Energie nucléaire
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Qu'est-ce que la fusion nucléaire?
Concernant la fusion nucléaire, les blagues vont parfois bon train dans les laboratoires : "La fusion est l’énergie du futur… mais le sera toujours !" De fait, elle combine deux réalités. Alors que la fission consiste à casser des noyaux lourds, tel l’uranium, l’énergie de la fusion surgit lorsque des noyaux atomiques légers s’assemblent en un atome plus lourd, libérant des particules ultra énergétiques. Une réaction qui a tous les avantages : elle implique des atomes légers, en particulier les isotopes de l’hydrogène, dont le deutérium se trouve naturellement dans l’eau de mer. Elle n’engendre quasiment aucun déchet dangereux, ni risque de prolifération. Et elle est tellement fragile qu’il est physiquement impossible qu’un réacteur à fusion s’emballe.
Sauf qu’en près de 60 ans de recherche sur la fusion, personne n’a été jusqu’à aujourd’hui en mesure de la maîtriser. Et pour cause, pour ce faire, il faut être capable de contrôler un gaz de deutérium et de tritium chauffé à 150 millions de degrés (on parle alors d’un plasma), soit 10 fois la température du cœur du Soleil, et maintenu en lévitation par un champ magnétique qu’il engendre en partie. Il faut également disposer de matériaux capables de résister à des températures jamais atteintes sur Terre et à des flux très intenses de neutrons très rapides. Enfin, il faut produire du tritium, qui n’existe pas à l’état naturel, à partir de lithium bombardé par les neutrons du réacteur lui-même.
A partir de 2027, le réacteur expérimental ITER, actuellement en construction sur le site du CEA à Cadarache, permettra aux spécialistes de commencer à apprendre à maîtriser la stabilité d’un plasma de fusion. Pour autant, ce colosse de 15 milliards d’euros ne sera qu’un premier pas sur la voie de la fusion. La suite se jouera à partir de 2033 au Japon auprès d’un autre réacteur expérimental baptisé DEMO, puis avec PROTO, premier prototype de ce que pourrait être un réacteur à fusion industriel. Alors seulement la fusion pourra-t-elle être, qui sait, considérée comme l’avenir du nucléaire.