Communiqué de presse

Le ver à soie, premier lépidoptère transgénique

Paris, le 4 janvier 2000

 
Communiqué de presse commun CNRS-INRA

Deux équipes du CNRS et de l'INRA de Lyon, dans le cadre d'une coopération internationale avec des collègues japonais et américains, viennent de mettre au point une méthode de transgenèse (construction, par greffe de gènes, de nouvelles lignées d'animaux ou de plantes) extrêmement efficace chez le Bombyx du murier. Ce résultat est l'aboutissement de plus de 12 ans de recherche. Le ver à soie devient donc le premier lépidoptère chez lequel on peut greffer des gènes étrangers dans son patrimoine génétique. La méthode utilise un élément mobile (" piggyBac ") pour transférer le gène étranger dans les chromosomes et peut être appliquée en routine. Ces travaux sont publiés dans l’édition de janvier 2000 de Nature Biotechnology.

La transformation stable de la lignée germinale du ver à soie ouvre la voie à de prometteuses applications en recherche fondamentale et en biotechnologies. La transgenèse du ver à soie sera extrêmement utile à la poursuite des investigations fondamentales menées sur cet animal depuis des décennies et à l’amélioration des races séricicoles. De plus, la production massive des protéines de la soie par la glande séricigène des chenilles du Bombyx pourra être exploitée pour synthétiser des protéines d’intérêt diagnostic ou thérapeutique que l’on pourra récolter dans la soie du cocon d’animaux transgéniques. L’industrie textile pourra également bénéficier de cette innovation, par la fabrication de nouvelles fibres par des chenilles transformées avec des gènes codant diverses protéines fibreuses .

Le ver à soie est un insecte domestiqué, totalement inféodé à l’homme. La question sensible de la dissémination dans le milieu naturel des gènes véhiculés par les OGM (organismes génétiquement modifiés ) ne se pose donc pas a priori pour cette espèce.

La transgenèse est une méthode puissante pour explorer le vivant et comprendre le rôle des gènes dans la formation et le fonctionnement d’un organisme. C’est aussi un moyen de conférer des traits génétiques bénéfiques à des animaux ou des plantes susceptibles d’applications biotechnologiques. Chez les animaux, la transgenèse reste une méthodologie délicate qui se limite encore à quelques modèles de laboratoires : la souris et le rat, le ver rond (ou nématode) et la mouche du fruit (ou drosophile). On la réalise aussi chez quelques gros mammifères domestiques (vache, mouton, chèvre....) pour des applications pharmaceutiques.

Contacts chercheurs :
Gérard Chavancy
Unité Nationale Séricicole, INRA
25 Quai Jean-Jacques Rousseau - 69 150 - La Mulatière
Tél : 04 78 50 41 98 - Fax : 04 78 86 09 57 - Mél : chavancy@univ-lyon1.fr

Pierrre Couble
Centre de Génétique Moléculaire et Cellulaire – Unité mixte de recherche CNRS - Université Claude Bernard.
43 Boulevard du 11 Novembre 1918 - 69622 - Villeurbanne cedex
Tél : 04 72 43 13 26 - Fax : 04 72 44 05 55 - Mél : couble@univ-lyon1.fr

Contacts presse :
Marie-Thérèse Dentzer, INRA, service de presse – Tél : 01.42.75.91.67
Martine Hasler, CNRS, relations avec les médias – Tél : 01 44 96 46 35

 

 

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