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Communiqué
de presse commun CNRS-MNHN
En 1906, les paléontologues
découvraient au Niger les premiers restes de dinosaures sauropodes
africains. Aujourdhui, lAméricain Paul Sereno de luniversité
de Chicago, le Nigérien Bourahima Moussa du CNRS, le Français
Didier Dutheil du Muséum National dHistoire Naturelle et
une vaste équipe internationale présentent une espèce
nouvelle de dinosaures, datant de 135 millions dannées environ,
dont les premiers restes complets à 95% ont été mis
au jour dans le Nord du pays : le sauropode végétarien Jobaria
tiguidensis. Dautres restes dune nouvelle espèce
de sauropode, appelée Nigersaurus taqueti et datée
de 110 millions dannées, ont été découverts
dans la région. Létude est publiée cette semaine
dans lhebdomadaire spécialisé Science (12 novembre
1999).
Au Crétacé inférieur, il y a 135 millions dannées,
vivaient dans les plaines marécageuses des environs dIn Gall,
dans le nord du Niger, des troupeaux de dinosaures végétariens.
Ces animaux appelés Jobaria tiguidensis étaient malgré
leurs 17 mètres de long, des êtres extrêmement graciles
et indolents dont le cou flexible et les dents en forme de spatules permettaient
de pincer les petites branches des arbres avec une grande facilité.
Des restes dun animal, complets à 95%, ont été
découverts en 1996 et récemment analysés par une
dizaine de spécialistes américains, français et nigériens.
Selon les auteurs, " les proportions du corps de Jobaria sont
analogues à celles dun éléphant dont les os
supportent très bien que lanimal se dresse sur les pattes
arrières pour se nourrir ou lors des ébats amoureux
". Mais leur seule taille ne suffisait pas à impressionner
ladversaire. Ces dinosaures de la famille des sauropodes représentaient
des proies particulièrement faciles pour les théropodes
carnivores. Des traces de dents sur les os de quelques jeunes dinosaures
témoignent des attaques passées dAfrovenator abakensis.
Outre des dents spatulées très spécialisées,
ces sauropodes avaient une allure extrêmement primitive avec notamment
un museau court, un cou composé dune petite douzaine de vertèbres
et des épines neurales simples. La colonne vertébrale et
la queue de lanimal étaient comparables à celles de
Camarasaurus, un sauropode américain du Jurassique supérieur
assez connu des chercheurs. Les paléontologues pensaient jusque-là
que la lignée de sauropodes à dents spatulées avait
disparue à la fin du Jurassique, plus de 20 millions dannées
plus tôt. La découverte de Jobaria tiguidensis, du
nom de la falaise de Tiguidi sous laquelle lanimal a été
trouvé, prouve le contraire. La lignée archaïque à
laquelle appartenait lanimal aurait divergé quelques 30 à
40 millions dannées plus tôt, au Jurassique moyen,
et naurait pratiquement pas évolué depuis.
Des restes dune autre espèce nouvelle de dinosaure sauropode,
plus petite cette fois, ont été localisés par système
GPS dans la région de Gadoufaoua : ceux de Nigersaurus taqueti
et ses 13 mètres de long. Lanimal possédait en plus
dun museau court et de narines externes non rétractées,
des dents de remplacement très nombreuses, disposées en
files sur plusieurs séries. Le squelette mis au jour dans la région
ressemble pour certains points à Rayososaurus dAmérique
du Sud et Rebbachisaurus du Maroc. Cette découverte est
dédiée, son nom lindique, à Philippe Taquet,
directeur du laboratoire de paléontologie du Muséum National
dHistoire Naturelle et premier découvreur de lanimal
en 1976.
Ces nouveaux dinosaures découverts au Niger dans des niveaux stratigraphiques
différents, fournissent un cadre historique au chapitre peu documenté
des sauropodes africains du Crétacé inférieur. Au
total, au moins trois lignées de sauropodes auraient survécu
à cette époque en Afrique : la lignée primitive de
Jobaria, une lignée de diplodocidé représentée
par Nigersaurus et la lignée de titanosaure basale de Malawisaurus.
Ces trois familles de dinosaures auraient évolué à
des vitesses différentes. Une analyse phylogénétique
de 70 dinosaures non aviens, étalonnée sur une échelle
des temps géologiques, montre que les transformations du squelette
sont souvent épisodiques et non graduelles.
Référence : Paul C. Sereno, A.L. Beck, Bourahima Moussa,
Didier Dutheil, H.C.E. Larsson, G.H. Lyon, R.W. Sadlier, C.A. Sidor, DJ
Varrichio, G.P. Wilson et J.A. Wilson. " Cretaceous sauropods from
the sahara and the uneven rate of skeletal evolution among dinosaurs ",
Science, 12 novembre 1999.
Photos disponibles auprès des chercheurs
Contact chercheur
CNRS :
Bourahima Moussa
Centre des sciences de la Terre - Dijon
Tél : 03 80 39 63 82
Mél : Bourahima.Moussa@u-bourgogne.fr
Contact chercheur MNHN :
Didier Dutheil
Laboratoire de paléontologie - Paris
Tél : 01 40 79 30 48
Mél : dutheil@ephe.mnhn.fr
Contacts presse :
CNRS : Séverine Duparcq
Tél : 01 44 96 46 06
Mél : severine.duparcq@cnrs-dir.fr
MNHN : Amélie Jolivet
Tél : 01 40 79 54 42
Mél : jolivet@mnhn.fr
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