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L'énergie nucléaire
La France est le deuxième producteur d’électricité nucléaire au monde en volume, derrière les Etats Unis, et le premier si l’on ramène cette production au nombre d’habitants. Cela peut s’expliquer, d’une part, par l’implication des chercheurs français, au début du 20ème siècle, dans la découverte de l’atome et la compréhension des mécanismes de la fission et, d’autre part, par la situation particulière de la France. En 1973, en plein choc pétrolier, le pays s’est retrouvé sans accès indépendant à une source d’énergie fossile, à la différence des Etats-Unis, qui disposaient de charbon, de pétrole et de gaz, de l’Allemagne, avec ses mines de charbon, ou encore du Royaume-Uni, avec le pétrole et le gaz de la mer du Nord. La diversité géographique et politique des sources d’uranium, ainsi que la facilité de stockage du combustible sur le territoire national, apparaissaient alors et, peut-être encore aujourd’hui, comme des éléments favorables à l’indépendance énergétique d’un pays par ailleurs complètement démuni de ressources.
Le programme nucléaire français, civil et militaire, voit le jour au lendemain de la seconde guerre mondiale. La création en 1945 du Commissariat à l’énergie atomique marque le début du développement de l’industrie nucléaire en France. En 1958 le général de Gaulle, nouvellement élu, décide que le pays doit maîtriser l’ensemble du cycle du nucléaire.
Dans ce but, et sur décision du président Pompidou, la construction de l’usine d’enrichissement d’uranium de Pierrelatte sur le site du Tricastin est lancée en 1972. Elle est inaugurée en 1979 et fonctionnera pendant 33 ans. Cette usine, actuellement en démantèlement, va être remplacée par l’unité de séparation par centrifugation Georges Besse II qui réalisera la même fonction tout en libérant l’équivalent de la production de deux centrales nucléaires grâce à sa moindre consommation énergétique.
Parallèlement, dès les années 50, EDF met en service 6 réacteurs uranium naturel-graphite-gaz, dits UNGG. Cette filière sera abandonnée progressivement, à partir de la fin des années 60, au profit de la filière à eau pressurisée, technologie utilisée actuellement, qui nécessite une phase d’enrichissement de l’uranium naturel. Le parc électronucléaire français évolue jusqu’au milieu des années 90 pour atteindre le niveau actuel de 58 réacteurs, répartis dans 19 centrales.
Actuellement en construction à Flamanville, l’EPR, réacteur pressurisé européen, est conçu sur les mêmes principes que les réacteurs en service aujourd’hui avec des objectifs de sûreté notablement renforcés.
En 2012, neuf réacteurs sont en cours de démantèlement en France. Ce sont les six réacteurs de la filière UNGG, le premier réacteur de Brennilis et les deux réacteurs surgénérateurs PHENIX et SUPERPHENIX. Ce démantèlement implique la déconstruction, le traitement, l’évacuation et le stockage de tous les composants, y compris le réacteur nucléaire. Une estimation des coûts de démantèlement des 58 réacteurs en activité sur le territoire national donne un chiffre de 18 milliards d’euros. Il existe une forte incertitude sur cette valeur qui pourrait être multipliée par deux ou trois. Cependant, le rapport de la Cour des Comptes de janvier 2012 a montré que cette incertitude a un impact très faible, quelques euros par MWh, sur le coût de production de l’électricité nucléaire.
La comparaison entre ces coûts de production et ceux des autres filières est un sujet qui se retrouve souvent au cœur des controverses entre pro et anti nucléaires.
La question du combustible est centrale dans les débats sur l’énergie nucléaire. Outre le fait qu’il n’y a plus aucune mine d’uranium en exploitation en France, le cycle de l’uranium lui-même, bien que relativement bien maîtrisé grâce aux usines d’enrichissement et de retraitement, alimente les discussions. Les différentes étapes qui vont de l’extraction du minerai au retraitement des combustibles usés sont souvent présentées comme les étapes d’un cycle fermé, faisant ainsi de l’uranium un combustible renouvelable, si l’on excepte le stockage des déchets ultimes. En France, c’est vrai en théorie, mais faux dans la pratique. S’il est vrai que l’uranium contenu dans le combustible usé peut être réutilisé dans les centrales, sous certaines conditions de ré-enrichissement, il est vrai également que ce n’est pas le cas actuellement, le pays ne disposant pas encore d’usine pour le faire. De plus, le recyclage en combustible MOX du plutonium contenu dans le combustible usé, qui est opérationnel dans les réacteurs à eau sous pression, n’a lieu qu’une seule fois. Un véritable cycle fermé, avec multi-recyclage du plutonium, est techniquement possible, et pourra être mis en œuvre dans les réacteurs rapides surgénérateurs, comme cela a été démontré par le passé dans une centrale comme PHENIX.
Concernant le stockage des déchets à vie longue, environ 3,8% en volume des déchets radioactifs, les solutions adoptées varient d’un pays à l’autre. La France a choisi comme solution de référence le stockage en couche géologique profonde testé actuellement au laboratoire de Bure, dans la Meuse. Ce choix fera l’objet d’un débat public en 2013.
Le système électronucléaire français est géré par un ensemble d’acteurs chargés de la recherche, de la construction et de l’exploitation des centrales, du recyclage du combustible, de la sûreté des installations, de la radioprotection et de la sécurité des personnes et de l’environnement. Cette organisation s’inscrit naturellement dans un cadre européen et international.