Pourquoi se rendre aux pôles pour y étudier le climat ?
Comment les recherches s’y organisent-elles ?
Quels sont les domaines scientifiques concernés ?
Comment vit-on aux pôles ?
Autant de questions auxquelles cette animation donne des éléments de réponse, de façon vivante et ludique,
à travers de nombreux films, photos, interviews et textes.

Le mot Arctique provient du grec arktos, signifiant ours, en référence à la constellation de la Grande Ourse visible dans l’hémisphère nord. L’histoire de la découverte de l’Arctique débute en 330 avant JC, avec Pythéas, un navigateur grec qui, en naviguant vers le Nord, atteint les Iles Shetland ou l’Islande. Les navigateurs nordiques, Vikings, Néerlandais ou Danois, vont ensuite se succéder jusqu’à la fin du 18e siècle et découvrir de nouvelles terres : l’Islande, le Groenland, la Nouvelle-Zemble, les Iles Aléoutiennes, mais aussi les détroits de Lancastre ou de Béring.
Au cours du 19e siècle la découverte du pôle Nord et de ses habitants continue. Le pôle nord magnétique sera par exemple déterminé par le Britannique John Ross, lors d’une expédition, en 1831. En 1818 John Ross avait été le premier Européen, avec son compatriote Edward Perry, à rencontrer des « Eskimos ». Ces explorations se poursuivent au 20e siècle: recherche du pôle nord géographique, passage maritime du Nord-Ouest, établissement de la première base dérivante, par les Soviétiques en 1938, passage en sous-marin sous le pôle Nord, en 1958 et 1961 par les Américains. Sans oublier, du côté français, les expéditions de Paul-Emile Victor au Groenland à partir de 1934.
Le nom Antarctique vient du grec antarkticos qui signifie « opposé à l’Arctique ». L’existence du continent Antarctique est évoquée dès l’Antiquité par Aristote. Mais il faudra attendre Magellan, en 1520, qui, en contournant le sud de l’Amérique, aperçoit des terres glacées au sud, pour que l’idée de ce continent « Austral » soit à nouveau évoquée.
En 1773 James Cook est le premier navigateur à franchir le cercle polaire antarctique. En 1820 le Russe Bellingshausen est le premier à apercevoir le continent. L’année suivante l’Américain John Davis est le premier à y accoster. En 1838 une expédition française, dirigée par Dumont d’Urville, part à la recherche du pôle sud magnétique. En 1840 ils accostent à un endroit que Dumont d’Urville va baptiser Terre Adélie en l’honneur de sa femme. Suivront le premier hivernage dans les glaces (1897/1898), puis sur terre (1899).
Le Norvégien Amundsen atteint le premier le pôle sud géographique en 1911. Les expéditions polaires françaises construisent en 1949 une base en Terre Adélie. 1956 voit la création de la base Dumont d’Urville, toujours en activité. C’est le début de la présence scientifique en Antarctique. En effet, une fois passé ce temps de l'exploration et des premières découvertes, c'est une présence scientifique permanente qu'il a fallu déployer pour mener des recherches dans ces milieux extrêmes.
La recherche en milieu polaire, malgré les rivalités nationales et grâce à l'émulation entre chercheurs, est marquée par la dynamique impulsée par les quatre années polaires internationales de 1882-1883, 1932-1933, 1957-1958 et 2007-2008. Ces évènements ont permis la mise en place de programmes de recherche spécifiquement dédiés aux régions polaires.
Les progrès scientifiques et les découvertes, fruits d’un travail en commun, ont imposé la coopération internationale comme mode de fonctionnement de la recherche en milieu polaire. Une première collaboration internationale en 1874-1875 a réuni des équipes françaises, britanniques, allemandes et américaines autour de l’observation du passage de Vénus dans les îles subantarctiques. Cette collaboration, qui a été un succès, a été le point de départ de la première année polaire internationale et le début d'une dynamique exemplaire de coordination des recherches en Arctique et en Antarctique.
L'Année Géophysique Internationale (AGI) de 1957-1958 a cependant été le véritable point de départ de la coopération internationale autour des recherches polaires. 61 nations ont participé aux différentes campagnes, des avions, des dizaines de navires, des milliers d'hommes, furent mobilisés. Les pays coopérèrent étroitement et échangèrent leurs données scientifiques. Douze nations établirent plus de cinquante observatoires sur le continent Antarctique dont Amundsen-Scott (USA), Vostok (URSS) et pour la France, en Terre Adélie, Dumont d’Urville sur la côte et Jean Charcot 320 km à l'intérieur du continent. Jacques Dubois, Claude Lorius et Roland Schlich hivernèrent ainsi à Charcot pour la première fois de février à novembre 1958.
Les résultats obtenus ont conduit aux premières estimations de l'épaisseur de la calotte polaire et à de nombreuses découvertes en glaciologie, climatologie et biologie. Ce fut par exemple la confirmation de la théorie très discutée de la dérive des continents, le début des mesures de concentration de gaz carbonique, ou encore le début de la conquête spatiale avec le lancement des premiers satellites. Depuis se sont multipliés les réseaux scientifiques, au niveau européen ou international, autour de projets scientifiques ambitieux et pluridisciplinaires..