Poincaré et l’administration de la recherche



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Poincaré et l’administration de la recherche

Dans une carrière scientifique riche et marquée par des réussites considérables, Poincaré a consacré également beaucoup de temps à l’administration de la recherche. On le vit ainsi occuper des responsabilités au sein de sociétés savantes ou de commissions scientifiques diverses : la Société mathématique de France, le Bureau des longitudes, la Commission géodésique internationale, la Société astronomique de France, le Conseil de l’Observatoire de Paris, la Société française de physique, le Comité des observatoires astronomiques de province, la Commission supérieure d’enseignement technique et professionnel des Postes et Télégraphes, etc.
Beaucoup de ces institutions dépendaient des politiques publiques en matière de science ou étaient soutenues par le ministère de l’Instruction publique (souvent par le biais d’une reconnaissance d’utilité publique). Aussi, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la présence du mathématicien en leur sein ne fut pas simplement honorifique. Elle appelait un investissement administratif conséquent qui pouvait passer par la rédaction de rapports d’activité, la réalisation d’expertises scientifiques et techniques ou la gestion administrative et budgétaire quotidienne. À titre d’exemple Poincaré fut associé, en raison de son statut d’ingénieur des mines, à des commissions d’expertise sur les accidents de chemin de fer ; on le vit également rédiger des rapports de promotion pour les calculateurs et calculatrices employés à l’Observatoire de Paris.
Outre ces responsabilités, Poincaré joua un grand rôle dans l’administration et la rédaction de plusieurs journaux scientifiques (Bulletin astronomique, Journal de mathématiques pures et appliquées), dans l’organisation des grands congrès internationaux de mathématiques et de physique ou dans la mise en place de projets d’édition d’ampleur internationale (comme l’édition des œuvres complètes de Leibniz). Il fut par ailleurs fréquemment désigné comme représentant officiel de la France à des réunions scientifiques internationales, telles celles préparant à Londres, au milieu des années 1890, la rédaction d’un International catalogue of scientific literature.
On peut trouver une trace visible des investissements de Poincaré en faveur de l’organisation de la recherche en lisant les tables des matières d’un grand nombre de journaux mathématiques français et étrangers. Pendant plusieurs décennies les titres des articles publiés furent précédés d’un code permettant de situer leur contenu au sein d’une classification des mathématiques très élaborée (par exemple [A1a] pour un article d’algèbre dédié aux opérations et formules algébriques élémentaires). Ce cadre de classement était le fruit d’un travail de longue haleine autour de la constitution d’un Répertoire bibliographique des sciences mathématiques destiné à recenser sous forme de fiches l’ensemble des travaux mathématiques publiés au cours du 19ème siècle et à organiser l’ensemble du savoir mathématique de manière thématique. Initié au début des années 1880, ce projet mobilisant plusieurs dizaines de mathématiciens français et étrangers, occupa Poincaré jusqu’à sa mort.
L’ensemble des activités administratives de Poincaré se situe dans un contexte de croissance rapide de la science au tournant du 19ème siècle, croissance qui se manifeste par une structuration de plus en plus grande des politiques publiques et par une forte montée en puissance des revues scientifiques.

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