Energie nucléaire



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Conséquences des accidents nucléaires

Les conséquences environnementales des accidents nucléaires sont difficiles à mesurer. D’autant plus que les "points zéro" manquent : l’état de la biodiversité avant les accidents n’est généralement pas très bien connu. Après un accident nucléaire, les hommes sont évacués, mais les animaux domestiques restent, ainsi que la végétation. La terre est contaminée pour de longues années, ainsi que tous les végétaux alimentaires qui y poussent. Le seul site où le recul est suffisamment grand est celui de Tchernobyl. Les études récentes y ont mis en évidence une riche biodiversité. Des espèces animales s’y développent, mais aussi parce qu’elles n’ont pas à craindre les chasseurs, faute d’humains dans la zone d’exclusion! Dans cette "zone interdite" de 30 km de rayon autour de la centrale, la forêt a été rebaptisée "forêt rousse" tant elle a été brûlée par les radiations. Environ 900 tranchées y ont été creusées dès 1987 par les autorités soviétiques pour y enterrer, sous une fine couche de sable, déchets végétaux contaminés et déchets fortement radioactifs issus de la centrale accidentée.
Depuis une dizaine d’années, des équipes ukrainiennes, aidées d’équipes du CEA, de l’IRSN et du CNRS, observent que dans l’une de ces tranchées, la tranchée T22, certains nucléotides (césium 137, strontium 90, plutonium) migrent plus rapidement que ce que les facteurs physico-chimiques auraient laissé prévoir. La piste microbiologique est explorée : en effet, des bactéries du sol sont probablement impliquées, certaines espèces captant les radionucléides à leur surface (biosorption), tandis que d’autres les incorporent (bioaccumulation). Des mécanismes qui permettent d’immobiliser la radioactivité, ou, avec la migration des cellules, de la propager.
Ces analyses microbiologiques devraient permettre de mieux comprendre la migration des radionucléides dans l’environnement.

Conséquences humaines des accidents nucléaires
En cas d’accident grave dans une centrale nucléaire, les autorités évacuent les populations les plus proches en raison d’un risque sanitaire lié à l’exposition aux substances hautement radioactives qui peuvent être émises et transportées dans l'air, contaminant aussi la terre et l’eau. Pénétrant dans les organismes par la respiration, l'absorption d'aliments ou d'eau contaminés, ou bien encore par une plaie, ces particules se fixent sur certains organes, provoquant ainsi une irradiation interne (l'iode radioactif se fixe par exemple sur la thyroïde, le césium 137 sur les muscles et le cœur).
Lorsque l’irradiation est très importante ou qu’elle se prolonge, l’accumulation de radioéléments dans les cellules est susceptible d’entraîner un cancer. Il est cependant toujours difficile d’évaluer précisément l’impact d’un accident nucléaire sur la santé des populations.
Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 "liquidateurs" les plus exposés. Par ailleurs, des registres font état d’environ 4000 cas de cancers de la thyroïde diagnostiqués imputables à l’accident de Tchernobyl, chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans en 1986, âge où la maladie est rare et n’a pu être induite que par une contamination à l’iode radioactif dispersé dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe.
Cependant, ces chiffres font l'objet de fortes controverses dans la communauté scientifique internationale et il est donc encore aujourd'hui, plus de 20 ans après, très difficile d'avoir une estimation fiable du nombre de victimes de cette catastrophe.
D’autres conséquences graves, notamment psycho-sociologiques, existent pour les populations humaines: la détresse, pouvant mener au suicide, des populations évacuées qui perdent tout du jour au lendemain et la peur de la contamination (à Tchernobyl, un grand nombre de femmes ont avorté par crainte de donner naissance à des enfants malformés).

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