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Communiqué de presse Le diabète
de type 2, une maladie inflammatoire | ||||||||||||
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Paris, le 2 mars 2000 |
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La découverte d’un nouveau gène et d’un nouveau mécanisme d’action par une équipe franco-suisse relance les perspectives de lutte contre le diabète dit de type 2. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le diabète est la première épidémie non infectieuse qui touche l’humanité. Cette dramatique évolution qui survient dans des populations génétiquement prédisposées au diabète et à l’obésité est liée à la mondialisation du mode de vie occidental. Le diabète est une maladie familiale dont la survenue dépend de facteurs héréditaires et environnementaux étroitement intriqués. Les résultats sont publiés dans la revue Nature Genetics (2 mars 2000). Lorigine du diabète de type 2 est complexe. Jusquà présent on avait identifié deux causes principales : laltération de la sécrétion dinsuline en réponse au glucose, et linsensibilité des organes à linsuline produite par le pancréas. Les équipes du Pr Gérard Waeber du CHUV de Lausanne et du Pr Philippe Froguel de lUPRESA CNRS-Institut de biologie de Lille, Institut Pasteur de Lille et Université Lille 2 ? ont récemment identifié un nouveau gène du diabète, appelé IB-1 (Islet-Brain 1). Et, au-delà, les chercheurs ont découvert un nouveau mécanisme menant au diabète de type 2, linflammation des cellules pancréatiques sécrétrices dinsuline entraînant la mort programmée de ces cellules (un phénomène appelé apoptose). Daprès les observations, la cellule qui produit de linsuline ne se comporte pas normalement en présence dun gène IB-1 muté. Elle devient plus vulnérable à un stress et meurt plus facilement quune cellule non mutée. Cette sensibilité augmentée au stress induit un excès dapoptose, cest-à-dire une durée de vie réduite des cellules qui produisent de linsuline. De plus, cette mutation est responsable dune diminution de synthèse de linsuline. La mutation IB-1 pourrait donc mener au diabète de deux manières. Dabord, en contribuant aux troubles de la production dinsuline qui surviennent très tôt dans lhistoire du diabète de type 2. Puis en participant à la destruction progressive des cellules insulino-sécrétrices, un phénomène bien établi chez lanimal diabétique et qui, chez lhomme, conduirait à linsensibilité progressive aux médicaments antidiabétiques (sauf linsuline) rencontrée chez la plupart des diabétiques. Même si les mutations dIB-1 sont rares, ce gène dont lexpression semble bloquée par lhyperglycémie chronique du diabète, pourrait donc jouer un grand rôle dans le diabète de type 2. Ces résultats représentent laboutissement de trois années de travaux menés grâce à une approche " génomique " associant génétique humaine et génomique fonctionnelle. Gérard Waeber et ses collaborateurs ont initialement travaillé sur des lignées cellulaires produisant de linsuline et ont identifié un gène, totalement inconnu jusqualors, impliqué dans le contrôle de la fonction de la cellule pancréatique. Sur cette base, le gène murin puis humain fut identifié et appelé " Islet-Brain 1 " car son expression maximale fut démontrée dans le cerveau et le pancréas. La localisation dIB-1 sur le chromosome 11 humain a permis son étude chez lhomme diabétique par léquipe de Philippe Froguel, et à la découverte dune mutation du gène IB-1 chez tous les patients diabétiques dune famille française disposant dun grand arbre généalogique. Les approches utilisées par le groupe franco-suisse sont originales pour plusieurs raisons. Dun côté, lidentification dun gène candidat à la survenue dun diabète humain sest faite pour la première fois par une approche expérimentale utilisant des lignées cellulaires et des modèles animaux. De lautre, ces données permettent de proposer la protéine IB-1 comme cible potentielle dun traitement radicalement nouveau du diabète. En effet, la démonstration quune mutation dun gène protecteur de la mort cellulaire puisse conduire au diabète modifie nos conceptions des causes du diabète de type 2. Il est possible que des médicaments bloquant le processus inflammatoire conduisant au " suicide " des cellules pancréatiques puissent arrêter lévolution défavorable de cette maladie. Enfin, le succès de ces travaux confirme lefficacité et la compétitivité internationale des réseaux européens de recherche médicale, quand les scientifiques sont capables de mettre en commun des compétences complémentaires pour assurer le succès du projet. Dailleurs, un programme européen sur la génétique du diabète, appelé GIFT (Genomics Integrated Force on Type 2 diabetes), associant 12 équipes de 6 pays dont lUniversité de Lausanne et lInstitut de biologie de Lille, vient de débuter, dont lobjectif est de trouver de nouveaux traitements du diabète grâce aux approches génomiques intégrées. Références : The gene MAPK8IP1, encoding islet-brain-1, is a candidate for type 2 diabetes, G. Waeber, J. Delplanque, C. Bonny, V. Mooser, M. Steinmann, C. Widmann, A. Maillard, J. Miklossy, C. Dina, El Habib Hani, P. Nicod, P. Boutin, P. Froguel. Nature Genetics, 4 mars 2000.
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