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De léthylène
a été découvert dans latmosphère de
la planète Neptune. Cette découverte a été
faite par une équipe dastronomes du Département de
recherche spatiale (DESPA) de lObservatoire de Paris, de lESA,
de la NASA et de lUniversité dAnn Arbor (USA) qui ont
utilisé pour leurs observations le satellite ISO. Un des chercheurs
ayant participé à cette observation, Thérèse
Encrenaz, va recevoir la médaille dargent du CNRS le 28 octobre
à lObservatoire de Paris. Cette distinction lui est remise
pour ses nombreuses contributions à létude des atmosphères
planétaires qui fait de ce chercheur de très grande renommée
internationale, une des principales figures de la planétologie
française.
De léthylène dans latmosphère de Neptune
La molécule déthylène (C2H4) vient dêtre
détectée pour la première fois sur Neptune. Cette
détection a été réalisée par une équipe
dastronomes du Département de Recherche Spatiale de lObservatoire
de Paris (unité associée au CNRS), de lESA, de la
NASA et de lUniversité dAnn Arbor (USA). Pour faire
cette observation le 8 mai 1997, ils ont utilisé le photomètre
ISOPHOT embarqué à bord du satellite ISO (Infrared Space
Observatory de lESA), instrument qui inclut le spectromètre
PHT-S. La découverte de cette molécule sajoute à
la liste de molécules hydrocarbonées détectées
par le satellite ISO dans les atmosphères de certaines planètes
géantes (C3H4, C4H2, CH3 sur Saturne, CH3 sur Neptune).
Les molécules hydrocarbonées, détectées dans
les atmosphères des planètes géantes, ont permis
délaborer des modèles datmosphères planétaires
basés sur des réactions photochimiques à partir du
méthane (CH4). Ceux-ci conduisent à la formation de nombreuses
molécules hydrocarbonées dans les atmosphères des
planètes géantes (dont lacétylène C2H2
et léthane C2H6, déjà identifié auparavant),
avec, notamment, lexistence prévisible de léthylène
au sein de latmosphère de Neptune. Mais cette molécule
navait pu être détectée que sur Jupiter, dans
certaines régions aurorales. Lobservation de léthylène
sur Neptune, avec une valeur denviron 1,7 1014 molécules
cm-2, saccorde parfaitement avec les données obtenues à
partir des modèles. Cette molécule serait formée
dans la stratosphère de Neptune à des pressions comprises
entre 3 et 0,3 µbars et nécessiterait des transports très
rapides entre les différentes couche de cette zone atmosphérique.
B. Schulz, Th. Encrenaz, B . Bézard, P.N. Romani, E. Lellouch
and S.K. Atreya, à paraître dans Astronomy and Astrophysics,
October (I), 1999.
Thérèse Encrenaz,
médaille dargent du CNRS
Thérèse Encrenaz, née en 1946, a fait lEcole
Normale Supérieure de Fontenay. Après une licence de mathématique,
un DEA dastronomie, un séjour dun an au Goddard Institute
for Space Studies, elle a passé sa thèse de 3ème
cycle en 1969 et est rentrée au CNRS en 1970. Elle est maintenant
directeur de recherche au CNRS et directrice du Département de
recherche spatiale de lObservatoire de Paris. Sa démarche
scientifique sest appuyée sur les trois volets : expérience,
observation, modélisation.
Une bonne partie de sa carrière est consacrée à la
spectroscopie infrarouge des planètes géantes, et avec lapparition
de nouvelles fenêtres dobservation, elle y a inclus le millimétrique
et le submillimétrique. Son objectif est la mesure de la composition
chimique et des rapports dabondance dans les planètes géantes
pour obtenir des contraintes sur les modèles de formation et dévolution
des planètes géantes. Avec le développement des techniques
observationnelles (Voyager, Galiléo), ce champ sest élargi
avec létude des variations spatio-temporelles planétaires,
pour une étude de la circulation à grande échelle
dans les atmosphères planétaires.
Elle sest également
intéressée aux comètes, dans la perspective dune
meilleure compréhension des mécanismes de formation des
divers objets du système solaire. Dans cette optique, elle a coordonné
les observations infrarouges sol des équipes européennes
dans le cadre de Halley Watch et a participé, à la conception
du spectromètre IKS embarqué à bord de la sonde Véga,
au dépouillement et aux interprétations des données
issus de cet instrument.
Elle sest impliquée dans les études de Mars avec pour
objectif létude de lévolution des constituants
atmosphériques martiens et la minéralogie martienne, et
dans les études de Vénus pour obtenir une cartographie des
éléments mineurs de latmosphère vénusienne
(CO, H2O).
Elle a en outre été co-investigateur dans un certain nombre
dexpériences embarquées à bord des sondes Véga,
Phobos, Galileo (dont elle est un des rares scientifiques français
à avoir été sélectionné par la NASA),
Rosetta, Mars-express.
En outre Thérèse Encrenaz exerce ou a exercé de nombreuses
responsabilités dans des instances nationales ou internationales.
Elle a notamment été " Mission scientist " à
lESA pour la mission ISO, ce qui la amenée à
définir les grandes lignes du programme central " Système
solaire " de la mission ISO.
Sa démarche scientifique la conduite à obtenir de
nombreux résultats marquants en collaboration avec dautres
chercheurs. On peut citer à ce titre : détection de NO sur
Mars (IRAM), radiodétection de HDO sur Vénus et sur Mars
(IRAM), détermination du rapport D/H sur les quatre planètes
géantes (ISO), découverte de vapeur deau dans la haute
atmosphère des planètes géantes (ISO), détection
de CO et HCN sur Neptune et non-détection sur Uranus ce qui pose
le problème de lorigine de ces constituants et des processus
de formation des planètes géantes (IRAM), découverte
de SO2 sur Io (IRAM), identification de nouvelles molécules-mères
(C02, H2CO, OCS) sur Halley (Véga), détection dhydrocarbure
à 3 µm sur Halley (ESO),
Auteur de plus de 130 publications dans des revues à comités
de lecteurs, ayant encadré plusieurs jeunes chercheurs, elle a
également publié des livres de vulgarisation sur la planétologie.
Son dernier livre " Atmosphères planétaires, origine
et évolution " aux éditions CNRS Editions/Belin va
très prochainement être disponible.
Contact chercheur
:
Thérèse Encrenaz
Observatoire de Paris
Tél : 01 45 07 76 91
Mél : Therese.Encrenaz@obspm.fr
Contact presse
:
Philippe Chauvin
CNRS/Institut national des sciences de l'Univers
Tél : 01 44 96 43 36
Mél : Philippe.Chauvin@cnrs-dir.fr
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