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Communiqué de presse Le rôle de la chèvre domestique dans la diffusion de l'agriculture au Néolithique | |||
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Paris, le 11 juin 2001 |
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Les
animaux domestiques ont joué un rôle clé dans l'histoire
humaine. Cependant, les origines de la plupart de ces animaux restent
peu ou mal connues. En étudiant l'ADN mitochondrial*
de plusieurs centaines de chèvres provenant de 44 pays de l'Ancien
monde, des chercheurs du CNRS et de l'Université Grenoble 1 ont
montré que les chèvres domestiques ont trois origines maternelles
différentes et qu'elles auraient pu jouer un rôle particulier,
différent de celui des autres animaux domestiques, durant la diffusion
de l'agriculture au cours du Néolithique. Ces résultats
ont été publiés dans le numéro du 8 Mai 2001
de la revue PNAS.
Les chèvres domestiques représentent la principale ressource économique dans un grand nombre de pays en développement. Elles pourraient avoir joué un rôle central au Néolithique lors de la diffusion de l'agriculture. En effet, les chèvres semblent plus aptes à suivre les déplacements humains que les autres animaux domestiques et sont beaucoup moins exigeantes pour leur alimentation. Les chercheurs du Laboratoire de biologie des populations d'altitude (CNRS - Université Grenoble 1 - Grenoble) ont donc voulu rechercher les origines de la chèvre domestique et essayer de retrouver son rôle lors de la diffusion de l'agriculture en étudiant sa génétique. Ils ont ainsi collecté plus de 400 échantillons de tissus appartenant à 88 races de chèvres réparties sur l'ensemble du Vieux monde (44 pays), du Portugal à la Chine, de la Norvège à l'Afrique du Sud. Pour chacun de ces individus, ils ont séquencé 481 paires de bases de l'ADN mitochondrial. Cet ADN, présent dans les mitochondries de toutes les cellules, n'est transmis que par les femelles. Il permet d'établir des phylogénies et donc de retracer l'histoire évolutive de ces chèvres. Ce type de marqueur moléculaire a été très largement utilisé chez l'homme pour comprendre l'histoire des populations. Le premier résultat marquant est la présence de trois lignées mitochondriales distinctes. Cela prouve que les chèvres domestiques actuelles descendent d'au moins trois lignées femelles ancestrales. La lignée la mieux représentée correspond probablement à la domestication initiale dans le croissant fertile (Proche et Moyen-Orient), il y a environ 10.000 ans. Les deux autres lignées montrent un polymorphisme moins élevé et seraient donc d'origine plus récente (6.000 ans et 2.000 ans). Elles pourraient correspondre soit à des domestications indépendantes, soit à des échanges génétiques avec des populations sauvages. Les données disponibles chez les autres animaux domestiques (vache, mouton, porc, cheval) tendent également à montrer des origines maternelles multiples. Le deuxième résultat marquant est la quasi-absence de structuration géographique au niveau intercontinental. Cela signifie qu'en ce qui concerne l'ADN mitochondrial, les chèvres européennes ne sont pas différentes des chèvres asiatiques, ni des chèvres africaines. Ce résultat est surprenant, car les vaches et les moutons montrent une nette structuration au niveau intercontinental. De ce fait, les chercheurs grenoblois pensent que la chèvre n'a pas joué le même rôle que les autres animaux domestiques lors de la diffusion de l'agriculture. La faible structuration géographique chez la chèvre serait due au fait qu'elle aurait beaucoup plus accompagné l'homme dans ses déplacements, contrairement aux autres animaux domestiques.
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les mitochondries sont les "centrales" d'énergie de la
cellule Contacts
chercheurs : Tél : 04 76 63 56 07 - Mél : gordon.luikart@ujf-grenoble.fr
Tél : 04 76 51 42 78 - Mél : Pierre.Taberlet@ujf-grenoble.fr Contact presse
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Sciences de la vie :
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