Communiqué de presse

Ethylène dans l'atmosphère de Neptune et médaille d'argent du CNRS

Paris, le 10 octobrel 1999

 

De l’éthylène a été découvert dans l’atmosphère de la planète Neptune. Cette découverte a été faite par une équipe d’astronomes du Département de recherche spatiale (DESPA) de l’Observatoire de Paris, de l’ESA, de la NASA et de l’Université d’Ann Arbor (USA) qui ont utilisé pour leurs observations le satellite ISO. Un des chercheurs ayant participé à cette observation, Thérèse Encrenaz, va recevoir la médaille d’argent du CNRS le 28 octobre à l’Observatoire de Paris. Cette distinction lui est remise pour ses nombreuses contributions à l’étude des atmosphères planétaires qui fait de ce chercheur de très grande renommée internationale, une des principales figures de la planétologie française.


De l’éthylène dans l’atmosphère de Neptune

La molécule d’éthylène (C2H4) vient d’être détectée pour la première fois sur Neptune. Cette détection a été réalisée par une équipe d’astronomes du Département de Recherche Spatiale de l’Observatoire de Paris (unité associée au CNRS), de l’ESA, de la NASA et de l’Université d’Ann Arbor (USA). Pour faire cette observation le 8 mai 1997, ils ont utilisé le photomètre ISOPHOT embarqué à bord du satellite ISO (Infrared Space Observatory de l’ESA), instrument qui inclut le spectromètre PHT-S. La découverte de cette molécule s’ajoute à la liste de molécules hydrocarbonées détectées par le satellite ISO dans les atmosphères de certaines planètes géantes (C3H4, C4H2, CH3 sur Saturne, CH3 sur Neptune).

Les molécules hydrocarbonées, détectées dans les atmosphères des planètes géantes, ont permis d’élaborer des modèles d’atmosphères planétaires basés sur des réactions photochimiques à partir du méthane (CH4). Ceux-ci conduisent à la formation de nombreuses molécules hydrocarbonées dans les atmosphères des planètes géantes (dont l’acétylène C2H2 et l’éthane C2H6, déjà identifié auparavant), avec, notamment, l’existence prévisible de l’éthylène au sein de l’atmosphère de Neptune. Mais cette molécule n’avait pu être détectée que sur Jupiter, dans certaines régions aurorales. L’observation de l’éthylène sur Neptune, avec une valeur d’environ 1,7 1014 molécules cm-2, s’accorde parfaitement avec les données obtenues à partir des modèles. Cette molécule serait formée dans la stratosphère de Neptune à des pressions comprises entre 3 et 0,3 µbars et nécessiterait des transports très rapides entre les différentes couche de cette zone atmosphérique.
B. Schulz, Th. Encrenaz, B . Bézard, P.N. Romani, E. Lellouch and S.K. Atreya, à paraître dans Astronomy and Astrophysics, October (I), 1999.

Thérèse Encrenaz, médaille d’argent du CNRS
Thérèse Encrenaz, née en 1946, a fait l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay. Après une licence de mathématique, un DEA d’astronomie, un séjour d’un an au Goddard Institute for Space Studies, elle a passé sa thèse de 3ème cycle en 1969 et est rentrée au CNRS en 1970. Elle est maintenant directeur de recherche au CNRS et directrice du Département de recherche spatiale de l’Observatoire de Paris. Sa démarche scientifique s’est appuyée sur les trois volets : expérience, observation, modélisation.

Une bonne partie de sa carrière est consacrée à la spectroscopie infrarouge des planètes géantes, et avec l’apparition de nouvelles fenêtres d’observation, elle y a inclus le millimétrique et le submillimétrique. Son objectif est la mesure de la composition chimique et des rapports d’abondance dans les planètes géantes pour obtenir des contraintes sur les modèles de formation et d’évolution des planètes géantes. Avec le développement des techniques observationnelles (Voyager, Galiléo), ce champ s’est élargi avec l’étude des variations spatio-temporelles planétaires, pour une étude de la circulation à grande échelle dans les atmosphères planétaires.


Elle s’est également intéressée aux comètes, dans la perspective d’une meilleure compréhension des mécanismes de formation des divers objets du système solaire. Dans cette optique, elle a coordonné les observations infrarouges sol des équipes européennes dans le cadre de Halley Watch et a participé, à la conception du spectromètre IKS embarqué à bord de la sonde Véga, au dépouillement et aux interprétations des données issus de cet instrument.

Elle s’est impliquée dans les études de Mars avec pour objectif l’étude de l’évolution des constituants atmosphériques martiens et la minéralogie martienne, et dans les études de Vénus pour obtenir une cartographie des éléments mineurs de l’atmosphère vénusienne (CO, H2O).

Elle a en outre été co-investigateur dans un certain nombre d’expériences embarquées à bord des sondes Véga, Phobos, Galileo (dont elle est un des rares scientifiques français à avoir été sélectionné par la NASA), Rosetta, Mars-express.

En outre Thérèse Encrenaz exerce ou a exercé de nombreuses responsabilités dans des instances nationales ou internationales. Elle a notamment été " Mission scientist " à l’ESA pour la mission ISO, ce qui l’a amenée à définir les grandes lignes du programme central " Système solaire " de la mission ISO.

Sa démarche scientifique l’a conduite à obtenir de nombreux résultats marquants en collaboration avec d’autres chercheurs. On peut citer à ce titre : détection de NO sur Mars (IRAM), radiodétection de HDO sur Vénus et sur Mars (IRAM), détermination du rapport D/H sur les quatre planètes géantes (ISO), découverte de vapeur d’eau dans la haute atmosphère des planètes géantes (ISO), détection de CO et HCN sur Neptune et non-détection sur Uranus ce qui pose le problème de l’origine de ces constituants et des processus de formation des planètes géantes (IRAM), découverte de SO2 sur Io (IRAM), identification de nouvelles molécules-mères (C02, H2CO, OCS) sur Halley (Véga), détection d’hydrocarbure à 3 µm sur Halley (ESO),…
Auteur de plus de 130 publications dans des revues à comités de lecteurs, ayant encadré plusieurs jeunes chercheurs, elle a également publié des livres de vulgarisation sur la planétologie. Son dernier livre " Atmosphères planétaires, origine et évolution " aux éditions CNRS Editions/Belin va très prochainement être disponible.


Contact chercheur :
Thérèse Encrenaz
Observatoire de Paris
Tél : 01 45 07 76 91
Mél : Therese.Encrenaz@obspm.fr

Contact presse :
Philippe Chauvin
CNRS/Institut national des sciences de l'Univers
Tél : 01 44 96 43 36
Mél : Philippe.Chauvin@cnrs-dir.fr

 

 

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