Lavoisier, le parcours d'un scientifique révolutionnaire



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Lavoisier, l’économiste et le serviteur de l’Etat

En 1768, à l’âge de 25 ans, Lavoisier achète une charge de Fermier général grâce à sa fortune personnelle. La Ferme générale est un établissement privé chargé de collecter les impôts pour l’Etat. En plus des gabelles, traites et autres tailles, la Ferme surveille le commerce du tabac, de l’alcool et les taxes d’entrée dans Paris.
Au sein de la Ferme, Lavoisier est l’un des responsables de commission du tabac. Son rôle consiste essentiellement à lutter contre les fraudes et la contrebande. Mais il travaille également à la modernisation des manufactures, à la recherche d’une plus grande productivité et à l’importation de tabac de Virginie. Il se heurte cependant aux abus des détaillants qui continuent à vendre du tabac mouillé de mauvaise qualité. Cela contribuera plus tard à son impopularité.
Une réforme de la Ferme menée par Necker en 1780 aboutit à une diminution importante de ses prérogatives. Lavoisier reste Fermier général chargé de la comptabilité des salines et des entrées de Paris.
Toujours dans son rôle de fermier général Lavoisier propose à Calonne, successeur de Necker, la construction d’un mur d’enceinte autour de Paris, afin de mieux contrôler les droits d’entrée et la fraude sur les alcools. Le projet architectural est confié à Ledoux. Ce mur, très impopulaire au moment de la Révolution, et dont quelques barrières seront brûlées en 1789, sera définitivement supprimé par Hausmann en 1860.
Turgot, contrôleur général des finances et grand réformateur, décide en 1774 de créer la Régie des poudres et salpêtres, organisme public qui succède à la Ferme des poudres, société privée. Le but est que l’Etat soit enfin maître de la production de ce produit stratégique qu’est la poudre à canon. En 1775, Turgot nomme quatre régisseurs, parmi lesquels Lavoisier. Réagissant en scientifique, il fait de nombreuses expériences pour améliorer la fabrication des poudres et la récolte de salpêtre, son constituant principal. Nommé directeur de la Régie en 1776, l’année de son arrivée à l’Arsenal, Lavoisier continue de proposer des améliorations, pour la production industrielle du salpêtre par exemple, production qui ne cessera d’augmenter dans les années suivantes. Ses efforts sont récompensés : l’Etat réalise d’énormes économies; la poudre française est la meilleure d’Europe et les stocks sont enfin suffisants pour envisager l’avenir militaire avec sérénité.
A la veille de la Révolution Lavoisier est nommé membre du conseil d’administration de la Caisse d’escompte, puis très vite en devient président. Cette Caisse est une banque privée créancière de l’Etat. Les années révolutionnaires vont être catastrophiques d’un point de vue financier pour le pays : l’Etat s’endette toujours plus.
En 1791 Lavoisier, qui s’était prudemment retiré de la sphère politique, est rappelé pour participer à l’établissement d’une nouvelle fiscalité. Suivant un raisonnement scientifique, il préconise de faire un état des lieux des richesses du royaume et d’établir un budget national ainsi qu’un suivi des recettes et des dépenses, documents inexistants jusque là. L’état des finances s’aggrave de mois en mois. Lavoisier propose alors une augmentation des impôts afin d’assainir la situation. Celle-ci est refusée par l’Assemblée législative nouvellement élue. Membre influent de la nouvelle Trésorerie nationale, Lavoisier met en place un système de contrôles des dépenses et des recettes et réorganise l’administration.
En 1793, pris dans la tourmente de la Terreur, Lavoisier est arrêté. Emprisonné à la Conciergerie, puis à Port Libre et enfin à l’hôtel des Fermes, Lavoisier travaille à l’édition des 8 volumes de ses mémoires scientifiques, tout en préparant sa défense. Le 8 mai 1794, après un procès expéditif, il monte sur l’échafaud avec 30 autres Fermiers généraux.


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