Henri Poincaré



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Poincaré, un homme dans son temps

Scientifique avant tout, Poincaré n’a jamais fait le choix de l’engagement politique qui, disait-il est « un travail à plein temps ». Très marqué par la guerre de 1870 et en particulier par l'occupaion de Nancy, il a été toute sa vie un patriote et un républicain modéré. Malgré ce refus d’engagement politique il n’en est pas moins un homme de son époque qui, sans jamais oublier son rôle de scientifique, a participé à la vie de la Nation.
Henri Poincaré a fait partie d’une quarantaine d’Académies et de sociétés savantes à travers le monde. Parmi celles-ci on trouve les Sociétés royales des sciences de Göttingen, Uppsala, Haarlem, Londres, Edimbourg, Copenhague, Stockholm… et aussi les Académies des sciences italienne, russe, prussienne, américaine, néerlandaise, bavaroise et belge. Membre de l’Académie des sciences depuis 1887, il en est élu président en 1906 et entre à l’Académie française en 1908 au fauteuil de Sully Prudhomme.
Tout au long de sa carrière, il est très actif dans l’administration et l’organisation de la recherche. Poincaré s’intéresse ainsi aux questions de normalisation et de diffusion de l’information scientifique en créant un répertoire bibliographique des sciences mathématiques, entreprise internationale qui l’occupera durant toute sa carrière. Il contribue également au vaste mouvement de professionnalisation et d’internationalisation de la science à travers sa participation à l’organisation des premiers congrès de mathématiques et de physique. Il est également un acteur central de nombreuses commissions scientifiques internationales et occupe à plusieurs reprises de hautes fonctions administratives au sein d’institutions scientifiques comme l’Observatoire de Paris ou le Bureau des Longitudes. On le voit ainsi s’impliquer activement dans les débats internationaux sur la décimalisation du temps ou dans la direction scientifique de la mission géodésique en Équateur.
Poincaré est nommé président du comité de rédaction du Bulletin astronomique, publication de l’observatoire de Paris. En 1901 il devient président de la Société astronomique de France, fondée par Camille Flammarion en 1887.
Henri Poincaré est impliqué dans de nombreuses  actions de diffusion des sciences. Il collabore avec l'Association Française pour l'Avancement des Sciences, donne des conférences sur les progrès de l'astronomie aux côtés de Camille Flammarion et s'intéresse aux problèmes de la didactique des mathématiques. Il contribue également à faire connaître les applications de la télégraphie sans fil, technologie alors en plein essor. Avec Edmond Perrier et Paul Painlevé, deux autres grands scientifiques, Poincaré rédige des « leçons de choses » destinées aux enfants et publiées chez Hachette dans l’ouvrage Ce que disent les choses.
Savant renommé dans la sphère internationale, Henri Poincaré est aussi à partir du tournant du siècle, une personnalité bien connue du grand public éclairé. Ses ouvrages de philosophie scientifique comme La science et l’hypothèse contribuent à ce succès. Son visage apparaît dans les albums de célébrités de l’époque ou sur des vignettes de plaques de chocolat. Il est ainsi souvent consulté par les journalistes sur des questions scientifiques, comme les dangers potentiels du passage de la comète de Halley en 1910, ou sur des questions sociales et politiques en relation avec les mathématiques pour lesquelles ses compétences font autorité : le problème de la représentation proportionnelle, la prépondérance politique du Midi, par exemple.
C’est au nom de cette autorité scientifique qu’il sera associé à l’Affaire Dreyfus, à travers notamment une expertise mathématique des méthodes utilisées pour attribuer à Alfred Dreyfus la paternité du bordereau, une des pièces maîtresses de l’accusation.
Tout au long de sa carrière Poincaré a fait émerger des théories nouvelles et ouvert la voie à des domaines de recherche inconnus. Certaines de ses hypothèses n’ont d’ailleurs été vérifiées que bien après sa disparition, preuve de sa grande modernité.
« Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. » (Extrait de La Science et l’hypothèse, 1908)

 

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