CLIMAT, Une enquête aux pôles

Pourquoi se rendre aux pôles pour y étudier le climat ?
Comment les recherches s’y organisent-elles ?
Quels sont les domaines scientifiques concernés ?
Comment vit-on aux pôles ?

Autant de questions auxquelles cette animation donne des éléments de réponse, de façon vivante et ludique,
à travers de nombreux films, photos, interviews et textes.

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Climat, une enquête aux pôles

Quel futur pour les pôles ?

Conséquences du réchauffement climatique sur les populations humaines

Populations arctiques

Près de 4 millions de personnes vivent en Arctique aujourd’hui ; leur nombre précis dépend de l’endroit où l’on dessine la “frontière”. Ils incluent les autochtones et de nouveaux arrivants, des chasseurs-pêcheurs et éleveurs vivant des ressources de la terre, et des habitants de ville.

De nombreux groupes ethniques distincts vivent uniquement en Arctique où ils continuent leurs activités traditionnelles en s’adaptant au monde moderne. Au cours du 20ème siècle, l’immigration vers l’Arctique a dramatiquement augmenté, au point que les non indigènes supplantent les autochtones dans la plupart des régions (excepté le Groenland et le Nunavut). De nombreux immigrants sont venus en Arctique, attirés par les perspectives de développement ou d’extraction des ressources naturelles.

Les populations autochtones du pourtour de l’océan Arctique ont développé des modes de vie parfaitement adaptés aux conditions extrêmes du milieu. Des études ethnographiques montrent d’ores et déjà que dans un contexte de sociétés en mutation, les pratiques culturelles des sociétés polaires sont en pleine évolution et présentent de profondes transformations dans tous les domaines : culturel, social, démographique, économique, menaçant ainsi l’identité culturelle de ces populations.

Bouleversements des modes de vie

Si l'on en croit les modèles climatiques, la fonte de la banquise, due au réchauffement de la planète, va se poursuivre en Arctique au cours des prochaines décennies. La banquise pourrait même disparaître totalement durant l'été d'ici 2040. Un phénomène qui s'accompagne déjà d'un rétrécissement des territoires de vie pour les animaux polaires, de modifications des territoires de chasse et donc de bouleversements dans les modes de vie des communautés humaines arctiques.

À cause du réchauffement de la planète, l'île où se situe le village de Shishmaref, en Alaska, est en train de disparaître. Le pergélisol – sol gelé qui constitue l'île – fond et les maisons s'enfoncent. Pendant la saison des tempêtes (octobre-novembre), la banquise ne protège plus assez l'île et la mer érode dangereusement le pergélisol. Les habitants – des Inupiat – vont devoir rejoindre le continent avec le risque de délaisser leur mode de vie basé sur la chasse (phoque, morse, caribou, élan). Ce seront les premiers “exilés climatiques”.

De plus, les contacts avec l'Occident ou avec l'ex-URSS (pour les minorités sibériennes) ont fait perdre à la plupart des communautés arctiques leurs particularismes et leurs savoir-faire traditionnels. Plus vulnérables, certains peuples du Grand Nord vivent désormais en grande partie des subventions des États. Une dépendance et une fragilité qu'il faut toutefois nuancer : les gouvernements locaux mis en place au Groenland et au Canada – notamment au Nunavut - permettent aux populations inuit un certain degré d'autonomie et de gestion locale. Suite à l'effondrement du bloc soviétique, des petites populations de Sibérie – tels les Youkaghirs, Evènes, Koriaks, Tchouktches – doivent faire face aujourd'hui à des problèmes matériels graves, dans des domaines aussi cruciaux que la médecine, l'éducation et les transports, au point que leur existence même est aujourd'hui menacée.

Disparition d'un patrimoine culturel

Une partie du patrimoine de l'humanité, culturel et linguistique, est donc en train de disparaître. Si le réchauffement climatique en Arctique peut être vu de façon positive par certains, il est néfaste pour les peuples nomades ou semi-nomades qui vivent de l’élevage de rennes, comme les Evènes de Sibérie ou les Saames (Lapons) de Norvège. Cette hausse des températures a en effet un impact négatif sur le renne, les troupeaux ne pouvant plus se nourrir normalement : la couche de glace qui se forme à la surface de la neige suite à des variations de la température empêche le renne d’atteindre les plantes enfouies dans la neige dont il se nourrit. Si le changement climatique se poursuit, cela conduira à de profondes modifications dans le mode de vie des populations qui vivent de cet animal.

De plus, malgré leur fort isolement, les régions polaires ne sont pas à l’abri des retombées de polluants produits par les activités humaines. Le cas le plus connu est celui du mercure qui contamine toute la chaîne alimentaire en Arctique, du poisson aux morses et aux ours, sans épargner les populations humaines de la région qui se nourrissent essentiellement de la viande de ces animaux. Cette contamination par le mercure a des effets préoccupants aujourd’hui reconnus pour la santé humaine.