Henri Poincaré
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Henri Poincaré et la radioactivité
Le 20 janvier 1896 Henri Poincaré présente devant ses collègues de l’Académie des sciences des clichés réalisés quelques semaines auparavant par le physicien allemand Wilhelm Röntgen. Poincaré, qui parle couramment l’allemand, avait reçu un exemplaire de l’article de Röntgen quelques jours plus tôt. Sur les clichés, au grand étonnement des académiciens réunis ce jour là, on voit les os à l'intérieur d'une main vivante, la main de madame Röntgen !
Röntgen a découvert ces rayonnements en s’intéressant aux rayons cathodiques qui se propagent dans le vide à l'intérieur du tube de Crookes, l’ancêtre du tube de télévision. Ces rayonnements très pénétrants sont capables de traverser l'air, le verre, le papier et le bois. Röntgen nomme ces rayonnements inconnus les "rayons X".
Poincaré fait paraître le 30 janvier de la même année un article dans la Revue générale des sciences, article où l’on peut lire : "Ainsi c'est le verre qui émet les rayons Röntgen et il les émet en devenant fluorescent. Ne peut-on alors se demander si tous les corps dont la fluorescence est suffisamment intense n'émettent pas, outre les rayons lumineux, des rayons X de Röntgen, quelle que soit la cause de leur fluorescence ?"
Il suggère à son collègue physicien Henri Becquerel d’étudier si il y a un lien entre la fluorescence qui accompagne l’émission des rayons X et les rayons eux-mêmes. Pour cela, Becquerel utilise des cristaux de sels d’uranium qu’il expose au soleil sur une plaque photographique enveloppée de carton noir pour la protéger de la lumière. La plaque est impressionnée à travers le carton. Il en déduit que ce sel émet des rayons X après excitation par la lumière. Mais sa découverte capitale n’est pas encore là ; elle viendra quelques jours plus tard et sera le fruit du hasard. En effet, peu de temps après son expérience réussie, Becquerel veut la répéter ; il prépare son matériel, mais ce jour là à Paris le soleil est intermittent. Remettant son expérience à plus tard, il range plaques photographiques et sels d’uranium dans un tiroir. Le 1er mars, par acquit de conscience, il décide de développer les plaques qui sont restées dans l’obscurité du tiroir. A sa grande stupéfaction, il découvre alors qu’elles ont été fortement impressionnées dans le noir. Cette impression est donc indépendante de la fluorescence de l’uranium ; le sel d’uranium émet spontanément des rayons pénétrants, qu’il ait ou non été exposé à la lumière du soleil.
Grâce à ces travaux sur la radioactivité, Becquerel obtiendra le prix Nobel de physique, avec Pierre et Marie Curie, en 1903.