Communiqué de presse

Une nouvelle voie de recherche dans le domaine
des maladies auto-immunes et des rejets de greffes chez l’homme?

Paris, le 23 février 2000

 
Une équipe du CNRS a participé à la détermination de la structure en trois dimensions d’un membre d’une famille de protéines impliquées dans la réponse immunitaire chez l’homme. L’article est publié jeudi dans la revue britannique Nature (24 février 2000). Baptisées RFX et découvertes par Ber Mach et son équipe du Centre médical universitaire de Genève, co-signataires de l’article, ces protéines se lient à une région précise de l’ADN et stimulent l’expression de gènes. Ainsi RFX 5 contrôle l’expression des gènes d’un complexe, appelé complexe majeur d’histocompatibilité de classe 2, qui présente à la surface des cellules des fragments de protéines étrangères, par exemple provenant d’un virus, alors que RFX 1 contrôle en amont l’expression des gènes du récepteur d’une protéine, l’Interleukine 5, qui intervient dans la différenciation des lymphocytes B et donc dans la production d’anticorps.

Le domaine de liaison à l’ADN ( ou DLA) de RFX 1 a d’abord été synthétisé dans l’équipe du CNRS qui a montré que deux DLA (76 acides aminés) de RFX 1 étaient capables de se lier à un site sur l’ADN formé seulement de 16 bases appariées symétriquement. La structure de ce complexe, 2 RFX 1 (DLA) / 1 ADN, a été établie par cristallographie aux rayons X dans le laboratoire de S. Burley à l’université Rockefeller à New-York, autre co-signataire de l’article.

D’après les résultats, et contre toute attente, les molécules qui présentent la structure dite “ hélice-tournant-hélice ” très répandue dans les systèmes de reconnaissance de l’ADN, interagissent avec l’ADN, non par la région en hélice mais par la partie coudée.

Selon Bernard P. Roques, “ on pourrait aujourd’hui imaginer utiliser ces données pour fabriquer un inhibiteur et juguler ainsi l’expression des gènes du Complexe majeur d’histocompatibilité de classe 2 ”. Cette découverte constitue une nouvelle approche possible dans le domaine de maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques ou l’asthme, sans oublier celui des rejets de greffe.

Contact chercheur CNRS :
Bernard Pierre Roques
Département de Pharmacochimie moléculaire et structurale CNRS/INSERM
Faculté de pharmacie, Université Paris V
Tél : 01 43 25 50 45 / 01 53 73 96 88 ou 89
Mél : roques@pharmacie.univ-paris5.fr

Contact département des Sciences chimiques :
Laurence Mordenti
Tél : 01 44 96 41 09
Mél : laurence.mordenti@cnrs-dir.fr

Article et photos disponibles au bureau de presse :
Séverine Duparcq
Tél : 01 44 96 46 06
Mél : severine.duparcq@cnrs-dir.fr

 

 

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