Les Prix de culture scientifique et technique 1997


Créés en 1994, par le Ministère de l'Education nationale, de la recherche et de la technologie, les Prix de culture scientifique et technique valorisent des actions d'information scientifique et technique menées en direction du grand public. Vincent Courtillot, conseiller spécial auprès de Claude Allègre, a remis le 7 octobre 1997 ces prix aux lauréats.


Le Ganil, grand accélérateur d'ions lourds, laboratoire DSM/CEA-IN2P3/CNRS à Caen, reçoit le Prix Laboratoire

Ce prix récompense un laboratoire, universitaire ou dépendant d'un organisme public de recherche, qui a mené des actions afin de faire mieux connaître au grand public la recherche scientifique, ses méthodes et ses résultats, ainsi que ses enjeux.

  • Le GANIL, laboratoire national, grande installation européenne, réunit autour de ses équipements une vaste communauté nationale et internationale dispersée géographiquement. Il a su, depuis 1983, mener à bien une mission de vulgarisation scientifique en rendant accessibles des domaines de connaissances ardus. Il faut remarquer l'utilisation systématique d'actions à l'occasion de grandes opérations, Science en fête, Centenaire de la radioactivité, ceci conjointement avec une mobilisation de l'ensemble du personnel.

    Toutes ces actions sont de plus parfaitement insérées dans le monde de l'éducation et des collectivités locales.

    Ce premier prix est doté d'une somme de 50 000 F.

  • Le centre d'écologie et de physiologie énergétiques du CNRS de Strasbourg s'est engagé dans une politique active de diffusion pour faire connaître au public l'émergence d'une nouvelle discipline qui, grâce aux développements de la micro-électronique et de l'informatique, permet de mieux étudier la biologie d'animaux sauvages. Ces animaux que l'on peut suivre avec des appareils d'observation et de transmission sophistiqués servent d'auxiliaires pour une meilleure connaissance des milieux naturels.

    Le CEPE, un des leaders de cette nouvelle discipline, a tenu à faire savoir que des chercheurs français sont les tout premiers de cette aventure scientifique. Une politique de communication systématique et une mobilisation de tout le laboratoire ont porté leurs fruits : relations avec la presse, émissions de télévision, réalisation d'un film "Manchot sous haute surveillance", interventions scolaires, ...

    Ces actions ont reçu le deuxième prix, doté d'une somme de 25 000 F.


Le Prix Auteur est décerné à Henri Jean Schubnel, professeur au Museum national d'histoire naturelle

Ce prix récompense un acteur de la recherche : chercheur, enseignant-chercheur, ingénieur, technicien ou administratif, qui a réalisé une ou plusieurs actions de vulgarisation.

  • Henri Jean Schubnel est professeur au Museum d'histoire naturelle et Conservateur de la Galerie de minéralogie et du trésor du Museum. Depuis près de 33 ans cet enseignant-chercheur, spécialiste des minéraux et des pierres précieuses, produit de remarquables Ïuvres de vulgarisation à destination du public. C'est autour de vingt grandes expositions successives, organisées au Museum depuis 1975, qu'il a construit son travail. Chaque thème d'exposition lui a donné l'occasion d'utiliser diverses formes d'expression écrite ou muséologique pour mieux faire comprendre au grand public son domaine de recherche, la minéralogie. Il faut citer les expositions Trésors du museum 1993-94, Minéraux de france 1995 et l'Imaginaire des pierres précieuses 1996.

    Sa compétence en muséologie est largement reconnue à l'étranger: organisation d'expositions aux iles Philippines, traduction de catalogues en italien, japonais, anglais, allemand, suédois.

    Ce premier prix est doté d'une somme de 20 000 F.

  • Max Thibault est directeur de recherche à l'INRA et travaille depuis une dizaine d'années sur "l'écohistoire du saumon atlantique en Bretagne", c'est-à-dire l'histoire de l'environnement des petits fleuves côtiers bretons en se servant du saumon atlantique comme guide. C'est en effet dans ces fleuves que viennent se reproduire la majorité des saumons sauvages qui subsistent en France. Utilisant de façon systématique l'interdisciplinarité entre biologie, écologie et étude des archives, son équipe a démontré que ces fleuves, et en particulier le Scorff, disposaient d'une population naturelle de saumons plus élevée qu'on ne le croyait.

    Les questions relatives au saumon revêtent en Bretagne un caractère d'actualité important. Conscient de cette particularité, M. Thibault s'est jeté avec passion dans la vulgarisation de ses recherches pour corriger les idées erronées et concerner les collectivités locales pour améliorer la gestion piscicole de ces fleuves. Il a notamment aménagé un site d'observation scientifique, la station de piégeage du moulin des Princes à Pont-Scorff, lieu permanent de vulgarisation et d'animation scientifique et technique. Il n'a négligé aucune forme d'information, expositions, plaquettes, festivals, participation à la Science en fête de 1993 à 1996.

    Ce deuxième prix est doté d'une somme de 15 000 F.


Le Prix Création est décerné au "Ticket d'Archimède", au "Musée du sable" et à l'opération "De la mine au métal"

Deux prix consacrent les meilleures créations -dont une exposition-, produites par une association qui, n'appartenant pas au monde de la recherche, a néanmoins le souci de développer la culture scientifique de nos concitoyens.

  • L'exposition "Le ticket d'Archimède"
    Le Centre de vulgarisation de la connaissance (universités Paris XI et Paris VI), avec le partenariat de la RATP, a réalisé, pendant plusieurs années, des campagnes d'affiches de vulgarisation scientifique dans le métro parisien. Les deux premiers thèmes ont été la couleur et l'eau. Chaque campagne conduit à l'affichage de 1200 panneaux pour un public potentiel de 3 millions de voyageurs par jour. Le graphisme des panneaux est attirant, les textes volontairement courts. Le but est d'exciter la curiosité du passant face à des phénomènes banals, d'amener des réponses simples à des questions paraissant insolubles (l'eau qui gèle, les bouteilles qui éclatent, É) et faire ressentir au passant le plaisir de comprendre.

    Ce premier prix est doté d'une somme de 20 000 F.

  • Le club "Musée du sable"
    Depuis 1993 des enseignants du collège Jean Monnet (Château d'Olonne), font tourner ce club qui compte aujourd'hui 5300 échantillons de sable en provenance du monde entier. Le conseil scientifique du musée du sable est parrainé par Pierre Gilles de Gennes et des industriels et des scientifiques y collaborent. Chaque année environ 80 élèves participent à ce club; ils y font l'étude scientifique des sables reçus (granulométrie, minéralogie, É). L'université de Nantes met à disposition du club un microscope à balayage pour les études plus fines. Ce sont les élèves qui prennent en charge toutes les activités du musée qui, depuis juin 1997, s'est transformé en association et touche ainsi un plus large public.

  • L'opération "De la mine au métal"
    La société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Lure (SHAARL), association de bénévoles, est à l'origine du renouveau de l'archéologie industrielle en Franche-Comté. A partir de deux axes de recherches fondamentaux (le métal et le passage du minerai au métal), plusieurs ateliers ont été installés en direction du public et en particulier des scolaires, lors des journées de "La science en fête" en 1996. A travers une opération originale, marquée par le spectacle renouvelé de la fabrication de la matière en fusion à partir de plusieurs bas fourneaux protohistoriques et médiévaux installés en centre ville, les archéologues miniers ont proposé une rétrospective de plusieurs siècles d'histoire et de savoir faire autour du métal.

    Ces deux prix ex æquo sont dotés d'une somme de 10 000 F chacun.


Philippe de la Cotardière, lauréat du Prix de l'information scientifique

Ce prix, décerné conjointement par l'Académie des sciences et le Ministère de l'Education nationale, de la recherche et de la technologie, récompense le journaliste ou l'éditeur qui a porté à la connaissance du grand public des découvertes scientifiques récentes. Il est doté d'une somme de 20 000 F.

Depuis plus de vingt ans Philippe de la Cotardière poursuit une carrière d'écrivain et de journaliste scientifique dans les domaines de l'astronomie et de l'astronautique (Le Figaro, Ca m'intéresse, Sciences et Avenir, Ciel et Espace). Il a publié une quinzaine d'ouvrages de vulgarisation dont en 1997 "Le guide du ciel" (Bordas) et "Les comètes et les astéroïdes" (Le Seuil). Il a présidé de 1987 à 1993 la Société astronomique de France et a fondé et présidé jusqu'en 1985 l'association astronomique de l'Ain.


Contact : Ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie
Direction de la recherche, sous-direction des musées et de la culture scientifique et technique
Mireille Gery
Téléphone : +33 1 46 34 36 21


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