Communiqué de presse

Rencontre franco-canadienne
Electronique et photonique moléculaires:
A la recherche d'un nouveau paradigme pour le XXIème siècle

Paris, le 22 septembre 2000

 
Le Conseil National de Recherches du Canada (CNRC) et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ont organisé une rencontre bi-latérale franco-canadienne sur le thème : Electronique et photonique moléculaires: à la recherche d'un nouveau paradigme pour le XXIème siècle. Elle s'est tenue les 18 et 19 septembre à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan. Consacrée à un domaine de recherche qui se situe à l'avant-garde des nouvelles technologies de l'information et de la communication, cette rencontre à caractère prospectif et stratégique a été ouverte par Mme Geneviève Berger, directrice générale du CNRS et le Dr Arthur Carty, président du CNRC. Elle a rassemblé des décideurs institutionnels et industriels parmi lesquels le Dr Claudine Simpson, vice-présidente de la société Nortel Networks, ainsi que des scientifiques de haut niveau.


Les pays engagés dans la compétition pour la maîtrise des nouvelles technologies de l'information et de la communication sont confrontés aux limites des technologies à base de Silicium, clé de voûte de la microélectronique et de ses applications à l'informatique et aux télécommunications. L'extrapolation de ces technologies vers de plus petites dimensions, tout en exigeant des investissements colossaux pour des avancées devenues marginales, aura atteint, d'ici une dizaine d'années, les limites de la gravure par microlithographie optique, seule technique actuellement viable en production industrielle. Il importe d'anticiper cette rupture à échéance programmée en explorant de nouvelles voies qui prendront le relais des technologies actuelles.

Avec le soutien du CNRC et du CNRS, les communautés scientifiques canadienne et française ont commencé, depuis une dizaine d'années, à explorer les voies alternatives de l'électronique et de la photonique moléculaires fondées sur les micro et les nanotechnologies moléculaires. Ces nouvelles technologies, aux applications très prometteuses, font appel aux compétences conjointes de physiciens, de chimistes et de technologues. A l'heure de la montée en puissance des réseaux optiques multicolores à hauts débits, la perspective de composants innovants et à bas coût de production fondés sur les polymères et les molécules organiques suscite un grand intérêt de la part des industriels, alors qu'aucune option technologique ne paraît actuellement en mesure de s'imposer à elle seule devant l'ampleur des défis à résoudre.

Les thèmes de la rencontre franco-canadienne les plus porteurs de renouvellements technologiques dans ces domaines concernent plus particulièrement :

  • une nouvelle famille de composants photoniques à base de polymères électro-optiques pour la modulation ou la commutation de signaux lumineux. Ces nouvelles familles de polymères à très haute valeur ajoutée permettent de réaliser ces fonctions-clé pour les télécommunications optiques à des cadences record pouvant dépasser la centaine de Gigabits par seconde. Cette thématique correspond à une très forte demande de l'industrie des télécommunications à l'heure où la montée en débit des services de type internet amène à se tourner vers l'optique tout en se heurtant à des limites dans le cadre des technologies existantes à base d'oxydes ferroélectriques (le Niobate de Lithium) ou de semiconducteurs III-V.

  • les polymères de type électroluminescents qui constituent une nouvelle famille de matériaux pour les technologies d'écran plat. Ils présentent des atouts majeurs par rapport aux solutions actuelles telles que les écrans cathodiques et plasma, les diodes électroluminescentes à base de semi-conducteurs ou les afficheurs à cristaux liquides. Parmi ces atouts figurent une luminosité accrue, la très grande richesse du spectre des couleurs émises associée à la diversité des structures moléculaires, la perspective de production d'écrans souples en très larges surfaces par des techniques de type jet d'encre ou impression sur rotatives tirant parti de la souplesse structurale des polymères. Il s'agit là aussi d'un enjeu industriel considérable qui soulève des problèmes de recherche aussi bien fondamentale qu'appliquée et ouvre la voie à des perspectives d'usages très innovants : tissus et vêtements "reconfigurables", papier intelligent et communicant pour livre électronique souple, prochaine génération de cartes à puce. Des amorces de commercialisation commencent à voir le jour.

Dans le domaine de la bio-électronique, le mariage de la microélectronique et de la biochimie s'ouvre à de nouveaux concepts et de nouvelles réalisations tels que les puces à ADN pour le séquençage ou les premiers dispositifs bio-mimétiques.

Toutes ces avancées d'ingénierie moléculaire associent physiciens, chimistes et ingénieurs depuis le stade de la molécule jusqu'au composant fonctionnel intégrant la demande des systèmes. Elles sont maintenant relayées par une "technologie organique" en voie de maturation rapide et qui commence à faire ses preuves dans des domaines où la demande industrielle vise à satisfaire des besoins urgents et stratégiques. Cette crédibilité technologique et scientifique est à la base de la stratégie actuelle qui permet d'envisager l'émergence d'un nouveau paradigme organique en électronique et en photonique.

Du côté français, la rencontre a été organisée par le Laboratoire de photonique quantique et moléculaire (LPQM), unité mixte de recherche récemment créée à l'ENS de Cachan à l'initiative conjointe du CNRS, de France Telecom et du Ministère en charge de la recherche.

Le rôle moteur de la société canadienne de télécommunications Nortel Networks dans l'organisation de cette rencontre, et celui du Nortel Institute of Telecommunications (NIT) de l'Université de Toronto, lui-même fortement engagé dans la recherche en technologies moléculaires pour les télécommunications, témoignent de l'actualité industrielle de la rencontre, de même que la participation active des sociétés Thomson, Alcatel, Motorola et Corning.

Afin de tirer parti rapidement des compétences et des complémentarités des équipes françaises et canadiennes dans le domaine de l'électronique et de la photonique moléculaires, il a été décidé de lancer un appel à propositions destinées à identifier et à financer des programmes de recherche conjoints pluriannuels. Les scientifiques vont mettre en oeuvre conjointement des actions structurées interdisciplinaires, en partenariat avec des industriels, afin de mettre en application les nouvelles micro- et nanotechnologies organiques dans des secteurs stratégiques tels que les outils de télécommunication appliqués à l'internet, les écrans, les capteurs et les actuateurs.

Un second atelier franco-canadien se tiendra au Canada en octobre 2001 sur le même thème pour faire le point des travaux menés conjointement et orienter au mieux la coopération.


Contact chercheur :
Joseph Zyss -
Tél : 01 47 40 55 63/65
Mél : zyss@lpqm.ens-cachan.fr
Directeur du Laboratoire de photonique quantique et moléculaire (CNRS - France Telecom R&D - ENS Cachan)

Contact presse :
Martine Hasler
Tél : 01 44 96 46 35
Mél : martine.hasler@cnrs-dir.fr

Contact direction des relations internationales :
Claude-Isabelle Chauvel
Tél : 01 44 96 46 89
Mél : isabelle.chauvel@cnrs-dir.fr

Contact département sciences physiques et mathématiques :
Frédérique Laubenheimer
Tél : 01 44 96 42 63
Mél : frederique.laubenheimer@cnrs-dir.fr