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Si j’avais du talent, on m’imiterait écrivait Jules Renard. Aujourd’hui, nul besoin d’un don
quelconque en programmation pour que le robot mis au point au laboratoire Etis (Equipes traitement
des images et du signal), installé dans les locaux de l’ENSEA (Ecole Nationale Supérieure de
l’Electronique et de ses Applications) de Cergy-Pontoise, reproduise un geste effectué devant lui.
Levez le bras, il lèvera le sien. Fendez l’air d’un arc de cercle, il en fera de même. Chez lui,
l’apprentissage d’une tâche ne passe donc plus par l’implémentation de lourds programmes informatiques.
Les applications dans le domaine industriel pour la réalisation de travaux simples ne devraient pas se
faire attendre longtemps…
"Nous voulions montrer qu’un robot peut imiter des gestes simples sans maîtriser des notions de haut
niveau comme la reconnaissance de soi, de l’autre ou l’intentionnalité de ses actes, explique Arnaud Revel,
chercheur de l’équipe Neurocybernétique de l’Etis. C’est ce que nous appelons la «proto-imitation»". Concrètement,
le robot repère le mouvement d’un bras humain devant lui. Il pense alors qu’il s’agit de son propre bras qui gesticule
alors que celui-ci est encore inerte. Or cette vision est en contradiction avec les autres données qu’il a de son bras
mécanique, comme les coordonnées articulaires qui ne sont pas déterminées par la vision. Résultat ? Pour corriger cette
ambiguïté, le robot reproduit le geste qu’il a observé. De l’extérieur, le robot donne vraiment l’impression de singer
la personne en face de lui ; en fait, il tente seulement d’harmoniser sa vision avec ses autres sens.
L’imitation ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de l’apprentissage
Outre l’aspect ludique d’un tel numéro, ce procédé présente de nombreux avantages : "l’imitation d’un geste par le robot est
peut-être ce qui se fait de plus simple en terme d’interface homme/machine, analyse Arnaud Revel. De plus, cette faculté à
reproduire un geste facilite et accélère grandement les processus d’apprentissage chez le robot, capable plus rapidement
d’effectuer une tâche comme le déplacement d’un objet". En effet, l’architecture du système est assez passe-partout : le
logiciel, modélisant le fonctionnement de certaines parties du cerveau sur la base d’une inspiration neurobiologique, est
très générique et ne demande que quelques modifications légères pour permettre des applications différentes. Quand imitation
rime avec innovation, c’est un pan entier du domaine de l’apprentissage qui s’ouvre à la robotique.
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Le robot Mime
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