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Communiqué de
presse commun CEA/CNRS
Dans le cadre de l'expérience
européenne ANTARES, une ligne de détection de particules
élémentaires reliée à la côte par un
câble électro-optique de 37 km, vient d'être déployée
au large de Marseille, à une profondeur de 1 100 m. Le déploiement
de cette ligne, réalisé dans la nuit du 25 au 26 novembre,
représente une étape importante dans la construction d'un
grand télescope à neutrinos qui permettra d'ouvrir une nouvelle
fenêtre d'observation de l'Univers et de tester les modèles
physiques dans des domaines dénergie encore inaccessibles
aux accélérateurs terrestres.
L'expérience ANTARES regroupe, en France, des chercheurs du CEA
(DSM/DAPNIA), du CNRS (IN2P3 et INSU), des universités de la Méditerranée
(Marseille), de Haute-Alsace (Mulhouse) et Louis Pasteur (Strasbourg)
ainsi que des experts du milieu et des techniques liées à
la mer de l'Ifremer . Des équipes espagnoles, britanniques, néerlandaises
et russes participent également à la collaboration.
Les neutrinos sont des particules élémentaires qui constituent
pour l'astrophysique un moyen privilégié de sonder l'Univers
plus loin et plus profondément, de manière complémentaire
au rayonnement électromagnétique. Les neutrinos cosmiques
pourraient également constituer, au moins en partie, la masse cachée
de l'Univers.
Cependant, les neutrinos étant indétectables directement,
leur observation ne peut se faire qu'après une interaction avec
la matière. Dans l'expérience ANTARES, des détecteurs,
placés au fond de la mer et orientés vers le sol, observent
les interactions des neutrinos qui ont traversé la Terre et interagi
avec elle. Ces interactions produisent des muons qui émettent dans
l'eau de mer des sillages de lumière. La mesure, dans le temps,
de ces sillages permet, entre autres, de reconstituer la direction des
neutrinos. La mer permet également de protéger les détecteurs
du rayonnement cosmique.
Au terme d'un programme de R&D de trois ans, qui a permis de valider
la construction d'un grand télescope à neutrinos sous-marin,
le déploiement réalisé aujourd'hui d'une ligne de
350 mètres de hauteur supportant 32 sphères en verre, dont
huit équipées de photomultiplicateurs, est une étape
importante de validation de la technologie marine employée, du
système de contrôle et des programmes de traitement informatique.
Ce programme a impliqué aussi l'étude des propriétés
du milieu marin à grande profondeur, réalisée lors
de campagnes utilisant des bateaux du CNRS. Des tests de connexions sous-marines
ont été effectuées par le Nautile, submersible de
l'Ifremer. Après une analyse approfondie des qualités optiques
de l'eau -bruit de fond lumineux, sédimentation et bio-salissures
des surfaces optiques, transparence de l'eau de mer- le site du détecteur
ANTARES a été choisi au large de la Seyne sur Mer, à
une profondeur de 2 400 m. Le Centre de physique des particules de Marseille,
un des initiateurs du projet, sert d'appui local à la collaboration.
Le programme dANTARES prévoit la réalisation d'un
détecteur de 0,1 km2, prélude à un futur télescope
de 1 km2 qui sera constitué d'une matrice tridimensionnelle couvrant
un volume effectif de 1 km3. Un tel ensemble devrait être capable
de révéler, par an, entre 100 et 2000 événements
d'interaction de neutrinos cosmiques avec la matière, de découvrir
les principales sources de neutrinos de haute énergie et d'ouvrir
ainsi l'ère de l'astronomie neutrino.
CEA
Corinne Borel
Tél : 01 40 56 18 35
CNRS/IN2P3
Geneviève Edelheit
Tél : 01 44 96 47 60
Magali Damoiseaux
Tél : 04 91 82 72 28
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