Lavoisier, le parcours d'un scientifique révolutionnaire



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Le climat de la Terre



Lavoisier, le biologiste

Ses expériences sur la décomposition de l’air atmosphérique amènent Lavoisier, dès 1773, à étudier la respiration des animaux. Il constate que l’air fixe, le CO2, ne permet pas aux animaux de vivre et annonce en 1775 avoir identifié la partie de l’air propre à la respiration, c’est l’oxygène. Quelques années plus tard, aidé du mathématicien Laplace, il reprend ses recherches sur la chaleur. Les deux scientifiques démontrent que la respiration est comparable à une combustion lente qui se produit dans les poumons, consomme de l’oxygène, émet du CO2, de l’eau et dégage de la chaleur qui se diffuse dans l’organisme.
Equipé de balances très précises et d’un calorimètre, instrument inventé avec Laplace en 1782, Lavoisier mesure la chaleur d’un individu au repos, en activité, à jeun, placé dans des environnements maintenus à différentes températures. Il analyse la transpiration et montre le rôle de ce phénomène dans la régulation de la chaleur du corps humain.
Lavoisier s’intéresse également à la digestion des animaux. Il pense, selon le principe du bilan équilibré qui existe dans les réactions chimiques, que les aliments compensent les pertes en carbone et en hydrogène engendrées par la respiration.
Dès le début des années 1790, à la suite de travaux menés avec Seguin, Lavoisier identifie les trois régulateurs biologiques dont l’équilibre assure le bon état de santé du corps humain : la respiration qui apporte le carburant, l’oxygène ; la nutrition qui fournit les combustibles : hydrogène et carbone ; et enfin la thermogenèse et la transpiration qui maintiennent la température du corps constante.
En 1792 Lavoisier étudie les végétaux au Jardin des plantes, avec ses collègues Hassenfratz, Fourcroy, Desfontaines, Thouin, Berthollet, Antoine-Laurent de Jussieu et Seguin. A la suite de ces travaux, il présentera devant l’Académie des sciences une « photosynthèse simplifiée ».
Parallèlement à ses études au laboratoire, Lavoisier pratique sur le terrain, et en particulier dans son domaine de Freschines, des expériences d’agronomie scientifique. Il y étudie entre autres le rôle des engrais dans le rendement agricole. En 1785 il propose à Calonne, contrôleur général des finances de Louis XVI, un plan pour améliorer l’agriculture, alors très déficiente. Le ministre en est satisfait. Le Comité d’administration de l’agriculture est alors créé et compte dans son équipe scientifique du Pont de Nemours et Lavoisier. Mais la forte rivalité qui existe entre ce comité et la Société d’agriculture de Paris l’empêchera de mener à bien un certain nombre de ses projets.
Ces différents travaux permettent à Lavoisier d’établir un lien entre les trois règnes de la nature : les végétaux trouvent les éléments nécessaires à leur nutrition dans l’eau, l’air et le minéral et les animaux se nourrissent de végétaux et d’autres animaux. Ces éléments sont, quant à eux, restitués à l’air et au minéral par les phénomènes de fermentation, de putréfaction et de combustion. Ces conclusions annoncent le développement d’une nouvelle discipline scientifique : la biologie.

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