Communiqué de presse

Saturne au cœur d'un essaim de satellites

Paris, le 24 octobre 2000

 
Saturne vient de reprendre la tête du classement des planètes ayant le plus de satellites connus, suite à la découverte d'au moins 4 nouvelles lunes. Elles ont été observées par une équipe internationale d'astronomes1 incluant des chercheurs de l'Observatoire de la Côte d'Azur (Département Cassini, UMR CNRS). Pour ce faire, ils ont utilisé le télescope de 3,6 m Canada-France-Hawaii (CNRS-CNRC-Université d'Hawaii) et le télescope de 2,2 m de l'European Southern Observatory. Le calcul de leurs orbites indique qu'il s'agit presque certainement de nouveaux satellites de la planète géante. Cette découverte sera annoncée le 26 octobre, au congrès de la Division pour les Sciences Planétaires de la Société Américaine d'Astronomie qui se tient à Pasadena en Californie.

Les deux premiers candidats ont été découverts avec le télescope de 2,2 m de l'European Southern Observatory (ESO) au Chili. En analysant les images obtenues le 7 août 2000, Brett Gladman (CNRS) réalisa que les deux objets mobiles de faible luminosité qu'il venait de découvrir dans la lumière diffusée de Saturne pouvaient bien être de nouveaux satellites de cette planète.

Les 23 et 24 septembre, B. Gladman et JJ Kavelaars ont observé Saturne avec le télescope de 3,6 m Canada-France-Hawaii (CNRS-CNRC-Université d'Hawaii). Ils ont retrouvé les deux candidats satellites de Saturne, mais également deux nouveaux satellites.

De nouvelles observations, confirmant les premières, ont été réalisées dans les jours qui suivirent au télescope de 2,4 m MDM en Arizona, au télescope de 1,5 m de l'Observatoire de Steward à Tucson et au New Technology Telescope de l'ESO au Chili.

Le calcul des orbites prouve que ces objets ne peuvent pas être des astéroïdes en avant plan. Il y a également peu de probabilité pour que ce soit des comètes passant près de Saturne. Plusieurs mois d'observations en continu seront nécessaires pour déterminer précisément l'orbite de ces objets. Ceci devrait être accompli avant que la planète ne disparaisse derrière le Soleil en mars 2001.

Ces lunes sont ce que les astronomes appellent des satellites "irréguliers" car ils sont distants de la planète et ont été vraisemblablement capturés après la formation de celle-ci. Par opposition, les satellites "réguliers" des planètes géantes, qui ont généralement des orbites quasi-circulaires, ont très probablement été formés à partir du disque de gaz et de poussière qui entourait chaque planète géante lors de sa formation. Saturne ne possédait jusqu'à présent qu'un seul satellite irrégulier : Phoebe. Jupiter a pour sa part neuf satellites irréguliers, Neptune deux, et Uranus cinq (CNRS-INFO n°378, octobre 1999). Saturne, avec 22 satellites, dépasse maintenant Uranus et ses 21 satellites. Les nouvelles lunes de Saturne ont des diamètres de 10 à 50 km, comparables à la taille des autres satellites irréguliers.

L'équipe a plusieurs autres candidats satellites qui font actuellement l'objet d'observations de suivi pour essayer de confirmer leurs orbites. Il semble qu'il y ait un très riche système de petits satellites distants encerclant Saturne.

Cette recherche est soutenue par le programme "Action Concertée Incitative Jeunes Chercheurs" du Ministère de la Recherche.

Pour en savoir plus et obtenir des images, consulter le serveur :
http://www.obs-azur.fr/saturne

 

1Cette équipe internationale comprend :
- Brett Gladman, Jean-Marc Petit, et Hans Scholl de l'Observatoire de la Côte d'Azur,
- JJ Kavelaars de l'Université McMaster, Canada,
- Matthew Holman et Brian Marsden de Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics,
- Philip Nicholson et Joseph A. Burns de l'Université Cornell.


Contact Chercheur :

  • Brett Gladman.
    Observatoire de la Côte d'Azur.
    Tél. : 04 92 00 31 91
    Courrier électronique : gladman@obs-nice.fr (absent jusqu'au 2 novembre)
  • Jean-Marc Petit.
    Observatoire de la Côte d'Azur.
    Tél. : 04 92 00 30 89
    Courrier électronique : petit@obs-nice.fr

    Contact presse :
    Philippe Chauvin.
    Institut National des Sciences de l'Univers.
    Tél. : 01 44 96 43 36 ;
    courrier électronique : Philippe.Chauvin@obspm.fr

     

     
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