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‘Clic’,
sur un boîtier, et la télé s’allume.
Banal. Re-‘clic’, sur le même boîtier,
et le lave-linge démarre un programme délicat, le
téléphone compose le numéro de tante Benoîte,
tandis que le robot mobile d’assistance apporte derechef
une canette de soda ! Ce boîtier, c’est une télécommande
universelle que Mounir Mokhtari, de l’Institut
National des Télécommunication (INT), à
Evry, propose de mettre au point.
"Les aides techniques aux handicapées
ou aux personnes âgées se développent beaucoup,
mais chacune ne correspond qu’à un handicap bien
précis", analyse le chercheur.
"Au final, l’utilisateur se
retrouve vite cerné par une véritable ‘usine
à gaz’ : le joystick de son fauteuil roulant,
le boîtier de son bras robot articulé, sans parler
des télécommande, clavier et souris en tout genre
de ses appareils domestiques…"
D’où
l’idée de mettre au point un système de commande
unique. Le projet, baptisée "maison intelligente", est
financé par le Groupement des Ecoles des Télécommunications
(GET) et la Fondation Louis Leprince Ringuet.
"Dans un premier temps, cette innovation
sera probablement utilisée par les personnes âgées
et handicapées, mais je suis sûr qu’ensuite,
elle passera dans le quotidien de tous. Exactement comme la télécommande
de téléviseur. Vous savez, rappelle-t-il, au départ
celle-ci n’avait été conçue que pour
les personnes à mobilité réduite…"
La "maison
intelligente" se présentera sous la forme d’un logiciel,
téléchargeable depuis le net, sur un joystick, un
clavier, ou un PC de poche (type organiseur). Ce boîtier,
devenu une sorte de télécommande universelle, pilotera
une centrale de supervision polyglotte. C’est elle qui dialoguera
avec les différents protocoles de commande des appareils
de la maison, comme le GSM des téléphones portables
ou les infra-rouges des téléviseurs.
Mieux encore, Mounir Mokhtari propose d’adapter sur-mesure
la télécommande universelle obtenue.
"L’utilisateur répondrait
à un questionnaire au sujet de la mobilité de ses
mains, de ses doigts, etc., sans doute avec les conseils d’un
ergothérapeute", explique le chercheur. Puis,
le logiciel évaluera le meilleurs système de commande,
c’est-à-dire la façon d’affecter telle
touche (ou combinaison de touches) à telle ou telle fonction
à accomplir. Et ce grâce aux résultats d’études
préalables sur la modélisation des capacités
motrices. Mounir Mokhtari annonce une première version
du logiciel pour septembre 2003.
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