Henri Poincaré
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Henri Poincaré ingénieur des mines
Après plusieurs succès au concours général, Poincaré réussit en 1872 le concours d’entrée à l’École forestière de Nancy, puis en 1873 les concours de l’École normale supérieure (5ème place) et de l’École polytechnique (1ère place). Il choisira, comme son oncle paternel Antoni (père de Raymond et de Lucien), la voie polytechnicienne et intègrera ensuite l’École des mines de Paris. Traditionnellement, il est d’usage que les trois majors de sortie de l’École polytechnique entrent à l’École des mines. Veut-il véritablement devenir ingénieur des mines ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à Antoni Poincaré, qui fait une belle carrière dans la Meuse en tant qu’ingénieur des Ponts et chaussées, Henri ne semble guère attiré par le métier et songe davantage à l’enseignement : une nomination comme ingénieur dans une ville universitaire de province pourrait ainsi lui convenir en lui offrant la possibilité de changer d’orientation.
La scolarité de l’École des mines impose plusieurs voyages d’études, dont deux à l’étranger de cent jours chacun, l’un à la fin de la deuxième année, l’autre à la fin de la troisième. En juillet 1877, Poincaré part ainsi avec deux camarades pour un voyage de plusieurs semaines en Autriche-Hongrie. C’est encore avec ses deux camarades qu’il visitera durant l’été 1878 la Suède et la Norvège.
Poincaré sort de l’École des mines à l’automne 1878, au troisième rang, et se lance dans la préparation de sa thèse. Sa nomination comme ingénieur semble alors le préoccuper et il n’a pas formulé de demande précise. A sa grande surprise il apprend qu’il est pressenti pour un poste en Algérie. Faisant alors jouer des soutiens politiques et familiaux (il est un cousin éloigné d’Auguste Daubrée le directeur de l’École des mines et sa famille dispose de nombreux réseaux dans les milieux politiques lorrains et nationaux), il parvient finalement à obtenir une nomination comme ingénieur ordinaire des mines à Vesoul en mars 1879.
Le sous-arrondissement de Vesoul dépend alors de l’arrondissement minéralogique de Chaumont en Haute-Marne. Poincaré assume ses fonctions de contrôle minier et ferroviaire avec beaucoup de sérieux. Il ne semble cependant pas complètement passionné par son travail et il compense son ennui en écrivant un roman et en terminant sa thèse. Au-delà de son manque de vocation pour le métier (ce qu’atteste sa hiérarchie), il est peut-être également peu attiré par les dangers inhérents au métier d’ingénieur des mines. Il en fera l’expérience directe en septembre 1879 lors du tragique accident du puits du Magny.
Situé à une vingtaine de kilomètres de Belfort, ce puits est à l’époque l’un des plus profonds de France. En 1879, un violent coup de grisou provoque la mort de plusieurs mineurs. Poincaré se rend rapidement sur les lieux afin d’enquêter sur les causes de l’accident. Très précis, s’appuyant sur des constatations faites sur le site de l’explosion et sur les expertises médico-légales, son rapport envisage plusieurs hypothèses explicatives pour finalement se fixer sur celle d’une détérioration accidentelle de la lampe d’un mineur par un coup de pic.
Deux mois après cet accident il obtient un poste de chargé de cours de calcul différentiel et intégral à la Faculté des sciences de Caen, en remplacement de Charles-François Girault, professeur honoraire. A partir de cette date, s’achève sa carrière active dans le Corps des mines ; il ne s’agit cependant pas de la fin définitive car tout au long de sa carrière universitaire il continuera d’exercer des fonctions de contrôle et d’expertise, notamment dans l’administration des chemins de fer. Il terminera sa carrière d’ingénieur comme inspecteur général des Mines de seconde classe (nommé hors cadre le 16 juin 1910).