Médailles d'argent du CNRS 1995


Département des sciences physiques et mathématiques (SPM)

Jean-Philippe BOUCHAUD, 33 ans, est ingénieur au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), à Saclay . Brillant physicien théoricien, sa carrière a débuté au CNRS, au Laboratoire de spectroscopie hertzienne, pour se poursuivre au Laboratoire de physique statistique de l'École normale supérieure. Son activité scientifique recouvre deux domaines principaux : les propriétés hydrodynamiques des fluides quantiques possédant des degrés de liberté interne (verres de spin) et les phénomènes de transport classiques ou quantiques dans les milieux désordonnés. Il a contribué notamment ‘ la compréhension de la dynamique des milieux granulaires. Travaillant actuellement dans un laboratoire ‘ dominante expérimentale, il conserve néanmoins, grâce ‘ ses centres d'intérêt très variés, une activité théor que de haut niveau.

Mathias FINK, 50 ans, est professeur à l'Université Paris 7 et membre de l'Institut universitaire de France. Il a fondé et dirige le Laboratoire ondes et acoustiques, unité associée CNRS-École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris. Une des particularités de son activité de recherche est de traiter aussi bien des problèmes de physique fondamentale concernant la propagation des ondes que d'exploiter les instruments qu'il a mis au point dans de nombreuses applications intéressant le monde industriel et médical. Dans le domaine fondamental, ses recherches portent sur la réversibilité en physique des ondes, la cohérence, la propagation en milieu hétérogène et la diffusion multiple. Dans le domaine des applications, il a apporté de nombreuses contributions en imagerie médicale, en thérapie ultrasonore (destruction des calcul rénaux et bilaires), en contrôle non destructif (détection de défauts en aéronautique et dans l'industrie nucléaire). Autant de recherches qui ont donné lieu au dépôt d'une douzaine de brevets. Les percées qu'il a réalisées en acoustique font de Mathias Fink un des meilleurs experts de ce domaine dans le monde.
Contact : Frédérique Laubenheimer, communication du département des Sciences physiques et mathématiques (SPM) du CNRS
Email : frederique.laubenheimer@cnrs-dir.fr
tél : +33 1 44 96 42 63

Département de physique nucléaire et corpusculaire (IN2P3)


Alain BLONDEL, 42 ans, est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de physique nucléaire des hautes énergies, unité associée CNRS-École polytechnique, à Palaiseau. Depuis les expériences sur les neutrinos dans Gargamelle, la grande chambre à bulles en fonctionnement au CERN dans les années 1970, jusqu'aux mesures de précision du LEP (grand collisionneur électron-positon du CERN), Alain Blondel est un spécialiste de la physique des interactions faibles. Au sein de la collaboration Aleph, du nom d'un des quatre détecteurs du LEP, sa participation est de tout premier ordre. Il est ainsi l'un des artisans de la mesure la plus précise du nombre de neutrinos légers, qui établit qu'avec une très grande probabilité il n'y a que trois familles de quarks et de leptons dans la nature. On peut citer également ses contributions aux programmes de polarisation des faisceaux du LEP et à la physique des accélérateurs.
Contact : Genevi&egraveve Edelheit, communication du département de Physique nucléaire et corpusculaire (PNC-IN2P3) du CNRS
Email : genevieve.edelheit@cnrs-dir.fr
tél : +33 1 44 96 47 60

Département des Sciences pour l'ingénieur (SPI)


Ky DANG VAN, 53 ans, directeur de recherche au CNRS, dirige le projet de recherche "Fatigue et rupture" au sein du Laboratoire de mécanique des solides, unité associée CNRS-École polytechnique de Palaiseau. Ce chercheur travaille dans le domaine de l'endommagement et de la fatigue des matériaux, abordant tous les problèmes liés aux risques de fissuration dans les structures mécaniques. Ses travaux récents l'ont conduit à travailler sur l'endommagement de contact, mettant ainsi en oeuvre des outils de calcul et de modélisation sur des problèmes liés à la tribologie. Reconnu par sa communauté scientifique, Ky Dang Van l'est également par les milieux industriels, notamment l'industrie automobile. Il est à l'origine de nombreux contrats avec Renault, PSA, Fiat... Le critère "Dang Van", proposé il y a une vingtaine d'années pour repérer les pièces "fatiguées", est toujours très utilisé. La notoriété internationale de Ky Dang Van lui a valu de recevoir le prix Wallemberg de l'Académie suédoise des sciences de l'ingénieur en 1984, la médaille Letord de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale en 1988 et le prix Alexandre Darracq de l'Académie des sciences en 1991

Bernard DREVILLON, 49 ans, directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de physique des interfaces et des couches minces, unité propre du CNRS située à l'École polytechnique de Palaiseau, mène des recherches dans le domaine de la physique des semi-conducteurs en couches minces, amorphes ou microcristallines. Ses principales contributions scientifiques portent sur l'utilisation des techniques ellipsométriques dans l'étude de la croissance in situ des couches minces et dans la transformation et la caractérisation de leurs interfaces. L'ensemble de ces études a généré des collaborations avec des industriels et un transfert de technologie particulièrement remarquable (dépots de brevets). Plusieurs familles d'instruments ont vu le jour : ellipsomètre spectroscopique dans l'UV visible, ellipsomètre à modulation de phase fonctionnant en réflectance anisotrope spectroscopique, ellipsomètre infrarouge et ellipsomètre infrarouge à transformée de Fourier.

Contact : Béatrice Revol, communication du département des Sciences pour l'ingénieur (SPI) du CNRS
Email : beatrice.revol@cnrs-dir.fr
tél : +33 1 44 96 42 32
Département des Sciences de la vie (SDV)

Hél&egravene BARBIER-BRYGOO, 41 ans, est directeur de recherche au CNRS et co-responsable de l'équipe "Réception et transduction de signaux" à l'Institut des sciences végétales, unité propre du CNRS à Gif-sur-Yvette. Œuvrant dans le domaine de la biologie végétale, elle étudie le mode d'action de l'auxine, hormone qui régule les processus de croissance et de différenciation chez les plantes. Toute l'originalité de sa démarche repose sur la recherche de tests fonctionnels permettant de caractériser des réponses cellulaires très précoces aux auxines, en particulier au niveau de la membrane plasmique. Cette démarche lui a permis d'identifier certains éléments des cascades de signalisation cellulaire (récepteur d'auxine, canaux ioniques) et d'étudier leur régulation, avec l'objectif de les replacer dans le contexte de la physiologie de la cellule et dans celui du développement de la plante.

Christian CAMBILLAU, 44 ans, directeur de recherche au CNRS, dirige le Laboratoire de cristallographie et cristallisation des macromolécules biologiques, unité associée CNRS-Université Aix-Marseille 2. Spécialiste international dans le domaine de la biologie structurale (cristallographie), il a développé un logiciel de modélisation moléculaire exploitant les données de rayons X ou de RMN, permettant ainsi à la France d'entrer dans le club très fermé des réalisateurs de logiciels pour la cristallographie biologique. C'est cependant dans les études concernant les interactions protéines-sucres (glycobiologie structurale) ou l'analyse structurale du mécanisme des lipases (enzymes hydrolysant les graisses) qu'il a effectué les travaux les plus originaux et les plus spectaculaires. Il a ainsi cristallisé, pour la première fois, un complexe entre une lectine et une glycoprotéine, permettant l'analyse tridimensionnelle précise des interactions protéine-sucre complexe. Il a décrit les mouvements structuraux permettant également l'activation de la lipase pancréatique en présence de son substrat lipidique. Dans ces deux domaines, les enjeux, tant sur le plan médical que biotechnologique, sont considérables.

Marc LABURTHE, 46 ans, directeur de recherche au CNRS, dirige le Laboratoire de neuroendocrinologie et biologie cellulaire digestives, unité INSERM à la Faculté de Médecine Xavier Bichat, à Paris. Depuis plus de vingt ans, il consacre son activité aux hormones peptidiques et aux neuropeptides dans le cadre d'une neuroendocrinologie naissante du système digestif. Marc Laburthe a notamment découvert, purifié et cloné de nouveaux récepteurs peptidergiques et étudié leur expression au cours de la différenciation cellulaire intestinale et de la cancérisation du côlon. Afin de développer de nouveaux médicaments, ses travaux fondamentaux sont appliqués à la pharmacologie des peptides ou de leurs analogues de synthèse sur des cibles cellulaires relevant de grandes pathologies : cancers, maladies inflammatoires et diarrhées hydriques.

Serge LAROCHE, 43 ans, directeur de recherche au CNRS, dirige le Laboratoire de neurobiologie de l'apprentissage et de la mémoire, unité associée CNRS-Université Paris 11, à Orsay. Collaborant avec les meilleures équipes mondiales dans le domaine, Serge Laroche étudie les phénomènes de plasticité susceptibles de sous-tendre la formation et la conservation des "traces" ou "représentations" de la mémoire au sein du cerveau. Quelle est la nature de ces traces ? Quels sont les mécanismes élémentaires impliqués dans leur construction, leur stockage et leur rappel ? Les travaux de Serge Laroche ont permis d'analyser deux régions du cerveau impliquées dans ces phénomènes : l'hippocampe et le cortex préfrontal. D'importants résultats ont été obtenus sur les modifications synaptiques, les mécanismes neurochimiques et moléculaires impliqués dans l'apprentissage et la mémoire. Ces résultats permettent à Serge Laroche d'être à la pointe de la compétition internationale.

Contact : Thierry Pilorge, communication du département des Sciences de la vie (SDV) du CNRS
tél : +33 1 44 96 40 23
Département des Sciences chimiques (SC)

Jean-Marie BEAU, 47 ans, est professeur à l'Université de Paris Sud et dirige le Laboratoire de synthèse de biomolécules, unité associé CNRS-Université Paris 11, à Orsay. Spécialiste de la chimie organique (synthétique et structurale) des substances naturelles, il s'est fortement engagé dans la chimie des sucres. Il se consacre à la synthèse totale de produits naturels dans deux secteurs d'activité : la synthèse d'oligosaccharides doués d'activité biologique et la préparation de molécules complexes, optiquement actives, à partir de sucres. Ses nombreuses synthèses trouvent des applications dans le domaine de la santé (composés antitumoraux ou antiviraux, substances antifongiques ou molécules à activité anti-thrombotique) et de l'agro-biologie (signaux symbiotiques de reconnaissance). C'est l'un des plus dynamiques chimistes de synthèse de sa génération avec des synthèses à la fois ambitieuses, originales et élégantes.

Clément SANCHEZ, 46 ans, est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de chimie de la matière condensée, unité associée CNRS-Université Paris 6. Spécialiste de la chimie des matériaux et pionnier du développement de la chimie des procédés sols-gels, il a fortement contribué au développement du domaine des matériaux hybrides organiques-inorganiques, véritables composites à l'échelle moléculaire. Ses recherches concernent plus particulièrement la synthèse et l'étude des propriétés électroniques de ces matériaux. Il est aussi l'un des premiers à avoir su mettre en oeuvre différentes techniques de caractérisation (RMN, RPE, absorption X, diffusion...) pour l'étude de toutes les étapes de formation de ces composés ; et cela, du précurseur moléculaire aux gels, puis aux matériaux. Le contrôle des processus de polymérisation minérale et d'agrégation permet, en effet, de moduler la structure et la texture de ces matériaux en fonction de la propriété recherchée. Cette démarche devrait permettre de réaliser des matériaux sur mesure.
Contact : Laurence Mordenti, communication du département des Sciences chimiques (SC) du CNRS
Email : laurence.mordenti@cnrs-dir.fr
tél : +33 1 44 96 41 09
Département des Sciences pour l'univers (SDU)

CLaude JAUPART, 41 ans, est professeur à l'Université Paris 7 et responsable de l'équipe "Volcanologie physique" du Laboratoire de géochimie et cosmochimie, unité associée CNRS-Institut de physique du globe de Paris-Universités Paris 6 et Paris 7. Ce chercheur a ouvert des voies scientifiques dans le domaine de la dynamique du manteau et des éruptions volcaniques. Grâce aux relevés qu'il a effectués, en particulier au Canada, Claude Jaupart a montré que les lithosphères cratoniques, c'est-à-dire les plus anciennes, étaient très épaisses avec de faibles variations entre couches d'âge différent. Grâce à des expériences de laboratoire aussi didactiques que spectaculaires et uniques au monde, il a également contribué à une meilleure compréhension du dynamisme éruptif. Sachant être à la fois géophysicien de terrain et théoricien internationalement réputé, Claude Jaupart a reçu pour ses travaux, en 1993, le Prix Wager de l'Association internationale de volcanologie. Il préside le Comité scientifique du programme "Risques naturels" de l'Institut des sciences de l'univers.

Bernard LEGRAS, 40 ans, est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de météorologie dynamique, unité propre du CNRS à Palaiseau. Porté par son goût pour l'étude des phénomènes naturels, ce chercheur s'est intéressé au "phénomène de blocage" qui est, aux latitudes tempérées, à l'origine de vagues de froid pouvant persister quelques semaines. Il a montré que la dynamique chaotique des grandes échelles atmosphériques présente des états de régime préférentiels devant permettre la prévision au-delà de l'échéance de deux semaines et a développé de nouvelles approches statistico-dynamiques, particulièrement efficaces pour expliquer la maintenance du blocage par les phénomènes transitoires de l'atmosphère. Il a fondé une école française de renommée internationale sur ce sujet. Plus récemment, Bernard Legras s'est intéressé à l'érosion des tourbillons provoquée par la création de filaments. Il travaille actuellement sur l'application de ces recherches à la dynamique stratosphérique et à son couplage avec la physico-chimie, notamment au niveau du vortex polaire, caractérisé par des filaments avec de forts gradients.
Contact : Christiane Grappin, communication du département des Sciences de l'univers (SDU-INSU) du CNRS
Email : christiane.grappin@cnrs-dir.fr
tél : +33 1 44 96 43 37
Département des Sciences de l'homme et de la société (SHS)

Philippe DESCOLA, 49 ans, est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, au Laboratoire d'anthropologie sociale, unité mixte CNRS-Ecole des hautes études en sciences sociales. Cet ethnologue est spécialiste des enquêtes de terrain chez les Jivaros achuars de l'Equateur. Dès sa publication sous le titre La nature domestique, sa thèse de doctorat, sous la direction de Claude Lévi-Strauss, est devenue une référence. Auteur d'une oeuvre abondante, riche et novatrice, il a fondé un nouveau champ de recherche : l'anthropologie comparative des modes de socialisation de la nature. Son dernier ouvrage, Les lances du crépuscule, destiné au grand public, traite de cette "écologie symbolique".

Michel LAUNEY, 53 ans, professeur, directeur de l'UFR de linguistique à l'Université Paris 7, est à la fois linguiste de terrain et théoricien. Directeur de la revue Amérindia, il est responsable du Centre d'études linguistiques indigènes d'Amérique, unité associée CNRS-Université Paris 7. Cet enseignant-chercheur est l'auteur d'une Grammaire omniprédicative : morphologie du nahuatl "classique ", publiée au CNRS en 1994 (le nahuatl est une langue amérindienne parlée au Mexique) et d'une Introduction à la langue et à la littérature aztèques. Grâce à Michel Launey, la linguistique indigène d'Amérique est riche d'apports linguistiques ou typologiques au sens strict du terme, mais également ethnosémantiques grâce à la reconnaissance de langues encore peu connues. Une telle activité contribue à faire de ce théoricien de la grammaire omniprédicative un véritable humaniste de notre temps.

Bruno SOLNIK, 48 ans, est professeur au Groupe HEC, où il coordonne les activités de recherche et d'enseignement en finance et en économie. Ses travaux de recherche sont centrés sur les marchés financiers et leur intégration internationale. Il s'est attaché à démontrer les avantages d'une diversification des placements. Il a proposé, en 1974, le premier modèle de valorisation des actifs dans un marché intégré, tenant compte du risque du change. Il a publié, dans les principales revues internationales, de nombreux articles théoriques et statistiques sur la valorisation des actifs et le comportement des investisseurs en fonction de leur nationalité et de leur attitude face au risque.

Contact : Annick Ternier, communication du département des Sciences de l'homme et de la société (SHS) du CNRS
Email : Annick.Ternier@cnrs-dir.fr
tél : +33 1 44 96 43 10


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