Communiqué de presse

Louis Néel, prix Nobel de physique, s'est éteint le 17 novembre dernier

Paris, le 20 novembre 2000

 
Le décès de Louis Néel, à l'âge de 96 ans, est survenu le 17 novembre dernier, après une vie entièrement consacrée à la physique et en particulier au magnétisme. Membre de l'Académie des Sciences en 1953, il reçoit la médaille d'Or du CNRS en 1965 et le prix Nobel de physique en 1970. Fondateur et directeur du Laboratoire d'électrostatique et de physique du métal du CNRS à Grenoble, le monde de la recherche lui doit le développement d'un véritable pôle scientifique dans cette région.


Entré à 20 ans à l'Ecole Normale Supérieure, Louis Néel prépare sa thèse de Doctorat à Strasbourg, sous la direction d'un grand spécialiste de l'école française de magnétisme, Pierre Weiss. Dans sa thèse présentée en 1932, il propose une nouvelle compréhension des propriétés magnétiques de certains corps. En 1939, détaché auprès de la Marine Nationale pour étudier la question des mines magnétiques, son travail sur la démagnétisation des navires aura permis d'épargner de nombreuses vies humaines.

La période de l'occupation l'amène à poursuivre ses travaux à l'Institut Fourier de Grenoble. Avec ses collaborateurs, il constitue un groupe de recherche qui, à la Libération, devient le premier laboratoire du CNRS en région, le Laboratoire d'électrostatique et de physique du métal du CNRS. Cette entité donnera naissance à d'autres structures du CNRS dont le laboratoire de magnétisme, actuel laboratoire Louis Néel. Il étendra les recherches sur le magnétisme à d'autres domaines de la physique du solide, les basses températures, ainsi qu'à d'autres disciplines connexes touchant à la physique du globe, puis au nucléaire.

Dans les années 50, la diffraction magnétique des neutrons apporte la preuve de la validité de ses théories sur l'antiferromagnétisme et le ferrimagnétisme. Il fonde et dirige le Centre d'Études Nucléaires de Grenoble (CEN-G), marqué par la mise en route en 1958 de Mélusine, le premier réacteur à neutrons. Le succès des techniques neutroniques permet à Louis Néel de proposer et d'obtenir la réalisation d'un réacteur franco-allemand à haut flux (ILL) à Grenoble. Plus tard, il trouvera encore les arguments pour qu'un outil européen, complémentaire à l'ILL, soit construit sur le même site : le synchrotron (ESRF).

Titulaire de la chaire de Physique à l'Université de Grenoble, Président de l'Institut Polytechnique de Grenoble, Louis Néel obtiendra la création dans cette ville, comme à Nancy et à Toulouse, d'un Institut National Polytechnique.

Tout au long de sa vie, Louis Néel aura été un chercheur attiré par les applications et les technologies et aura été l'initiateur de fortes collaborations avec des industries comme Merlin-Gerin. Il aura largement contribué à bâtir le pôle scientifique grenoblois d'aujourd'hui, un pôle leader, tant au niveau national qu'international, dans des domaines importants de la physique, de l'électronique ou encore de l'informatique. Son prix Nobel de Physique en 1970 est la reconnaissance de la communauté scientifique pour son œuvre dont des retombées directes sont aujourd'hui présentes dans l'enregistrement magnétique et le téléphone portable. Son travail à l'Académie, le rôle de conseiller scientifique auprès des dirigeants politiques français, mais aussi l'actualisation permanente de ses connaissances scientifiques, auront ensuite occupé son quotidien de retraité actif.




Contacts CNRS :

Frédérique Laubenheimer
Département "Sciences physiques et mathématiques"
Tél : 01 44 96 42 63
Mél : frederique.laubenheimer@cnrs-dir.fr

Laboratoire Louis Néel (LLN)
Claudine LACROIX, directeur du laboratoire
Tél. : 04 76 88 10 98
Mél : lacroix@polycnrs-gre.fr

Contact presse :
Stéphanie Bia

T él : 01 44 96 43 09
Mél : stephanie.bia@cnrs-dir.fr