Communiqué de presse

Réduire la teneur en plomb dans l'eau
Le projet conjoint d'un laboratoire du CNRS et d'une PME retenu par les ministères concernés

Paris, le 7 février 2000

 
La législation française limite actuellement la teneur en plomb dans l'eau du robinet à 50 ug/L. Fin 2003, cette limite sera fixée à 25 ug/L et elle atteindra 10 øg/L en 2013. Pour réduire cette teneur en plomb, un appel à propositions a été lancé par le plan Urbanisme construction architecture du ministère de l'Equipement, des transports et du logement et par la Direction de la technologie du ministère de l'Education nationale, de la recherche et de la technologie. Parmi les quatre projets de recherches retenus, un seul met en jeu un partenariat entre un laboratoire de recherche publique et une PME. Il s'agit du projet présenté conjointement par l'Institut de science et de génie des matériaux et procédés (IMP-CNRS, Font-Romeu - Pyrénées Orientales) et la société ETE (Européenne de Traitement des Eaux, Saint Laurent de la Salanque - Pyrénées Orientales), spécialisée dans la potabilisation de l'eau par ultrafiltration et dans le traitement des rejets industriels et agricoles liquides ainsi que des boues d'épuration.

Depuis décembre 1999, les deux partenaires mettent en application une technologie destinée à l'élimination d'ions métalliques dissous dans les liquides, sur laquelle ils travaillent en relation étroite depuis 18 mois. Ces travaux sont réalisés dans le cadre d'un transfert de technologie soutenu par la Région Languedoc Roussillon (Pôle Carnot), la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) et la Direction régionale de la recherche et de la technologie (DRRT).

Les chercheurs de l'IMP-CNRS impliqués dans le projet commun avec ETE ont mis au point un filtre à base de feldspath activé thermiquement, capable de fixer les métaux toxiques (arsenic, cadmium, chrome, nickel, plomb, zinc…) dissous dans des liquides. Son adaptation au métal à fixer permet d'en optimiser le rendement de rétention. Les résultats des travaux permettent de mieux comprendre les interactions de certaines espèces chimiques contenues dans le feldspath (calcium, potassium, sodium) par rapport aux métaux lourds. Ce matériau peut être utilisé sous forme de filtre, soit pour traiter des effluents liquides issus des industries du traitement de surface, de la chimie ou de l'environnement, soit pour compléter un processus de potabilisation d'eau. Ce feldspath est un minerai naturel à faible coût d'exploitation. Il peut être régénéré après saturation dans certaines conditions, ou vitrifié à une température d'environ 1100°C. Le procédé de filtration et la composition du matériau sont protégés par des brevets français et européen. Une campagne d'essais destinée à réduire la teneur en cuivre d'un effluent industriel a déjà été conduite avec succès sur un pilote industriel.

En ce qui concerne l'élimination du plomb dans l'eau, des essais préliminaires au cours desquels la teneur en plomb a été abaissée de 50 øg/L à quelques øg/L, permettent de prévoir que l'on pourra satisfaire la demande d'un foyer français moyen (environ 300 m3) avec 2 charges de 1 kg environ de feldspath activé par an. Le remplacement des cartouches saturées sera effectué par la société ETE, ce qui permettra de régénérer le matériau de façon centralisée et de contrôler la périodicité du remplacement. Des solutions seront proposées pour des applications à des immeubles collectifs ou à des établissements de plus grandes dimensions que l'habitat individuel. Elles consisteront en l'installation soit de batteries de cartouches, soit de cartouches de plus grande capacité basées sur le même principe.

Grâce à la mise au point d'un tel module de traitement du plomb dans l'eau, la société ETE espère renforcer son implantation sur le marché français de l'eau potable au cours des deux prochaines décennies. Cette société travaille également dans les pays en voie de développement (Afrique, ex-URSS, Egypte, Amérique Latine) où le problème de l'eau potable est crucial, en particulier à cause de la présence de métaux lourds.



Contacts :

Contacts presse :
CNRS - Paris :
Martine HASLER - Mél : martine.hasler@cnrs-dir.fr - Tél : 01 44 96 46 35
CNRS - Montpellier :
Alain LESQUER - Mél : lesquer@dr13.cnrs.fr - Tél : 04 67 61 35 10
CNRS - Département des sciences pour l'ingénieur:
Béatrice REVOL - Mél : beatrice.revol@cnrs-dir.fr - Tél : 01 44 96 42 32


Institut de science et de génie des matériaux et procédés - CNRS :
Raymond FLAMAND - Mél : flamand@imp-odeillo.fr
Daniel GAUTHIER - Mél : gauthier@imp-odeillo.fr
Gilles FLAMANT - Mél : flamant@imp-odeillo.fr
IMP - Tél : 04 68 30 77 00 ; télécopie : 04 68 30 29 40

Société ETE :
José MORALES - Mél : info@etefrance.com - Tél : 04 68 28 26 00

 

 

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