Henri Poincaré
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Henri Poincaré et la vulgarisation scientifique
Le 19ème siècle constitue un âge d’or de la vulgarisation scientifique et à partir de 1860, cette forme littéraire connaît un essor considérable. Du fait des bouleversements sociaux liés aux répercussions de la révolution industrielle, le public s'interroge, parfois avec inquiétude, sur les nouvelles techniques ; le savant semble devoir prendre les commandes de la société et la science doit aller vers le grand public pour le convaincre de son utilité ; la vulgarisation scientifique obtient ainsi une légitimité sociale. On assiste alors à une multiplication croissante du nombre des revues de vulgarisation ainsi qu'à la création de collections telles que La bibliothèque utile (Dubuisson et Cie, 1859) ou la Bibliothèque des merveilles (Hachette, 1864). Une littérature pour la jeunesse se développe parallèlement. Les grands noms de cette époque sont ceux de Louis Figuier, de l'abbé Moigno, suivis de près par ceux de Henri de Parville, Amédée Guillemin, Victor Meunier, Wilfrid de Fonvielle, Gaston Tissandier et Camille Flammarion.
Henri Poincaré peut-il être considéré comme un acteur de ce mouvement ? Chez aucun de ses commentateurs, il n'est question de son œuvre de vulgarisation ; tout au plus cite-t-on parfois en exemple son sens extrême de la pédagogie, ainsi que certains de ses engagements sociaux en tant que savant. Poincaré lui-même, lorsqu’il organisa ses travaux dans plusieurs notices, ne mentionna aucune contribution dans le domaine de la vulgarisation scientifique.
Pourtant Poincaré publia un très grand nombre d’articles dans des revues relevant d’une vulgarisation scientifique de haut niveau, c’est-à-dire destinées à un public disposant d’une culture scientifique solide (milieux bourgeois, universitaires, etc.) : la Revue générale des sciences pures et appliquées, la Revue scientifique (revue rose) ou encore le Bulletin de la Société astronomique de France. De manière plus épisodique, il s’attacha également à diffuser les connaissances scientifiques et les innovations technologiques récentes auprès d’un public plus large, à travers notamment des conférences sur les comètes, sur la voie lactée ou la télégraphie sans fil. A la fin de sa vie il fut par ailleurs conduit à collaborer à un ouvrage de leçons de choses (Ce que disent les choses, 1912) destiné aux élèves des écoles primaires.
Son activité de vulgarisation scientifique est cependant difficile à appréhender en raison de sa proximité avec son œuvre philosophique. En effet, un grand nombre des articles publiés dans ces revues généralistes constituèrent la matière principale de son œuvre philosophique rassemblée dans les trois ouvrages publiés dans la Bibliothèque de philosophie scientifique chez Flammarion : La science et l’hypothèse (1902), La valeur de la science (1905) et Science et méthode (1908). Il est difficile de savoir quelle était la position de Poincaré vis-à-vis de la vulgarisation scientifique, mais l’analyse de ses pratiques d'édition montre qu'il ne faisait pas une distinction très nette entre vulgarisation et philosophie. C’est probablement ce qui lui permit de toucher un public plus large que le public philosophique habituel.