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Communiqué de presse La protéine prion jouerait un rôle dans la régulation des fonctions neuronales | |||
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Paris, le 14 septembre 2000 |
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Les
prions, agents infectieux responsables des Encéphalopathies Subaiguës
Spongiformes Transmissibles (ESST - maladie de Creutzfeldt-Jakob chez
l'homme, maladie de la vache folle, tremblante du mouton
), correspondent
à la forme pathologique d'une protéine prion normale dont
le rôle physiologique reste mystérieux. Les résultats
obtenus par trois équipes françaises* travaillant
en collaboration, publiés dans la revue Science le 15 septembre
2000, montrent que la protéine prion normale interviendrait dans
une des voies de signalisation participant à la régulation
des fonctions neuronales. Cette découverte devrait permettre de
comprendre ce qui déclenche son activité et, à terme,
comment sa forme anormale perturbe les processus cellulaires pour engendrer
une ESST.
Les processus de signalisation cellulaire, ou transduction du signal, se produisent lorsque des signaux biochimiques circulent d'une cellule à une autre, ou de la surface de la cellule à l'intérieur de celle-ci. Par leur action sur l'expression des gènes, ils interviennent dans le contrôle de la différenciation des tissus, la régulation des fonctions cellulaires, la mort cellulaire, ou les processus pathologiques. L'identification des réseaux de signalisation peut ouvrir la voie à des stratégies de prévention thérapeutiques basées sur le blocage de la transmission du signal. Pour élucider le rôle du prion dans la signalisation, Odile Kellermann et Sophie Mouillet-Richard, premier auteur de ces travaux, ont utilisé une cellule souche neuronale capable de se différencier en neurones complètement fonctionnels. Ces cellules correspondent à deux types de neurones qui fabriquent et répondent à la sérotonine ou à la noradrénaline. Cette lignée cellulaire produit en continu la forme normale du prion. Le signal intracellulaire activé par la protéine prion n'est observé que dans les cellules possédant un phénotype neuronal complet, vraisemblablement parce que l'interaction entre les différents partenaires dépend de la différenciation cellulaire. La mise en évidence, grâce à cette cellule souche neuronale, du rôle de la protéine prion non pathogène dans la signalisation cellulaire ouvre une piste pour comprendre comment l'infection par les prions interfère avec les fonctions neuronales. Ces avancées pourraient, à terme, déboucher sur d'éventuels traitements des ESST. *Odile
Kellermann, Sophie Mouillet-Richard, Myriam Ermonval, Claire Chebassier,
UPR 1983 CNRS, Génétique moléculaire et intégration
des fonctions cellulaires, Villejuif ; leurs travaux ont été
réalisés dans le cadre de l'URA 1960 CNRS-Institut Pasteur,
Bases génétique et moléculaires des interactions
de la cellule eucaryote ; Ces travaux ont bénéficié d'un financement du programme de recherche sur les ESST et les prions du Ministère chargé de la recherche. Sophie Mouillet-Richard, Ingénieur du Génie Rural et des Eaux et Forêts a été détachée du Ministère de l'agriculture et de la pêche. Science, 15 septembre 2000 : " Signal transduction through prion protein ", S. Mouillet-Richard, M. Ermonval, C. Chebassier, J.L. Laplanche, S. Lehmann, J.M. Launay, O. Kellermann. Contact
chercheur : Contact département
des sciences de la vie : Contact presse
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