ci durant la marche. Ainsi que tous
les efforts musculaires, les vitesses et accélérations
de chaque membre".
Des mesures
qui permettront d’optimiser la conception des prothèses,
bien sûr, mais aussi leur implantation sur les patients.
"Actuellement, les chirurgiens décident
des angles de pose en se fondant sur leur unique savoir-faire,
explique le chercheur du LIRIS. Nous allons modéliser les
problèmes qu’ils rencontrent et leur fournir un outil
d’aide au diagnostic." Les tests d’usure
des prothèses seront aussi considérablement améliorés
comparés à ceux des machines actuelles qui ne décrivent
qu’un mouvement très simplifié, bien loin
du cycle complet de la marche.
Cela n’a
l’air de rien, pourtant ces simulations
mécaniques sont une première. Car si de bluffants humanoïdes métalliques
déambulent dans les laboratoires du monde entier, japonais
en tête, leur marche n’a vraiment rien d’humaine.
"Parce que ces robots ont les pieds
plats…", acquiesce Fethi Ben Ouezdou.
"Or la flexibilité de l’avant
du pied est capitale dans le processus de la marche. Mais aucun
autre robot actuel ne possède cette faculté",
rappelle avec fierté le chercheur, déjà en
contact avec une société fabricant des prothèses.
Mi-avril,
Robian se déplacera à la cadence humaine ordinaire
(1 m/s environ) et sera même complété d’un
torse. Et dès 2004,
le robot bipède devrait chausser
sa première prothèse. Celle-ci sera conçue
en collaboration avec des chirurgiens orthopédistes, du
service du Pr. T. Judet, à l’hôpital Raymond
Poincaré, à Garches. Le robot est aussi promis à une
collaboration en neurophysiologie.
"Je suis en contact avec Alain Berthoz,
spécialiste connu pour ses travaux avec les astronautes,
commente Fathi Ben Ouezdou. A terme, il serait fascinant de pouvoir
modéliser, grâce à Robian, les ordres donnés
par le cerveau pour actionner les jambes par exemple",
s’enthousiasme le chercheur.
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