LES LAUREATS DE LA MEDAILLE DE BRONZE DU CNRS 1999

 

 

DÉPARTEMENT DES SCIENCES PHYSIQUES ET MATHÉMATIQUES

Hamid KELLAY, 34 ans, est maître de conférences à l’Université Bordeaux 1. Il travaille au Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CNRS-Université Bordeaux 1), à Bordeaux. Il a montré une aptitude remarquable à développer des expériences simples et significatives dans le domaine de la dynamique des fluides complexes. Hamid Kellay a conçu une expérience permettant une étude détaillée de la turbulence bidimensionnelle dans un film de savon de grande taille. Il a montré comment on pouvait modifier, de façon spectaculaire, le phénomène de digitation d’un fluide visqueux dans un autre moins visqueux en ajoutant un troisième composant. Ces travaux, ainsi que ceux sur l’élasticité des membranes dans les microémulsions, lui ont valu une reconnaissance nationale et internationale dans un domaine qui touche la physique fondamentale et qui est proche d’applications variées.

Richard KENYON, 34 ans, est chargé de recherche au CNRS, au Laboratoire de mathématiques (CNRS-Université Paris 11), à Orsay. Ses recherches en topologie portent sur les pavages du plan, la mécanique statistique, la géométrie discrète et certains groupes spéciaux d’isométrie. L’invariance conforme de plusieurs systèmes de mécanique statistique (percolation, marche auto-évitante, marche sans boucles, dominos,…) est conjecturée et souvent observée empiriquement. Richard Kenyon, en la démontrant rigoureusement sur un exemple, a ouvert une voie nouvelle. Les problèmes de combinatoire statistique qu’il aborde et qu’il résout sont des points cruciaux dans plusieurs domaines : topologie, géométrie hyperbolique, mécanique statistique dans le plan et renormalisation.

Jihad MOURAD, 31 ans, est maître de conférences au Laboratoire de physique théorique et modélisation (CNRS-Université de Cergy-Pontoise), à Cergy-Pontoise. Ses recherches, dans le domaine de la physique théorique et mathématique, portent sur la géométrie non-commutative, la théorie des super-cordes et ses généralisations récentes, c’est-à-dire les théories des membranes, objets solitoniques étendus qui permettent de relier entre elles les différentes théories de cordes ouvertes et fermées. Ce jeune théoricien poursuit une activité intense et de haut niveau sur un sujet notoirement difficile et très compétitif, tout en assurant ses tâches d’enseignement à l’Université nouvelle de Cergy-Pontoise.

Éric TOURNIÉ, 37 ans, est chargé de recherche au CNRS, au Centre de recherche sur l’hétéroépitaxie et ses applications, CHREA (CNRS), à Valbonne. A base de couches semi-conductrices ZnSe épitaxiées par jets moléculaires, il a réalisé un démonstrateur qui donne un effet laser à 490 nm en mode pulsé à 80 K. Au delà de cet indéniable succès, Éric Tournié a cherché à améliorer les performances des composants et montré que l’azote, activé par plasma, est le dopant de type p adapté au semi-conducteur ZnSe.

 

DÉPARTEMENT DE PHYSIQUE NUCLÉAIRE ET CORPUSCULAIRE

Christian KHUN, 34 ans, est chargé de recherche au CNRS, à l’Institut de recherches subatomiques (CNRS-Université Strasbourg 1), à Strasbourg. Christian Khun est un spécialiste de la physique des ions lourds relativistes. Il a participé aux expériences de collisions d’ions lourds au Gesellschaft für Schwerionenforschung (GSI), à Darmstadt. Il s’investit, maintenant, dans la préparation des expériences effectuées avec le détecteur Alice qui sera installé auprès du grand collisionneur de protons LHC (Large Hadron Collider), au CERN. Ces expériences visent à la mise en évidence d’un nouvel état de la matière : le plasma quark-gluon..

 

DÉPARTEMENT DES SCIENCES POUR L’INGÉNIEUR

Olivier CASTELNAU, 31 ans, est chargé de recherche au CNRS, au Laboratoire des propriétés mécaniques et thermodynamiques des matériaux (CNRS), à Villetaneuse. Son activité de recherche porte sur le développement d’une méthode originale de mesure de l’écrouissage (en particulier de la densité de dislocation) à l’échelle du grain, par diffraction des rayons X, permettant une caractérisation plus précise de l’état déformé. Ceci s’intègre dans une activité qui vise à l’analyse et à la modélisation des mécanismes de déformation et de recristallisation des matériaux.

Pascal KOIRAN, 30 ans, est chargé de recherche au CNRS et membre du Laboratoire d’informatique du parallélisme (CNRS-École normale supérieure de Lyon), à Lyon. Sa recherche s’organise autour de deux axes : d’une part, l’étude des réseaux de neurones artificiels (complexité d’apprentissage, liens avec les systèmes dynamiques, décidabilité), et d’autre part, la théorie de la complexité algébrique. Dans chacun de ces domaines, les contributions de Pascal Koiran se caractérisent par une grande rigueur mathématique. Elles lui ont valu une très large reconnaissance de la communauté scientifique.

Robert PLANA, 34 ans, est maître de conférences à l’Université Paul Sabatier de Toulouse. Il effectue ses travaux de recherche au Laboratoire d’architecture et d’analyse des systèmes (CNRS), dans le groupe "Composants, circuits micro-ondes" dirigé par Jacques Graffeuil, à Toulouse. Spécialiste de la conception, de la modélisation et de la simulation des composants et circuits micro-ondes, Robert Plana a une compétence mondialement reconnue dans le domaine du bruit basse fréquence des composants et circuits à semi-conducteurs. Cette compétence lui a permis de mener des collaborations avec des sociétés françaises telles que Alcatel Espace ou ST Microelectronics et des sociétés étrangères comme Daimler-Benz, ainsi qu’avec des laboratoires de recherche français et étrangers.

Frédéric RISSO, 32 ans, est chargé de recherche au CNRS, à l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse (CNRS-Institut national polytechnique de Toulouse-Université Toulouse 3). Ses thèmes de recherche concernent les écoulements diphasiques et plus particulièrement les écoulements à bulles. Après avoir effectué des travaux sur les tourbillons de sillage, Frédéric Risso a consacré ses recherches à l’hydrodynamique des écoulements à bulles, recherches qui bénéficient, entre autres, d’un soutien du Centre national d’études spatiales, et qui s’inscrivent dans le cadre des études en microgravité.

 

DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE L’UNIVERS

Denis ANDRAULT et Guillaume FIQUET. Cette médaille récompense les travaux de Denis Andrault, 35 ans, maître de conférences et membre du laboratoire "Physique des géomatériaux" (CNRS-Institut de physique du globe), à Paris et de Guillaume Fiquet, 34 ans, chargé de recherche au CNRS, au Laboratoire de sciences de la terre (CNRS-ENS de Lyon-Université Lyon 1), à Villeurbanne. Ils ont mené conjointement un important projet de minéralogie expérimentale de haute pression et haute température en concevant une expérience de diffraction de rayons X sur une ligne de l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble, associée à un système de cellule à enclume de diamant et à chauffage laser, qui a permis d’atteindre respectivement 200 Gpa et 4000 K. Les conditions reproduites sont celles du manteau et du noyau terrestre. Cette expérience est pour l’instant unique au monde. Ils ont, ainsi, pu préciser les équations d’état et les transitions de phase des minéraux majeurs du manteau terrestre et procurer des données essentielles pouvant être comparées aux données issues de la sismologie.

Isabelle BARAFFE, 35 ans, est chargée de recherche au CNRS, au Centre de recherche astronomique de Lyon (CNRS-Université Lyon 1-ENS de Lyon), à Saint-Genis Laval. Elle est spécialiste de l’évolution stellaire. Isabelle Baraffe a élaboré des modèles numériques d’évolution stellaire et construit des modèles d’étoiles de faible masse et de naines brunes. Ces modèles lui ont permis de prédire que les naines brunes avaient une signature observationnelle dans le bleu. Elle a également déterminé avec ces modèles, l’abondance du lithium dans les naines brunes. Ces deux résultats ont été confirmés par les récentes observations de naines brunes.

François BAUDIN, 34 ans est chargé de recherche au CNRS, au laboratoire "Paléontologie et stratigraphie" (CNRS-Université Paris 6). Sédimentologue, il s’est spécialisé dans l’étude des facteurs contrôlant la répartition de la matière organique dans les sédiments, de l’échelle locale à l’échelle globale. Il combine le travail de terrain et l’approche stratigraphique intégrée et il associe les données de géochimie minérale et organique avec des datations paléontologiques très précises. François Baudin s’est, en particulier, intéressé à la crise anoxique du Toarcien et du Dévonien supérieur. Non synchrones, ces extinctions peuvent être analysées en regard de la paléo-oxygénation du milieu.

Olivier RAGUENEAU, 32 ans, est chargé de recherche au laboratoire "Flux de matière et réponses du vivant" (CNRS-Université de Bretagne occidentale), à Plouzané. Son champ scientifique est celui du cycle du silicium dans l’océan mondial, thème primordial car le phytoplancton siliceux contribue pour 50 % à la production primaire océanique, et majoritairement à l’exportation de la matière biogénique vers les eaux profondes et vers les sédiments. De ce fait le silicium participe de façon importante à la "pompe biologique". Olivier Ragueneau a mis au point une méthode de microanalyse qui permet de dissocier dans le silicium, en phase particulaire, la part due à l’activité biologique de celle due au lessivage des eaux côtières. Ceci lui a permis de déterminer le rôle du silicium, introduit naturellement dans les eaux côtières par le lessivage des sols, sur le contrôle de la production primaire littorale, zone soumise à une lente dérive de la composition chimique du fait des rejets anthropiques sans cesse enrichis en nitrate.

 

DÉPARTEMENT DES SCIENCES CHIMIQUES

Anne BOUTIN, 31 ans, est chargée de recherche au CNRS, au Laboratoire de chimie physique des matériaux amorphes (CNRS-Université Paris 11), à Orsay. Son activité concerne la modélisation du comportement physico-chimique de fluides confinés dans des matériaux poreux. Elle a mis au point de nouveaux algorithmes de simulation moléculaire de l’adsorption dans des zéolithes et écrit ses propres codes de calcul de mécanique statistique numérique. Ce travail a débouché sur la compréhension de plusieurs phénomènes importants comme la sélectivité d’adsorption que présentent certaines zéolithes vis-à-vis de mélanges moléculaires. Anne Boutin développe également une collaboration industrielle fondée sur l’application de méthodes de simulation moléculaire à la prédiction des propriétés thermodynamiques de mélanges fluides.

Pascale CLIVIO, 37 ans, est chargée de recherche au CNRS, à l’Institut de chimie des substances naturelles (CNRS), à Gif-sur-Yvette. Son activité se situe à l’interface de la chimie et de la biologie. Elle a mis au point une méthode de marquage de photoaffinité qui utilise des analogues thiolés de bases nucléiques permettant l’étude structurale des acides nucléiques en solution. Pascale Clivio s’est intéressée aux mécanismes de formation et de réparation des lésions de l’ADN induites par les rayonnements (ultra-violets ou gamma). Elle a également développé des méthodes qui devraient permettre l’obtention d’enzymes artificielles de réparation.

Fabienne FACHE-DANY, 34 ans, est chargée de recherche au CNRS, à l’Institut de recherches sur la catalyse (CNRS), à Villeurbanne. Son activité se situe dans le domaine de la catalyse hétérogène où elle développe de nouvelles méthodes de synthèse organique. Elle a réalisé l’alkylation d’amides et d’alcools, la synthèse d’urées (thiourées, polyurées et polythiourées) comme support et comme ligands dans les réactions de transfert d’hydrures. Elle a synthétisé des molécules chirales par catalyse hétérogène. Dans le but de développer les concepts de chimie propre et d’économie d’atomes, Fabienne Fache-Dany a recherché des méthodes permettant de recycler le catalyseur et de réaliser des synthèses originales en une seule étape.

Frédérico GARRIDO, 33 ans est chargé de recherche au CNRS, au Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CNRS-IN2P3-Université Paris Sud), à Orsay. Ses recherches s’inscrivent dans le contexte de l’utilisation d’outils issus de la physique nucléaire et appliqués à la résolution de problèmes intéressant la chimie du solide et la radiochimie. Ses contributions sont essentiellement centrées sur l’étude de l’interaction particule-matière dans le domaine du ralentissement électronique et l’élaboration de matériaux aux propriétés optiques non-linéaires. Ses travaux portent également sur l’investigation des propriétés d’oxydation, de corrosion et d’endommagement (consécutif à l’irradiation) du dioxyde d’uranium. Ce matériau est utilisé comme matrice primaire de confinement des déchets nucléaires, dans le cadre de l’entreposage de longue durée et du stockage direct, en site géologique profond, du combustible nucléaire usé.

Ivan HUC, 29 ans, est chargé de recherche au CNRS, à l’Institut de sciences et ingénierie supramoléculaire (CNRS-Université Strasbourg 1), à Strasbourg. Il travaille actuellement à l’Université Bordeaux 1, dans le cadre de l’Institut européen de chimie et biologie. Son activité, à l’interface de la chimie et de la biologie, porte sur le développement d’une "chimie combinatoire dynamique". La formation réversible de molécules fonctionnalisées au sein d’un récepteur comme une enzyme permet de prendre le moulage de son site actif et d’en concevoir de puissants inhibiteurs. Il s’est impliqué dans la recherche de propriétés catalytiques de petites molécules mimant l’activité des enzymes. Ivan Huc a abordé, aussi, le domaine de l’auto-assemblage supramoléculaire et l’étude des systèmes moléculaires organisés en chimie et en biologie.

Keitaro NAKATANI, 35 ans, est chargé de recherche au CNRS, au Laboratoire photophysique et photochimie supramoléculaires et macromoléculaires (CNRS-ENS), à Cachan. Il est actuellement professeur à l’École normale supérieure de Cachan. L’essentiel du travail de Keitaro Nakatani est consacré à l’étude de molécules et de matériaux pour l’optique non linéaire. Il développe, en particulier, des méthodes photoassistées pour l’orientation de molécules photochromes dans des matrices polymères (PMMA, polyimides,...). Keitaro Nakatani a contribué à la mise au point de matériaux originaux à propriétés physiques modifiables par conversion photoinduite.

 

DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE LA VIE

Édouard BERTRAND, 33 ans, est chargé de recherche au CNRS. Il poursuit ses recherches dans l’équipe de Jean-Marie Blanchard, à l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier (CNRS-Universités Montpellier 1 et Montpellier 2). Après avoir approfondi le métabolisme des ribozymes pendant sa thèse, effectuée à l’Institut Jacques Monod, il se concentre désormais sur l’analyse de la localisation des ARN dans la cellule en liaison avec leur métabolisme et leur fonction. A cette fin, Édouard Bertrand a mis au point une technique permettant de suivre dans une cellule vivante le déplacement de molécules d’ARN. Cette technique a montré que, dans le cytoplasme, le transport des ARNm est effectué par des moteurs moléculaires. Un des enjeux est maintenant de comprendre comment ce processus se déroule dans le noyau.

Emmanuel BOURINET, 33 ans, est chargé de recherche au CNRS dans l’équipe de Joël Nargeot au sein de l’Institut de génétique humaine (CNRS), à Montpellier. Il travaille depuis trois ans à la caractérisation de certains gènes codant des canaux calciques fortement exprimés dans le système nerveux. Cette démarche de génétique fonctionnelle a pour objectif d’évaluer l’incidence de l’expression de ces canaux sur la physiopathologie de la perception de la douleur. Ces recherches devraient déboucher sur une meilleure compréhension des mécanismes de contrôle de la nociception avec des retombées pharmacologiques dans l’identification de cibles nouvelles pour les thérapies anti-douleur.

Dominique FERRANDON, 36 ans, est chargé de recherche au CNRS. Il travaille dans le laboratoire "Réponse immunitaire et développement chez les insectes" (CNRS), à Strasbourg. Le but de ses recherches est d’identifier tous les gènes impliqués dans la réponse immunitaire humorale systémique de la drosophile. Il a identifié plusieurs gènes qui régulent l’expression de peptides antibiotiques et démontré qu’un gène homologue des facteurs de transcription NF-Kappa B des vertébrés contrôle la réponse immunitaire antifongique de cet insecte.

Yacine GRABA, 32 ans, est chargé de recherche au CNRS, au Laboratoire de génétique et physiologie du développement (CNRS-Université Aix-Marseille 2), à Marseille. Il s’intéresse à la fonction des gènes homéotiques (Hox), gènes architectes du développement, dont la fonction a été remarquablement conservée au cours de l’évolution. Son travail a d’abord porté sur la recherche et la caractérisation fonctionnelle de gènes cibles des protéines Hox chez la drosophile. Plus récemment, Yacine Graba a entrepris une étude visant à élucider les mécanismes moléculaires de la spécificité d’action des protéines Hox.

Évelyne HEYER, 34 ans, est chargée de recherche au CNRS, au Laboratoire d’anthropologie biologique (CNRS-Muséum national d’histoire naturelle), à Paris. Ses recherches portent sur l’évolution des fréquences géniques dans les populations humaines. Ces travaux, fondés sur des données démographiques, généalogiques et moléculaires, ont permis de montrer dans deux populations différentes (l’une dans le Jura français, l’autre au Québec) comment la transmission de certains comportements reproducteurs influe sur l’évolution du pool génétique de ces populations et explique la forte fréquence de maladies héréditaires rares rencontrées dans ces populations.

Françoise JACOB-DUBUISSON, 37 ans, est chargée de recherche au CNRS, dans l’unité INSERM 447 (CNRS-Institut Pasteur de Lille), à Lille. Elle étudie les mécanismes de pathogénicité de la bactérie responsable de la coqueluche, Bordetella pertussis. Elle s’intéresse particulièrement au trafic des protéines de virulence dans l’enveloppe de ce micro-organisme. En particulier, elle a caractérisé, au niveau moléculaire, la voie de sécrétion d’un facteur d’adhérence de B. pertussis à intérêt vaccinal, l’hémagglutinine filamenteuse.

Thierry LAGRANGE, 34 ans, est chargé de recherche au CNRS. Il travaille dans le Laboratoire de génétique moléculaire des plantes (CNRS-Université Grenoble 1), à Grenoble. Au cours de son travail postdoctoral aux Etats-Unis, il a participé à la mise au point et à l’application d’une nouvelle technique biochimique destinée à l’analyse structurale et fonctionnelle du complexe de pré-initiation de la transcription de l’ARN polymérase II. Actuellement, Thierry Lagrange étudie l’expression de gènes importants dans le développement et le fonctionnement du chloroplaste.

Patrick MEHLEN, 31 ans, est chargé de recherche au CNRS, au Centre de génétique moléculaire et cellulaire (CNRS-Université Lyon 1), à Lyon. A la tête d’une jeune équipe, il s’intéresse à la caractérisation d’une nouvelle famille de récepteurs membranaires, impliqués dans la tumorigenèse et dans le développement du système nerveux, appelés "récepteurs à dépendance". Ces récepteurs ont la propriété principale de posséder deux transductions de signaux antagonistes : en présence de leur(s) ligand(s), ces récepteurs induisent un signal classique de différenciation, alors qu’en absence de ce(s) même ligand(s), ils provoquent l’apoptose. Le contrôle de l’élimination des cellules, via ces récepteurs, en fonction de l’accessibilité de leur(s) ligand(s), pourrait représenter un nouveau mécanisme de contrôle du développement neuronal et/ou de l’échappement tumoral.

Florence NOBLE, 33 ans, est chargée de recherche au CNRS. Elle travaille au Laboratoire de pharmacochimie moléculaire et structurale (CNRS-Université Paris 5-INSERM), à Paris. Florence Noble étudie les mécanismes neurobiologiques et moléculaires de la pharmacodépendance induite par les drogues. Elle s’attache, en particulier, à élucider les facteurs de vulnérabilité à la prise de drogues addictives et les modifications cellulaires pouvant expliquer leurs effets à long terme, en associant des études comportementales à des études biochimiques. Enfin, Florence Noble s’intéresse de près aux nouvelles approches de substitution.

Yves ROSSETTI, 35 ans, est chargé de recherche au CNRS au sein de l’unité INSERM 94 (CNRS-INSERM), à Bron. Son travail est actuellement orienté autour de deux thèmes principaux : les représentations motrices, en particulier l’aspect temporel des traitements sensorimoteurs et les négligences unilatérales (déficits de l’attention, de la perception et de l’action dans la moitié gauche de l’espace, consécutifs à une liaison cérébrale), abordées à la fois d’un point de vue pratique et théorique. Ses recherches ont d’ailleurs des retombées sur ces deux plans, théorique et pratique, puisqu’elles remettent en cause les hypothèses actuelles sur ce syndrome et permettent d’appliquer de nouvelles méthodes thérapeutiques en rééducation fonctionnelle neurologique.

 

DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIÉTÉ

Claude DIDRY, 35 ans, est chargé de recherche au laboratoire "Institutions et dynamiques historiques de l’économie" (CNRS-Université Paris 1-Université Paris 10), à Paris. Son travail part de l’hypothèse que les règles de droit sont des modèles à partir desquels les acteurs évaluent leurs interactions. Il s’agit alors d’étudier le "travail juridique" qu’implique toute vie sociale. Ses recherches portent sur deux terrains : la construction juridique de la convention collective depuis le début du siècle en France et le rôle des comités d’entreprise dans les licenciements collectifs. Elles mettent en évidence la pluralité des logiques d’action qui se font jour dans les règles de droit. Ses travaux ont donné lieu à de nombreuses publications, notamment dans la Revue Française de Sociologie et la revue Raisons Pratiques. Claude Didry a co-dirigé, avec B. Zimmermann et P. Wagner : Le travail et la nation, histoire croisée de la France et de l’Allemagne à l’horizon européen (Editions de la Maison des sciences de l’homme, 1999).

Jean-Luc FOURNET, 34 ans, est chargé de recherche au CNRS et membre du Centre de recherche d’histoire et civilisation de Byzance (CNRS-Collège de France-Université Strasbourg 2), à Paris. Il est spécialiste en papyrologie. Dans sa thèse, intitulée Hellénisme dans l’Egypte du Ve siècle : la bibliothèque et l’œuvre de Dioscore d’Aphrodité (Collection des Mémoires de l’Institut français d’archéologie orientale), il procède à une édition critique et commentée des papyri littéraires grecs ayant appartenu à Dioscore d’Aphrodité (codex homériques, papyri grammaticaux, poèmes de circonstances, pièces progymnasmatiques). Jean-Luc Fournet enrichit son approche par un portrait de Dioscore, élaboré à partir de la composition de sa bibliothèque, de son œuvre et des textes qu’il rédigea en tant que notaire. Ses travaux sont remarquables dans le domaine de la littérature homérique ou du Bas-Empire, mais aussi pour la connaissance de l’histoire de la vie culturelle grecque de l’empire protobyzantin.

Laurent GOSSELIN, 39 ans, est professeur à l’Université de Rouen et membre du laboratoire "Dynamiques sociolangagières" (CNRS-Université de Rouen), à Mont-Saint-Aignan. Ses recherches, centrées sur la syntaxe et la sémantique du français, s’intègrent explicitement au champ des sciences cognitives en particulier par le recours à l’expérimentation informatique. Il a proposé un modèle global du temps et de l’aspect en français, et travaille actuellement sur l’articulation entre temporalité et modalité, domaines connus pour l’extrême polysémie des mots et des tournures qui en expriment les valeurs. Outre de nombreux articles, on retiendra deux ouvrages : Sémantique de la temporalité en français. Un modèle calculatoire et cognitif du temps et de l’aspect (Duculot, 1996, Louvain-la-Neuve) et Temporalité et modalité. De la représentation comme dispositif sémantique (à paraître, Presses universitaires de Rouen).

Catherine HOREL, 33 ans, est chargée de recherche, au Centre d’études germaniques (CNRS-Université Strasbourg 3), à Strasbourg. Elle est spécialiste de l’histoire de l’Europe centrale et notamment de la Hongrie, des XIXe et XXe siècles. Catherine Horel a publié, entre autres, un ouvrage sur l’Histoire de Budapest (Collection Histoire des grandes villes du monde, Fayard, 1999). Ses travaux et ses nombreuses publications portent plus spécifiquement sur l’histoire des juifs de Hongrie au début du XIXe siècle, comme en témoigne sa thèse ainsi que la publication d’un ouvrage, à paraître en anglais, sur la restitution des biens juifs et le renouveau juif en Europe centrale depuis 1989.

Thierry JANIN, 34 ans, est chargé de recherche au CNRS, au laboratoire "Sociétés de la protohistoire et de l’antiquité en France méditerranéenne" (CNRS-ministère de la Culture et de la communication), à Lattes. Protohistorien, il est spécialisé dans l’étude des communautés indigènes du premier Age du fer, en France méridionale, qu’il aborde à travers leurs pratiques funéraires : tombes, bûchers et structures parafunéraires. Il procède à la fouille de nouvelles nécropoles en s’appuyant sur des données archéologiques anciennes et en appliquant les méthodes récentes d’analyse anthropologique des restes humains incinérés. Il dirige depuis 1993 de nouvelles fouilles sur le complexe funéraire du Moulin à Mailhac, en Languedoc. Sa participation active à des fouilles de sauvetage lui a permis de publier, en 1997, la Monographie de la nécropole du Camp d’Alba. Thierry Janin est également associé aux travaux concernant de vastes ensembles funéraires du Midi de la France, et à ceux de la nécropole prédynastique d’Adaïma en Egypte.

Agnès LEJBOWICZ, 57 ans, est agrégée de philosophie et professeur au lycée Pasteur, à Besançon. Elle collabore aux travaux du Centre de philosophie politique contemporaine (CNRS-Centre d’histoire des sciences et des doctrines), à Villejuif. Son ouvrage intitulé Philosophie du droit international. L’impossible capture de l’humanité (PUF, 1999) est le résultat d’une recherche qui se donne pour objet de définir le statut du droit international à l’époque de la mondialisation. Ce livre renouvelle les hypothèses jusqu’ici envisagées et sa démarche se fonde sur une analyse philosophique de la juridicité du droit international, resituée dans une perspective historique des positions philosophiques sur cette question, ainsi que sur les mythes, utopies et fictions dont se nourrit l’imaginaire de la pensée juridico-politique.

Emmanuel NÉGRIER, 40 ans, est chargé de recherche, au Centre comparatif d’études des politiques publiques et des espaces locaux (CNRS-Université Montpellier 1), à Montpellier. Ses premières recherches ont porté sur les politiques publiques de télécommunations en Europe du Sud, plus particulièrement sur leurs spécificités structurelles et sur le mode de régulation des relations entres espaces locaux, nationaux et internationaux de compétence. Elles ont permis d’éclairer les différents niveaux d’action auxquels font face les acteurs impliqués dans l’européanisation des politiques publiques. Emmanuel Négrier a élargi, ensuite, son champ de recherche aux politiques culturelles et à la régionalisation, en devenant un spécialiste de l’analyse des dynamiques politiques multi-niveaux. Il réalise, par ailleurs, dans le cadre de la Revue Pôle Sud, un travail éditorial de toute première importance.

Thierry SANJUAN, 33 ans, est maître de conférences à l’Université de Paris 1 et membre du laboratoire "Espace et culture" (CNRS-Université Paris 4), à Paris. Il est spécialiste de la Chine et de l’Asie orientale. Ses travaux ont permis une analyse géopolitique de la restructuration territoriale du littoral chinois, qui est en cours, en prenant en considération le système politique et productif de la Chine continentale et l’apparition de nouvelles solidarités régionales en Asie orientale. Il anime, également, un projet de recherches sur les lieux de sociabilité dans les grandes métropoles de l’Asie orientale en s’attachant plus particulièrement aux fonctions culturelle, économique et sociale des grands hôtels. Il prépare un ouvrage collectif : Le temps des hôtels, modernisation et villes d’Asie (Collection Géographie et cultures, l’Harmattan) et un ouvrage, intitulé Chine, espace et société (Point-Carré-Géographie, Hachette). Pour son ouvrage, A l’ombre de Hong Kong, le delta de la Rivière des Perles (Collection Géographie et cultures, l’Harmattan, 1997), Thierry Sanjuan a obtenu, en 1998, le prix Claudius Madrolle décerné par la Société de Géographie.

Sabine TRÉBINJAC, 36 ans, est chargée de recherche au Laboratoire d’ethnologie et sociologie comparative (CNRS-Maison René Ginouvès, Université Paris 10), à Nanterre. Elle est à la fois ethnologue, sinologue, musicologue et historienne. Ses travaux de recherche portent sur la Chine ancienne et contemporaine et sur le Turkestan chinois, elle y étudie les relations entre politique d’Etat et musique. Dans sa thèse intitulée Le pouvoir en chantant. L’art de fabriquer une musique chinoise (Tome 1, à paraître dans la collection Mémoires de la société, Société d’ethnologie, Nanterre), elle s’est attachée à montrer ces relations à partir de l’exemple de la musique ouïgoure, qu’elle a retranscrite grâce à ses compétences linguistiques et musicologiques. Elle poursuit, parallèlement, des recherches ethnologiques sur l’identité dans certaines communautés, telles les Lopliks qu’elle a retrouvés dans les méandres de la rivière du Tarim. Sabine Trébinjac a contribué à l’ouvrage collectif dirigé par Marc Abélès, intitulé Anthropologie du politique et publié de nombreux articles dans les revues Archives européennes de sociologie ou Les cahiers de musiques traditionnelles.

Alain VENDITTI, 32 ans, est chargé de recherche au CNRS et membre du Groupement de recherche en économie quantitative (CNRS-EHESS-Université d’Aix-Marseille), à Marseille. Ses recherches portent sur la dynamique macroéconomique et plus particulièrement sur les conditions d’émergence de fluctuations endogènes, déterministes ou stochastiques, dans des économies concurrentielles, avec ou sans externalités. Ses travaux les plus récents concernent l’étude de l’influence des anticipations des agents sur la dynamique des principales variables macroéconomiques. Ses contributions ont donné lieu à de nombreuses publications dans des revues internationales telles que Journal of Economic Theory, Economic Theory, Journal of Economic Dynamics and Control, Journal of Economic Behavior and Organization, Ricerche Economiche ou Journal of Optimization Theory and Applications.