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Interview de Patrick Couvreur : propriétés physiques des vecteurs, préparation

Interview de Patrick Couvreur : les différents types de vecteurs

 

 

 

 

 





 



La vectorisation des médicaments

Transport ciblé de médicaments

Les nanoparticules peuvent servir de "véhicules" pour transporter une substance donnée (un médicament, un gène…) au cœur d’un tissu, d’une cellule, d’un compartiment cellulaire. Elles sont habituellement constituées de polymères biodégradables car, comme elles sont supposées pénétrer profondément dans les tissus pour en atteindre les cellules, il s’agit d’éviter tout problème lié à leur accumulation éventuelle. Elles peuvent avoir des formes diverses, comme celle d’une nanocapsule, d’une nanosphère ou encore d’un liposome.

Les liposomes ressemblent à des cellules, ils sont biomimétiques : ce sont des vésicules de phospholipides organisés en bicouche qui entourent un compartiment aqueux, tout comme les membranes cellulaires. Le médicament y est incorporé directement. Plus précisément, il est dissous dans le compartiment aqueux s’il est hydrophile ; dans la bicouche, s’il est lipophile.

Les nanocapsules sont des sortes de ballon de foot, au "cœur" lipidique ou aqueux, selon le type de médicament que l’on veut y dissoudre.

Les nanosphères ressemblent plus à une pelote de laine. Elles sont constituées d’un système matriciel : le médicament est disséminé dans un enchevêtrement de chaînes de polymères ou de macromolécules amphiphiles qui en se biodégradant va libérer le médicament.

"Les nanosphères et/ou nanocapsules que nous utilisons sont faites à base de cyclodextrines amphiphiles, oligosaccharides cycliques dérivés de l’amidon, ou de polymères bio-dégradables. Ces nano-objets permettent l'encapsulation de molécules bioactives. Ainsi, nous avons développé toute une gamme de nanoparticules ou agrégats micellaires à propriétés anti-cancéreuses, notamment dans le traitement du cancer de l'estomac ou à propriétés anti-virales destinées à lutter contre le virus de l'herpès (VHS) ou le cytomégalovirus (CMV)]. Ces nano-objets sont tous fonctionnalisés pour atteindre les cibles souhaitées" précise Hélène Parrot-Lopez, chercheuse au laboratoire de Méthodologie de synthèse et molécules bioactives de l’université Claude Bernard à l'université Lyon 1.

D’autres essais reposent actuellement sur des encapsulations à l'intérieur de structures nanométriques comme les fullerènes, structures sphériques constituées de 60 atomes de carbone, ou de nanotubes de carbone.

Les nanotubes de carbone ont notamment pour propriété de franchir facilement les membranes cellulaires. Ils peuvent contenir un ou plusieurs éléments biologiquement actifs qu'ils peuvent ainsi délivrer dans le cytoplasme de la cellule ou dans le noyau : ciblage de molécules, agents de contraste ou médicaments comptent parmi leurs nombreuses applications possibles. Cependant, ils sont insolubles dans n'importe quel solvant, y compris l'eau. Il est donc nécessaire de les fonctionnaliser, c'est-à-dire de leur greffer un élément chimique pour qu'ils puissent être intégrés par les cellules.

Au-delà de ce pouvoir contenant, le problème principal de l’utilisation de nanoparticules comme vecteur est de savoir bien les diriger. C’est là qu’intervient la notion de spécificité.




  

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