Henri Poincaré
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Le Bulletin astronomique
En 1884, la transformation du Bulletin des sciences mathématiques et astronomiques (qui depuis longtemps n’avait d’ailleurs d’astronomique que le nom) en Bulletin des sciences mathématiques amène la communauté des astronomes français à envisager la création d’un journal dévolu aux sciences astronomiques. La création du Bulletin astronomique répond à ce besoin d’autant plus criant que depuis la défaite lors de la guerre franco-prussienne, le gouvernement accorde à l’astronomie une attention toute particulière. Ainsi, à partir de 1872, plusieurs observatoires sont ainsi créés ou réformés ce qui entraine une augmentation des personnels et qui rend nécessaire de « créer un organe de publicité, où nos astronomes puissent faire connaître leurs travaux en temps utile, et où ils trouvent, avec les nouvelles astronomiques, une analyse des principales publications périodiques étrangères, qui les tienne constamment au courant des progrès de la Science, sans qu’ils aient besoin de compulser péniblement des journaux de toute langue, qu’il leur serait d’ailleurs quelquefois difficile de se procurer.
Le nouveau journal ne néglige aucun aspect de la discipline et rend compte autant des dernières observations astronomiques que des résultats les plus théoriques de mécanique céleste. En 1884, le premier numéro du Bulletin astronomique est publié "sous les auspices de l’Observatoire de Paris" par Félix Tisserand qui est la figure emblématique de l’astronomie française à l’époque, en collaboration de Guillaume Bigourdan, Octave Callandreau et Rodolphe Radau.
La même année, Poincaré avait déjà accédé à une notoriété scientifique internationale essentiellement en raison de ses travaux sur les équations différentielles. Néanmoins, il s’intéressait dès 1882 à la mécanique céleste et avait publié quelques notes aux Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences concernant les solutions périodiques du problème des trois corps, les questions de convergence des séries trigonométriques et de stabilité. En particulier, fin 1883, il propose une note dans laquelle il discute des développements de Lindstedt qui apparaissaient à l’époque comme une innovation particulièrement prometteuse pour aborder divers problèmes de mécanique céleste. Dans cette note, Poincaré fait montre d’une maitrise comparable sinon supérieure à celle des spécialistes (Hugo Gyldén, O. Callandreau, F. Tisserand…) qui avaient réceptionné la méthode de Lindstedt avec faveur.
Tisserand, ne serait-ce que parce qu’il était membre de l’Académie des sciences, n’avait pas manqué de constater l’intérêt des contributions de Poincaré et dès 1883, il songe à lui comme contributeur du futur journal astronomique . Proposition que Poincaré acceptera en s’engageant dans collaboration qui s’avérera fructueuse puisque Poincaré publie dans le premier tome du Bulletin astronomique deux articles dans lesquels il développe ces deux premières notes aux CRAS et qu’il publiera 37 articles tout au long de sa carrière dans ce journal . Après avoir fortement contribué à construire la position de mécanicien céleste de Poincaré, le Bulletin astronomique est le journal qui, dans son dispositif éditorial, assure à ces travaux en mécanique céleste et en cosmologie une diffusion nationale. Par ailleurs, après la mort de Tisserand en 1896, Poincaré reprend le flambeau comme rédacteur en chef du journal, responsabilité qu’il assumera jusqu’à son décès.