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Communiqué commun
CNRS - IFRTP
Comprimée par le
souffle du vent solaire, la magnétosphère terrestre réagit
sur la convection et l'électrodynamique du plasma à l'intérieur
du système ionosphère-magnétosphère. Comprendre
cette interaction constitue l'objectif du réseau de radars cohérents
SuperDARN (Super Dual Auroral Radar Network). Couvrant une partie des
zones aurorale et polaire dans les deux hémisphères, ce
réseau contribue au développement de nouvelles études
en matière de "météorologie spatiale".
L'objectif plus spécifique du nouveau radar de Kerguelen est l'étude
des conjugaisons magnétiques entre les hémisphères
Nord et Sud. L'INSU (Institut National des Sciences de lUnivers
du CNRS) et L'IFRTP (Institut Français de Recherche et de Technologie
Polaires) notamment, sont fortement impliqués dans ce projet*.
Une des priorités du réseau SuperDARN est de déterminer
la nature et le nombre des cellules de convection, variables avec lorientation
du champ magnétique interplanétaire. Létude
des situations dynamiques, telles que la restructuration de la convection
en réponse aux variations du milieu interplanétaire, constitue
également un objectif majeur.
Pour ce faire, chaque radar est piloté par un ensemble de micro-ordinateurs.
Le système est extrêmement flexible et, virtuellement, tous
les paramètres de fonctionnement du radar peuvent être modifiés
par logiciel. Le radar peut être contrôlé et programmé
sur le site ou à distance par une simple ligne téléphonique
et un modem.
Dans l'hémisphère Nord, le réseau SuperDARN est constitué
d'une chaîne longitudinale de 8 radars, s'étendant de l'Alaska
à la Finlande et groupés par paires couvrant un même
champ de vue pour la mesure de la vitesse vectorielle.
Dans l'hémisphère Sud où 4 radars du réseau
SuperDARN sont déjà en fonctionnement, la mise en uvre
du radar de Kerguelen, couplé avec un radar japonais situé
sur la base antarctique de Syowa, joue un rôle spécifique.
Rappelons que pour le fonctionnement de ce duo, l'installation du radar
de Kerguelen, réalisée par l'IFRTP dans de rudes conditions
climatiques, est déterminante. Ainsi opérationnelle, cette
combinaison radar** , en liaison avec le réseau SuperDARN de l'hémisphère
Nord, rend possible létude des conjugaisons magnétiques
entre les hémisphères Nord et Sud, phénomène
complexe dont les mécanismes sont mal élucidés à
ce jour.
En effet, si l'équipotentialité des lignes de force du champ
magnétique terrestre, au moins à grande échelle,
est source de symétrie entre les régions conjuguées,
les causes d'asymétrie entre les hémisphères ne sont
pas rares. Celle-ci est due en premier lieu, à l'inclinaison de
l'axe de rotation de la Terre sur le plan de l'écliptique, induisant
un effet saisonnier, à laquelle sajoute l'inclinaison de
l'axe du dipôle géomagnétique par rapport à
l'axe géographique, induisant un effet diurne. La composante azimutale
du champ magnétique interplanétaire, en introduisant un
déplacement des vortex de convection en sens inverse dans les deux
hémisphères, constitue aussi une source dasymétrie.
Enfin, l'effet saisonnier dû aux différences de conductivité
entre les ionosphères polaires d'hiver et d'été se
traduit par une forte inégalité entre les aptitudes des
hémisphères nord et sud à fermer les courants magnétosphériques,
conduisant également à une dissymétrie des champs
électriques et de la convection du plasma.
La programmation des mesures de lensemble du réseau SuperDARN
est établie sous responsabilité française. En permettant
un diagnostic pointu de létat de la magnétosphère,
SuperDARN sera dun grand support pour lexpérience CLUSTER-2,
dans la mesure où ces satellites effectueront des mesures détaillées
dans la magnétosphère lointaine sur les mêmes lignes
du champ magnétique terrestre.
* Le projet Kerguelen initié par la France associe plusieurs partenaires
européens : France, Italie, Suède, Finlande. Côté
français, le Laboratoire de Physique et Chimie de l'Environnement
(LPCE) et le CETP (Centre d'Etude des Environnements Terrestre et Planétaires)
sont associés à ce projet. Le financement de la construction
du radar est assuré par l'INSU. L'IFRTP est responsable de la réalisation
des infrastructures ainsi que de la logistique d'installation, d'opération
et de maintenance sur le site de Kerguelen.
** Dans ce processus,
la paire Kerguelen-Syowa est magnétiquement conjuguée à
celle des radars scandinaves à diffusion incohérente EISCAT
(European Incoherent Scatter) et ESR (Eiscat Svalbard Radar).
Contact scientifique
CNRS :
Jean-Claude Cerisier
CETP (Centre d'étude des environnements terrestre et planétaires)
4, avenue de Neptune
94107 Saint-Maur Cedex
Tél : 01 45 11 42 44
Fax : 01 48 89 44 33
Mél : jean-claude.cerisier@cetp.ipsl.fr
Contact presse
CNRS :
Stéphanie Bia
Tél : 01 44 96 43 09
Fax : 01 44 96 49 93
Mél : stéphanie.bia@cnrs-dir.fr
Contact scientifique
IFRTP :
Gérard Jugie
Tél : 02 98 05 65 02
Fax : 02 98 05 65 10
Mél : gerard.jugie@ifrtp.ifremer.fr
Contact CNRS-INSU
:
Philippe Chauvin
Tél : 01 44 96 43 36
Mél : philippe.chauvin@cnrs-dir.fr
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