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Les
quinze lauréats
de la Médaille d'argent du CNRS 1998
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La Médaille d'argent du CNRS distingue des chercheurs,
au début de leur ascension, mais déjà reconnus sur
le plan national et international pour l'originalité , la qualité
et l'importance de leurs travaux.
Département des Sciences physiques et mathématiques
(SPM)
- Michel BRION, 41 ans, est directeur de recherche au CNRS, à
l'Institut Joseph Fourier (CNRS-Université Grenoble 1),
à Grenoble. Michel Brion est l'un des meilleurs spécialistes
mondiaux de la théorie des groupes algébriques et de la
théorie des invariants. Il fut invité comme conférencier
au prestigieux Congrès international des Mathématiques
de Zürich 94. Il a obtenu des résultats remarquables sur
la classification des espaces homogènes sphériques, les
représentations des groupes algébriques, ainsi que, plus
récemment, sur les polytopes convexes : description de l'algèbre
des polytopes, fonction de partition d'un polytope rationnel, version
explicite du théorème de Riemann-Roch équivariant
pour les variétés toriques.
- Christian GLATTLI, 45 ans, est chercheur au CEA, au Service
de physique de l'état condensé, à Saclay. L'activité
de Christian Glattli se situe au tout premier plan au niveau international
dans le domaine des liquides quantiques. Parmi ses contributions remarquables,
on peut citer la réalisation expérimentale du Solide de
Wigner, l'étude des électrons confinés à
la surface de l'hélium et surtout l'exploit que constitue la
première observation directe de l'existence des charges fractionnaires
de Laughlin (Prix Nobel de Physique en 1998), lesquelles caractérisent
les excitations élémentaires de certains systèmes
électroniques corrélés.
Contact : Frédérique
Laubenheimer
Communication du département des Sciences physiques et mathématiques
(SPM) du CNRS
Téléphone : +33 1 44 96 42 63
Département de Physique nucléaire et corpusculaire
(PNC) - Institut national de physique nucléaire et de physique
des particules (IN2P3)
- Jean-François CHEMIN, 54 ans, est professeur à
l'Université de Bordeaux et chercheur au Centre d'Etudes nucléaires
de Bordeaux-Gradignan (CNRS-Université Bordeaux 1). Jean-François
Chemin a effectué des expériences pionnières dans
le domaine de la physique des collisions atomiques, notamment au Canada,
au Chalk River Laboratory, et à Stanford aux Etats-Unis. Le fil
conducteur de sa carrière scientifique a été l'étude
des corrélations entre les dynamiques nucléaire et atomique,
en particulier dans le domaine des émissions de rayonnement X.
Au Ganil (Grand accélérateur d'ions lourds) de Caen, il
a montré que la durée de vie de certains niveaux nucléaires
était affectée par une modification du cortège
électronique. Plus récemment, Jean-François Chemin
s'est intéressé à la physique des noyaux superdéformés
et a apporté une contribution importante à la mise au
point du multidétecteur de particules chargées
Diamant utilisé avec les détecteurs Eurogam puis
Euroball auprès de l'accélérateur Vivitron à
Strasbourg et de celui de Legnaro en Italie. Il lance actuellement un
programme de recherche sur l'excitation des niveaux nucléaires
par des lasers intenses.
Contact : Geneviève
Edelheit
Communication du département de Physique nucléaire et
corpusculaire (PNC-IN2P3) du CNRS
Téléphone : +33 1 44 96 47 60
Département des Sciences pour l'ingénieur
(SPI)
- François AMIRANOFF, 43 ans, est directeur de recherche
au CNRS, au Laboratoire pour l'utilisation des lasers intenses (LULI)
(CNRS-Ecole Polytechnique-Université Paris 6), à Palaiseau.
Il a mené depuis dix ans des études sur l'accélération
de particules par plasmas laser. Il a d'abord démontré
la validité de la méthode par battements d'ondes, pour
passer plus récemment à l'accélération d'électrons
par effet de sillage à l'aide des lasers femtosecondes ultra-intenses
développés au LULI. François Amiranoff a su réunir
autour de lui une communauté scientifique pluridisciplinaire
sur un programme structuré, qu'il a mené jusqu'à
la première mondiale récente qui a fait intervenir le
couplage du laser 100 Terawatts du LULI avec un accélérateur
d'électrons. François Amiranoff poursuit actuellement
ce programme par la démonstration de nouveaux concepts de guidage
de faisceaux lasers sur de longues distances afin d'atteindre des énergies
d'électrons du GeV.
- Jean-Louis CHABOCHE, 53 ans, est ingénieur et directeur
de recherche à l'ONERA. Il est l'un des pères de la thermomécanique
des matériaux ; c'est une mécanique qui prend en compte
la complexité du matériau et la rigueur de la thermodynamique
des processus irréversibles. Il a contribué à la
création d'une école de pensée regroupant scientifiques
des matériaux et mécaniciens autour des problèmes
de comportement mécanique cyclique, de fatigue et d'endommagement
des matériaux. Reconnus internationalement ses travaux sont,
encore aujourd'hui, la base de recherches menées par des chercheurs
américains et japonais, donnant lieu à de nouvelles avancées
scientifiques. La mécanique de l'endommagement est maintenant
implémentée dans des codes de calcul tenant compte de
la viscoplasticité et des effets importants de température.
Contact : Béatrice
Revol
Communication du département des Sciences pour l'ingénieur
(SPI) du CNRS
Téléphone : +33 1 44 96 42 32
Département des Sciences de l'univers (SDU) -
Institut national des sciences de l'Univers (INSU)
- Thérèse ENCRENAZ, 53 ans, est directeur de recherche
au CNRS et assure la direction du Département de Recherche Spatiale
de l'Observatoire de Paris (CNRS-Observatoire de Paris), à Meudon.
Elle est l'une des principales figures de la planétologie française
et connaît une renommée internationale très large
pour ses contributions nombreuses à l'étude des atmosphères
des planètes géantes par spectroscopie multi-longueurs
d'onde. Au-delà de cette activité de recherche, Thérèse
Encrenaz a une influence considérable sur l'ensemble de la communauté
astronomique française. Elle joue un rôle important dans
le développement des techniques d'observation les plus performantes
sur les grands télescopes : spectroscopie et imagerie à
haute résolution en infrarouge ou développement de l'optique
adaptative, ainsi que dans de nombreux projets spatiaux (Galileo, Rosetta).
- Bruno HAMELIN, 46 ans, est professeur à l'Université
d'Aix-Marseille et membre du Laboratoire d'océanologie et de
biochimie (CNRS-Université Aix-Marseille), à Marseille.
Il est spécialiste de géodynamique chimique, son objectif
essentiel est de tracer l'origine des composants et leur évolution
dans les grands réservoirs terrestres (croûte, manteau,
océan, atmosphère) par l'utilisation des méthodologies
isotopiques à longues périodes. Il a d'abord travaillé
sur le manteau de la terre, puis s'est intéressé aux enveloppes
superficielles atmosphère et hydrosphère. Il travaille
depuis quelques années à un modèle d'évolution
de la distribution de plomb dans l'atmosphère et l'océan
contraint par l'évolution des activités anthropiques,
générées notamment dans le continent Nord-américain,
modèle qu'il valide par des enregistrements en Méditerranée.
Contacts :
Christiane
Grappin (Sciences de la planète)
Téléphone : +33 1 44 96 43 37
Philippe
Chauvin (Astronomie)
Téléphone : +33 1 44 96 43 36
Communication du département des Sciences de l'univers (SDU-INSU)
du CNRS
Département des Sciences chimiques (SC)
- Jean-Paul BEHR, 51 ans, est directeur de recherche au CNRS
et directeur du Laboratoire de chimie génétique (CNRS-Université
Louis Pasteur), à Strasbourg. Ses centres d'intérêt
sont dirigés vers le développement de molécules
se fixant à l'ADN, dans le domaine des biotechnologies et de
la thérapie génique : sondes chimiques de structure d'acides
nucléiques, ligation non-enzymatique de l'ADN, reconnaissance
de séquences d'ADN à l'aide d'oligonucléotides
modifiés, vecteurs synthétiques de transfert de gènes
dans les cellules. A l'étranger, il est surtout reconnu comme
pionnier dans ce dernier domaine, où il a développé
des agents de transfection comme TransfectamTM et ExGen500TM. Son travail
de recherche à l'interface de la chimie, de la biologie et de
la médecine l'a conduit à collaborer activement avec des
groupes industriels et avec des laboratoires de recherche clinique dans
les domaines de la cancérologie, de la mucoviscidose et du SIDA.
Il se pose en précurseur dans le domaine, en plein essor, de
la chimie génétique.
- Guy BERTRAND, 46 ans, est directeur de recherche au CNRS. Il
dirige le Laboratoire d'hétérochimie fondamentale et appliquée
(CNRS-Université Toulouse 3), à Toulouse. Son activité
de recherche est centrée principalement sur la chimie de coordination
(chimie des éléments des groupes principaux). Il est à
l'origine de la synthèse et de la caractérisation des
premières structures stables d'espèces chimiques hautement
réactives, ce qui ouvre la voie à d'immenses possibilités
en chimie organique, en catalyse et pour l'élaboration de matériaux
nouveaux. Il a abordé également l'étude de l'aromaticité
et de l'anti-aromaticité, des cycles tendus et des macrocycles,
pour des applications dans les domaines de la biologie et de l'environnement.
Guy Bertrand s'intéresse aussi à la synthèse de
polymères biocompatibles, grâce à l'utilisation
d'acides de Lewis chiraux, utilisés pour la libération
prolongée d'anticancéreux. Il travaille à l'élaboration
de matériaux nouveaux par établissement de liaisons chimiques
non usuelles. Chercheur de dimension internationale, il a favorisé
de nombreux partenariats industriels (CGE, Expansia, Ipsen-Beaufour,
Virbac, Rhône-Poulenc...) avec prise de brevets.
Contact : Laurence
Mordenti
Communication du département des Sciences chimiques (SC) du CNRS
Téléphone : +33 1 44 96 41 09
Département des Sciences de la vie (SDV)
- Margaret BUCKINGHAM, 54 ans, est directeur de recherche au
CNRS, elle dirige le laboratoire Bases moléculaire et
cellulaire de développement (CNRS-Institut Pasteur), à
Paris. Elle travaille sur la myogenèse et la régulation
des gènes requis pour le développement des muscles, ainsi
que sur la régulation transcriptionnelle des gènes d'actine
et myosine pendant la maturation du muscle et la morphogenèse
du cur. Elle utilise le modèle de la souris, qui permet
une analyse génétique. Ces études sont d'une très
grande portée générale et ont permis à Margaret
Buckingham d'acquérir une réputation internationale d'excellence
dans ce domaine hautement compétitif.
- Jérome GIRAUDAT, 42 ans, est directeur de recherche
au CNRS, à l'Institut des sciences végétales (CNRS),
à Gif-sur-Yvette. Après huit années passées
à étudier l'organisation fonctionnelle du récepteur
nicotinique de l'acétycholine dans le laboratoire de Jean-Pierre
Changeux à l'Institut Pasteur, Jérôme Giraudat a
rejoint l'Institut des sciences végétales, où il
a créé le groupe de génétique moléculaire
d'Arabidopsis. Le thème majeur de ses recherches est l'étude,
chez cette plante modèle, des mécanismes d'action d'une
hormone végétale, l'acide abscissique (ABA). Ses résultats
ont montré, notamment, que l'ABA contrôle de multiples
aspects de la maturation de la graine.
- Michel RAYMOND, 40 ans, est directeur de recherche au CNRS,
à l'Institut des sciences de l'évolution (CNRS-Université
Montpellier 2), à Montpellier. Ses travaux de recherche s'orientent
autour de la sélection naturelle et l'adaptation. Son principal
modèle d'étude a été, jusqu'à présent,
le moustique Culex pipiens, qui développe une résistance
aux insecticides par un processus de sélection naturelle. Ces
gènes de résistance servent d'outils pour aborder des
questions de biologie évolutive. Certains de ces résultats
fondamentaux ont permis de mettre au point une méthode originale
et réaliste de contrôle des gènes de résistance.
Un modèle complémentaire, le nématode Caenorhabditis
elegans, permettra désormais de combler les lacunes du modèle
moustique, en particulier sur le plan génétique.
Contact : Thierry
Pilorge
Communication du département des Sciences de la vie (SDV) du CNRS
Téléphone : +33 1 44 96 40 23
Département des Sciences de l'homme et de la société
(SHS)
- François AZOUVI, 53 ans, est directeur de recherche
au CNRS, au Centre d'histoire de la philosophie moderne (CNRS), à
Villejuif. Il est également directeur d'études à
l'École des hautes études en sciences sociales. François
Azouvi a développé ses recherches philosophiques sur l'invention
de la notion d'existence corporelle, apparue chez Descartes mais construite
contre lui. Dans son ouvrage majeur, Maine de Biran. La science de l'homme
(Vrin, 1992), et à travers l'édition monumentale des uvres
de ce philosophe méconnu, qu'il dirige, François Azouvi
met en évidence et analyse, en étudiant des documents
rares, le travail complexe par lequel la psychophysiologie française,
confrontée aux idées anglaises et allemandes, institue
et organise les sciences de l'homme au début du XIXe siècle.
Rédacteur en chef de la Revue de Métaphysique et de Morale,
il a également publié des ouvrages sur la première
réception de Kant en France et sur la philosophie des Idéologues
qui ont totalement renouvelé leur représentation traditionnelle.
- Dominique JULIA, 59 ans, est directeur de recherche au CNRS
et membre du Centre de recherches historiques (CNRS-EHESS), à
Paris. Il co-dirige avec Philippe Boutry, le Centre d'Anthropologie
religieuse européenne de l'EHESS. Ses travaux se sont orientés
dans deux directions. La première concerne l'histoire de l'éducation
à l'époque moderne (constitution du réseau scolaire
français, sociologie de la réussite ou de l'échec
scolaire, statut des enseignants, contenu des programmes et des enseignements,
etc...). La seconde concerne l'histoire religieuse de la période
moderne. Il s'est attaché à analyser les effets de la
réforme catholique issue du Concile de Trente (visites pastorales),
la sociologie et la culture intellectuelle et spirituelle du clergé
séculier et de certaines congrégations ou ordres religieux
(oratoriens, bénédictins), la persistance des pèlerinages
à longue distance et les motivations qui poussent les pèlerins
sur les routes de l'Europe, les contours de la religion dite
populaire et le phénomène communément appelé
déchristianisation .
- Georges KLEIBER, 54 ans, est professeur de linguistique à
l'Université Marc Bloch de Strasbourg, où il dirige, depuis
une dizaine d'années, l'équipe de recherches Scolia. Il
a publié plus de 170 articles et une dizaine d'ouvrages de sémantique
et de pragmatique, dont Problèmes de référence.
Descriptions définies et noms propres (1981), Relatives restrictives
and relatives appositives (1987), Les phrases habituelles (1987), La
sémantique du prototype (1990), Anaphores et pronoms (1994),
Nominales (1994) et, tout récemment, Problèmes de sémantique
(1999). La diversité de ses thèmes de recherche voit sa
cohérence tissée par un solide fil rouge : l'étude
de la relation entre sens et référence. Ses recherches
en sémantique lexicale aussi bien que celles menées dans
le champ des marqueurs référentiels ou dans le domaine
de la sémantique verbale poursuivent en effet le même but
: établir, dans la construction du sens, ce qui revient
au César de la sémantique et au Dieu de l'interprétation
.
Contact : Annick
Ternier
Communication du département des Sciences de l'homme et de la
société (SHS) du CNRS
Téléphone : +33 1 44 96 43 10
Le CNRS en ligne - © CNRS Contact : webcnrs@cnrs-dir.fr
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