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Communiqué de presse Un laboratoire CNRS-Université Paris-Sud, en collaboration avec la société Agfa-Gevaert.N.G., réussit à décupler la sensibilité des émulsions photographiques | |||||||||
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Paris, le 23 décembre 1999 |
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émulsions photographiques sont constituées dun film
de gélatine dans lequel sont incorporés des cristaux de bromure
dargent qui en sont les éléments photosensibles. Les
travaux dune équipe du laboratoire de Physico-Chimie des Rayonnements
(unité mixte de recherche CNRS, Université Paris-Sud
Orsay), en collaboration avec la société AGFA-Gevaert.N.G.,
ont permis de décupler la sensibilité des émulsions
photographiques. Ces travaux viennent dêtre publiés dans
le numéro du 23 décembre 1999 de la revue Nature. Ces
résultats présentent un intérêt exceptionnel
à double titre : sur un plan fondamental, par lobtention de
lefficacité optimale de labsorption lumineuse dans un
matériau photosensible ; sur un plan appliqué, par les conséquences
que cela implique sur la sensibilité des émulsions photographiques.
Cela concerne tous les procédés liés à la photographie
argentique (photographie noir et blanc, photographie couleur, radiographie,
offset, holographie
) et laisse présager un accroissement important
des performances dans ce domaine. Limage latente photographique est formée pendant lexposition, très brève, des cristaux de bromure dargent (AgBr) à la lumière. Pour chaque photon absorbé, une paire initiale électron-trou est formée. Les électrons sont captés par les ions Ag+ qui sont réduits. Selon lintensité lumineuse en chaque point de limage, de zéro à une dizaine datomes dargent sont formés dans chaque cristal. Dans le développement chimique qui suivra, seuls les cristaux contenant un nombre minimum datomes pourront être totalement réduits par le révélateur en particules noires visibles à lil (image négative). Dans les conditions des émulsions modernes, ce nombre critique est de 3 atomes par cristal. Une image correctement exposée comprend donc environ une moitié des cristaux avec plus de trois atomes. Cependant, des processus compétitifs sopposent à ce que chaque photon produise un atome (rendement quantique théorique _théor = 1) (Figure 1). Lun est la recombinaison extrêmement rapide de la paire initiale électron-trou sans effet chimique ultérieur. Lautre est la destruction par le trou, en raison de ses propriétés oxydantes, de latome que lélectron parent avait formé. Malgré les stratégies développées par les photographes pour minimiser ces effets, le rendement effectif dans les émulsions optimisées était jusquici de _eff = 0,20 atome par photon, ce qui représente 80 % de photons absorbés sans effet (15 photons sont nécessaires pour rendre le cristal développable). Jacqueline Belloni, directeur de recherche au CNRS, laboratoire de Physico-Chimie des Rayonnements et des membres de son équipe, Mona Treguer, jeune chercheur et Hynd Remita, chargée de recherche au CNRS, ont proposé à la Société AGFA-Gevaert.N.G.(René de Keyzer) avec laquelle ils collaborent depuis plusieurs années, une approche originale pour augmenter le rendement quantique effectif en inhibant ces processus antagonistes. Elle consiste à doper le cristal de AgBr par du formiate dargent, connu en solution pour capter efficacement les radicaux oxydants et ensuite donner un électron supplémentaire. Les expériences ont confirmé que, dans les émulsions dopées, les trous étaient captés par le formiate avant toute recombinaison, libérant ainsi un électron par photon (Figure 2). Elles ont également montré quun atome dargent supplémentaire était formé pour chaque trou capté (Figure 3). Le rendement est alors de _eff = 2 atomes dargent par photon, soit 10 fois supérieur aux rendements antérieurs. Le mécanisme est tel que le nombre datomes est proportionnel au nombre de photons dans une très large plage dintensité lumineuse, y compris à exposition nulle ou faible, et que le gain en sensibilité ne saccompagne daucun effet de voile. Laccroissement du rendement peut être utilisé soit pour réduire la durée de lexposition (capter un mouvement rapide ou diminuer la dose dirradiation en radiographie), soit, à exposition égale, pour exploiter un flux plus faible de lumière (possibilité de suppression du flash), ou pour augmenter la définition en réduisant la taille des cristaux. Comme cette réduction de taille accroît par ailleurs le contraste, on peut également économiser sur la charge en argent et sur les adjuvants de lémulsion. Ces travaux ont fait lobjet de plusieurs dépôts de brevets.
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