Lavoisier, le parcours d'un scientifique révolutionnaire



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Les sciences au service des arts et de l’instruction publique

A partir de 1791, en pleine Révolution, Lavoisier est progressivement écarté de ses responsabilités politiques et financières. En tant qu’académicien, il consacre beaucoup de son temps à des missions scientifiques et techniques à la demande de l’Assemblée nationale. Les savants doivent en effet guider les travaux des « artistes », praticiens des arts et techniques, dans des domaines variés qui vont du fonctionnement des hôpitaux, à la conservation de l’eau sur les bateaux, du système monétaire au calendrier républicain en passant par les machines à vapeur et la confection de tissus imperméables pour les manteaux des soldats.
Dès le début de l’année 1792 sont ainsi créés le Bureau de consultation pour les arts et métiers, le lycée des Arts et la Commission des poids et mesures.
Le Bureau de consultation compte trente membres bénévoles, quinze de l’Académie des sciences et quinze issus de sociétés savantes. Il dispose d’un budget de 300 000 livres pour encourager les artistes dans leurs travaux et recherches et récompenser leurs découvertes. Lavoisier y est très actif et participe avec assiduité aux séances de sélection des lauréats ainsi qu’au comité des assignats et monnaies afin de perfectionner leur fabrication ; mais ce dévouement zélé au bien public ne le mettra pas à l’abri d’une arrestation.
Le Lycée , fondé par Pilâtre de Rozier en 1781, est un collège privé où sont dispensés des cours de mathématiques, de physique et de chimie. Lavoisier ainsi que d’autres académiciens y enseignent. Sous la Révolution, le Lycée est remis en question, certains professeurs ayant manifesté des idées contraires à l’esprit public. Lavoisier comprend qu’il est temps de s’en éloigner et, à l’automne 1792, il rejoint la Société philomatique lancée en 1788 par Augustin Silvestre. La plupart des académiciens l’y suivent ; ensemble et sous l’impulsion de Silvestre, ils vont créer une nouvelle société d’inspiration républicaine : le Lycée des Arts. Les cours, répartis en huit sections, doivent veiller, hors de tout académisme, à placer les sciences dans un contexte d’utilité pour les arts et l’industrie. Quant à l’instruction publique générale, elle sera organisée en 1795 par la loi Daunou du 3 brumaire An IV.
Sous l’égide de la Commission des poids et mesures, l’unification des unités est l’une des plus vastes opérations entreprises par l’Académie des sciences. Depuis 1790 Lavoisier en est l’initiateur et le maître d’œuvre. Il s’agit de créer un système international fondé sur une unité universellement acceptée. Les Français ne veulent plus « deux poids et deux mesures ». La Commission formée de Lavoisier, Condorcet, Borda, Lagrange, Tillet, Laplace et Monge a un triple objectif : utiliser un phénomène physique universel pour définir l’unité de base, adopter la division décimale et réunir toutes les unités de mesure dans un système cohérent. En 1793, les unités sont définies avec un degré d’exactitude suffisant pour les besoins du commerce : le mètre, l’are, la pinte ou décimètre cubique et le grave, futur kilogramme, sont nés.


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