Dermarob, un robot pour les greffes de peau
Le prélèvement de peau en vue d'une greffe est un exercice très délicat pour un chirurgien.
En effet, sa main ne doit pas trembler au moment de prélever des couches régulières d'épiderme, sous forme de bandes qui ne dépassent pas quelques dixièmes de millimètres d'épaisseur ! 
Assister le chirurgien et non le remplacer
Pour l'aider, le praticien dispose depuis plusieurs années d'un outil de découpe, le dermatome, qui impose la largeur de la bande ainsi que son épaisseur. Mais les contraintes restent importantes : le geste du chirurgien se doit d'être régulier, la pression doit s'exercer perpendiculairement à la peau et l'effort doit être le plus constant possible, aux alentours des 100 newtons ! Heureusement, des chercheurs montpelliérains du Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM), en partenariat avec le Service des Grands Brûlés de l'Hôpital Lapeyronie, ont mis au point un robot capable d'assister l'homme dans cette pratique si délicate.
Le robot Dermarob est le fruit de quatre ans de travail pour les chercheurs du Lirmm. "Nous avons commencé par analyser les gestes des chirurgiens et en déduire un modèle mathématique, raconte Etienne Dombre, directeur de recherche au CNRS et responsable du projet Scalpp (Système de Coupe Automatisé pour Le Prélèvement de Peau). Ensuite, nous avons travaillé sur la réalisation d'un robot spécifique répondant aux exigences de sécurité dans un bloc opératoire." Au final, le dermatome se retrouve au bout d'un bras robotisé possédant six degrés de liberté. Ce bras est monté sur une «baie de commande» dans laquelle se trouvent les parties électroniques et logicielles du robot. Un capteur d'effort et un télémètre laser permettent de contrôler l'opération. Monté sur roulettes, cet appareil se déplace facilement d'un bloc à l'autre.
Améliorer les prélèvements de peau et faciliter la cicatrisation
Concrètement, le chirurgien n'a plus qu'à indiquer au robot le point de départ et le point d'arrivée du greffon. Et le robot fait le reste ! "Un prélèvement régulier présente de nombreux avantages, explique Etienne Dombre. D'une part, la cicatrisation est plus facile et plus rapide sur la zone de prélèvement, ce qui peut autoriser, si besoin est, d'autres prélèvements ultérieurs au même endroit. D'autre part, la réussite d'une greffe tient en grande part à la qualité du greffon. Or celle-ci s'en trouve largement améliorée avec Dermarob." Les tests menés sur des cochons au Laboratoire de Chirurgie Expérimentale de la Faculté de Médecine de Montpellier ne laissent en effet que peu de place au doute ! Le robot a même valu à ses inventeurs le Prix Régional Innovation Recherches Entreprises de l'Ader Languedoc-Roussillon en octobre 2002.
Le prototype Dermarob, construit par la société Sinters, n'attend plus que d'être cloné en nombre afin de pénétrer le plus rapidement possible le monde hospitalier. "L'avenir appartient à ce type de robots car ils peuvent suppléer l'homme dans des tâches vitales sans pour autant le remplacer, analyse Etienne Dombre. En effet, la présence du chirurgien sera toujours nécessaire pour superviser l'opération. Néanmoins, il semble que l'aspect financier soit le dernier barrage à l'introduction des robots dans l'univers médical. Mais ce n'est qu'une question de temps."
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Contacts :
Etienne Dombre, Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM), Etienne.Dombre@lirmm.fr
Site Web du laboratoire :