Pourquoi se rendre aux pôles pour y étudier le climat ?
Comment les recherches s’y organisent-elles ?
Quels sont les domaines scientifiques concernés ?
Comment vit-on aux pôles ?
Autant de questions auxquelles cette animation donne des éléments de réponse, de façon vivante et ludique,
à travers de nombreux films, photos, interviews et textes.

Les forages glaciaires profonds en Arctique (GRIP) ou en Antarctique (VOSTOK, EPICA) montrent une corrélation étroite entre changements climatiques et gaz à effet de serre dont la teneur n'a jamais été aussi élevée depuis 650 000 ans.
Les Européens, et plus particulièrement les Français et les Italiens, sont parvenus à extraire les glaces les plus anciennes du monde au Dôme C (Concordia, Antarctique), dans le cadre du programme EPICA (European Project for Ice Coring in Antartica). Ce programme, commencé au milieu des années 90, s’est poursuivi jusqu’en décembre 2004. Il a permis de forer jusqu’à 3260 mètres de profondeur, c’est-à-dire quelques mètres au-dessus du socle rocheux. Ce sont les archives de 850 000 ans de climat qui ont ainsi été extraites de la glace. Durant ces 850 000 dernières années, la Terre a connu huit cycles climatiques, alternances de périodes glaciaires et de périodes chaudes dites interglaciaires. La période chaude la plus longue a eu lieu il y a 430 000 ans et a duré environ 28 000 ans. C’est une période interglaciaire analogue – en termes de conditions atmosphériques, orbite et axe de la Terre – à celle que nous vivons actuellement.
Durant l'Année polaire internationale, des études de prospection vont être menées pour trouver un site permettant de remonter encore plus loin dans le passé climatique, au-delà d'un million d'années. À cet égard, la région du Dôme A (située à plus de 4000 m d'altitude) sur le continent Antarctique pourrait être intéressante, selon les premiers repérages effectués par des scientifiques chinois.
Les carottes de glace peuvent parfois livrer des informations étonnantes. Ainsi, une carotte prélevée au Groenland a permis de découvrir qu'environ 15 000 tonnes de matières extraterrestres étaient piégées dans la glace chaque année, sous la forme de particules de très petite taille. Réalisée dans le cadre du programme européen GRIP (Groenland Ice Core Project), l'analyse de la carotte de glace a consisté à mesurer par spectrométrie de masse l'iridium et le platine, deux métaux beaucoup plus abondants dans la composition des météorites que sur Terre. Ces particules, de l'ordre du milliardième de mètre, sont produites lors du freinage des météorites dans la haute atmosphère, à environ 70 km d'altitude. En Antarctique, à Dôme C, des prélèvements de neige ont également révélé la présence de micrométéorites.
Le lac Vostok, le plus grand d’Antarctique, d’une superficie à peu près équivalente à celle de la Corse, a été découvert un peu par hasard, après un forage glaciaire important entrepris par les Russes en 1996. Ils ne se doutaient pas qu’à la base de l’épaisse couche de glace se trouvait de l’eau libre. Or ce lac est resté isolé du reste du monde, protégé par cette couche de glace, depuis plus de 400 000 ans.
Depuis, des études géophysiques et des données satellitaires ont révélé, sous l'inlandsis antarctique, l'existence de plus de 145 lacs pour lesquels se pose la question de l'existence, ou pas, de formes de vie primitives.