Dossier de presse

INDOEX
Indian Ocean Experiment

Paris, le 1er février1999

 

Dossier de presse accompagnant la conférence de presse du 1er février 1999, CNES/CNRS-INSU

I - INDOEX en bref
Comment les aérosols agissent-ils sur le climat?
1) Le contexte scientifique
2) Calendrier des moyens nationaux mis en œuvre
3) Laboratoires français impliqués

II - L'étude de la dynamique des masses d'air pendant INDOEX
1) Suivre les masses d'air par lâchers de ballons
2) Modéliser la dynamique atmosphérique de grande échelle au-dessus de l'océan Indien
3) Suivre la dynamique atmosphérique par satellites
4) Etude de la circulation tropicale à grande échelle

III - Les aérosols durant INDOEX
1) La distribution tridimensionnelle des aérosols et les interactions aérosols-nuages-rayonnement-photochimie
2) Effets radiatifs des aérosols troposphériques naturels et anthropiques


I - INDOEX en bref

Comment les aérosols agissent-ils sur le climat?

1) Le contexte scientifique

INDOEX (Indian Ocean Experiment) est un projet international regroupant des équipes de recherche américaines, allemandes, indiennes, hollandaises et françaises. Il s'organise autour d'une campagne internationale qui a débuté en janvier 1999 et se déroulera jusqu'en avril dans l'océan Indien. L'objectif principal d'INDOEX est l'étude du transport et de l'évolution des aérosols et des constituants en trace issus du sous-continent indien, de leurs interactions avec les nuages et le rayonnement. Ces motivations se placent dans le cadre général de l'étude du changement climatique lié aux activités humaines, et plus précisément de l'étude des effets directs et indirects des aérosols anthropiques.

L’ensemble du dispositif de la campagne comprend :
- des stations instrumentées au sol (Dharward, région à l'origine des masses d'air pollué, Goa sur la côte, Malé en aval sur l'océan, La Réunion dans les masses d'air de l'hémisphère sud);
- deux navires océanographiques (indien et américain);
- trois avions de recherche (C-130 américain du NCAR, Citation hollandais, Mystère 20 français);
- des satellites (METEOSAT 5, INSAT, TRMM, NOAA, ScarRaB (RESURS)...;
- des lâchers de ballon pressurisés.

Aérosols
Les aérosols sont des particules solides, minérales ou organiques, en suspensions dans l’air, de la taille de quelques microns qui proviennent des sols nus, des volcans, de l’évaporation des embruns, des rejets industriels et anthropiques. Les aérosols interviennent dans les processus climatiques de différentes manières. Particules solides, ils interagissent avec le rayonnement reçu et émis par le soleil et la Terre qu’ils arrêtent, absorbent ou réfléchissent ; dans certaines conditions ils servent de noyaux de condensation pour la formation des gouttes de pluies, enfin à leur surface des réactions chimiques peuvent favoriser la formation ou la destruction de composés qui ont, eux-même, un impact sur le climat (comme certains gaz à effets de serre). Etudier le rôle des aérosols comme facteur du système climatique nécessite donc, à la fois, d’analyser la quantité et la nature des aérosols, l’interaction aérosols-rayonnement, l’interaction aéorosols-nuages. Autant d’éléments que les modèles doivent pouvoir prendre en compte de manière fiable. Les expériences numériques, faites notamment au LMD, ont montré que la réponse de la température à la surface de la Terre, à une augmentation d’aérosols de pollution dans l’hémisphère nord n’était pas uniforme et indiquait une tendance à refroidir cethémisphère. Cependant, la prise en compte des aérosols et de leurs interactions avec le rayonnement et la nébulosité dans les modèles de climat est délicate et demande encore que des études approfondies sur les processus . C’est l’objectif du programme INDOEX.

L’océan Indien
Le choix de l'Inde se justifie car cette partie du monde devient le plus important émetteur d'aérosols de la planète : les projections actuelles indiquent que le niveau d'aérosols soufrés devrait être multiplié par 10 d'ici 2050 dans cette région.
Le choix de la mousson d'hiver se justifie par le fait que le panache d'aérosols est alors transporté par un vent de nord-est au-dessus de la mer d'Arabie : il est transporté vers le sud-ouest, traverse l'équateur et finit par atteindre les latitudes de la zone de convergence intertropicale (ITCZ), où il se mélange avec de l'air plus pur issu en majorité des étendues maritimes de l'hémisphère austral. On peut ainsi comparer, en se déplaçant du nord au sud, des situations analogues simplement différenciées par la présence ou non de pollution. Au cours de son transport vers le sud, le panache rencontre de plus un ensemble de situations très différentes : ciel clair, cumulus d'alizés, stratocumulus, nuages convectifs, jusqu'aux grands systèmes convectifs de La zone de convergence intertropicale . L'action des aérosols sur les nuages peut ainsi être étudiée de façon très complète. La longueur des trajets au-dessus de l'océan permet aussi d'étudier le devenir des aérosols continentaux, leur vieillissement et la transformation de leurs propriétés physiques et radiatives.
L'océan Indien,en hiver, peut être ainsi considéré comme un laboratoire naturel où l'ensemble des processus d’interaction aérosols-rayonnement-nuages peut être analysé en détail.

Interactions rayonnement-nuages
Les études pour une meilleure compréhension des interactions rayonnement-nuages donnent une large place à l’observation satellitaire. La campagne INDOEX sera en effet couverte de façon très efficace par une multitude d'observations spatiales. Sur la proposition de la communauté scientifique française, EUMETSAT a placé Météosat-5 à 65°E, dans l'axe de la mer d'Arabie. Les images Météosat, ainsi disponibles pendant la campagne sur l'ouest de l'océan Indien, permettront de pallier les insuffisances éventuelles du satellite météorologique indien INSAT et apporteront l'énorme avantage du canal sensible à la vapeur d'eau troposhérique. L'analyse des données TOVS, DMSP, TRMM, SCARAB-RESURS, INSAT, Météosat permettra :
- l'étude fine des nuages de basse couche atmosphérique ( couche limite au contact du sol, terre ou océan) et de leurs propriétés radiatives, qui permettra, en outre, d’aborder l'effet indirect des aérosols soufrés ;
- une étude exhaustive de l'ensemble de la circulation de la mousson d'hiver, importante pour la connaissance précise du transport horizontal à grande échelle et du mélange vertical des masses d'air (structure 3D et variabilité de la zone de convergence intertropicale, variabilité rapide de la convection profonde).
Ces études ont commencé sur les données satellitales déjà disponibles, notamment celles d'INSAT et des satellites opérationnels à défilement. Elles sont menées en étroite collaboration avec les équipes de modélisation, qui utilisent, en particulier, le nouveau modèle de circulation générale LMD-Z zoomé sur l'océan Indien. L'interaction modèle-données satellitales-analyses (Florida State University) permettra à la fois de valider le modèle et de le contraindre par les observations des systèmes convectifs de la zone de convergence intertropicale. Une autre validation ou contrainte du modèle sera fournie par les trajectoires des ballons de couche limite lancés depuis Goa avec le concours et le soutien financier du CNES. Enfin, les mesures satellitales seront complétées par les mesures de vapeur d'eau, de rayonnement, de structure nuageuse et de taille des gouttes apportées par les vols du Mystère 20/INSU. L'ensemble de ces actions doit aboutir à une connaissance fine de la dynamique, de la nébulosité et du rayonnement qui sera particulièrement utile à la composante PNCA du projet.

Interactions aérosols-rayonnement
La contribution de la France aux recherches sur les interactions aérosols-rayonnement combine les observations intensives (mi-janvier à mi-mars) s’insère dans l’ensemble du dispositif expérimental INDOEX, en incluant:
- la caractérisation physique et chimique des aérosols continentaux sur le plateau indien,
- l’étude du mélange avec les aérosols marins au niveau de la côte indienne,
- la détermination des propriétés optiques et granulométriques des aérosols,
- l’étude leur répartition 3D à grande échelle avec le lidar LEANDRE à bord d’un Mystère 20 spécialement instrumenté et mis à la disposition par de l’INSU et du CNES par l’IGN,
- le suivi des masses d'air continentales à l'aide du radon-222,
- l’analyse des concentrations en carbone organique et carbone suie sur l'ensemble des sites et plateformes instrumentées.

L’intégration de l’ensemble des mesures effectuées durant la campagne intensive bénéficiera d’une modélisation tridimensionnelle des bilans de masse et de l’impact radiatif des différents types d’aérosols (sulfates, carbonés, marins et désertiques) présents dans la région.

La participation française à INDOEX a été soutenue par le Programme National d’Etude de la Dynamique du Climat (PNEDC). Elle relève maintenant du Programme national d’étude de l’Atmosphère et Océan à Moyenne échelle (PATOM) et du Programme de National de recherche sur la Chimie de l’Atmosphère (PNCA). La campagne 99 est principalement financée, pour ce qui est de la contribution française, par le CNES et L’INSU.
Un projet de Centre de Données Européen (EURINDO) a été présenté à l'Union Européenne dans le cadre du programme ENRICH. Ce centre de données sera le pendant européen des centres de données INDOEX américain et indien en cours de constitution.


2) Calendrier des moyens nationaux mis en œuvre

Instrumentations à bord d’avions et de ballons
- 28 ballons météorologiques dérivants à 925 hPa seront lâchés à Goa entre le 15 janvier et le 19 mars;
- Mystère 20 équipé du lidar LEANDRE, basé aux Maldives, 25 février au 15 mars.
L’arrivée du Mystère 20 est prévue le 25 février par les Emirats Arabes, retour le 15 mars. Le plan de vol prévus pour répondre aux objectifs est le suivant:
- en cas de panache de poussières désertiques 1 vol AR à partir de Seeb (sud est de Dubai) au-dessus de la Mer d’Arabie;
-1 transect Seeb-Bombay puis 1 autre Bombay-Malé ; (nord et ouest des côtes indiennes);
-3 vols AR à partir de Malé vers le sous continent indien;
-3 vols AR à partir de Malé vers le sud et les Seychelles;
-2 vols retour Malé-Bombay-Seeb.
Soit 10 vols (30 heures) + transits AR Paris-Seeb (2x10 heures) : total estimé 50 heures

Observations satellites
- Produits aérosols METEOSAT en temps réel;
- Analyses des observations spatiales METEOSAT, ScaRaB, TOVS, C.

Observations depuis le sol
- Stations de mesures optiques et radiatives aux Maldives ,15 janvier au 25 mars;
- Stations physico-chimie en Inde (Goa et Dharwar), 15 fév au 25 mars.
- Participation aux mesures d’aérosols à l’Observatoire de Kaashidhoo, Maldives, 15 janvier-25 mars;
- Observatoire de la Réunion : sondages lidar, mesures physico-chimiques, janvier-avril;
- Réseau de photomètres (Goa, Dharwar, Maldives, Réunion), mi-décembre à avril.

Navires océanographiques
- Participation aux mesures physico-chimiques sur le navire indien Sagar Kanya (rayonnement, précipitations, vapeur d’eau), 20 janvier-6 mars;

Modélisation
- Modèle LMD-ZT (dynamique de grande échelle, aérosols troposphériques et chimie de soufre);
- Modèle méso-échelle RAMS (micro-physique, aérosols, chimie aqueuse).


3) Laboratoires français impliqués

CNES/Division Ballons,
INSU-CNRS/Division Technique,
Laboratoire de Météorologie Physique, LAMP (CNRS-Université de Clermont-Ferrand)
Laboratoire Inter-universitaire des Systèmes Atmosphériques, LISA (CNRS-Universités Paris7 et Paris 12)
Laboratoire de Météorologie Dynamique, IPSL-LMD (CNRS/Université Pierre et Marie Curie- Université Versailles St Quentin) - Paris/Palaiseau
Laboratoire d’optique atmosphérique, LOA (CNRS/Université de Lille)
Laboratoire de Physique Atmosphérique, (Université de la Réunion)
Laboratoire des Sciences du Climat, IPSL-LSCE (CNRS/Université Pierre et Marie Curie- Université Versailles St Quentin) - Gif-sur-Yvette
Service d’Aéronomie, IPSL-SA (CNRS/Université Pierre et Marie Curie - Université Versailles St Quentin)


II - L'étude de la dynamique des masses d'air pendant INDOEX

,1) Suivre les masses d’air par lâchers de ballons
L'étude des relations aérosols-chimie-rayonnement-climat au-dessus de l'océan Indien durant la mousson de nord-est demande une connaissance précise des processus de transport et de diffusion des masses d'air.
L'objectif de ce volet est d'obtenir des informations directes sur le champ de vent dans les basses couches au-dessus de la mer d'Arabie, et sur les trajectoires des masses d'air polluées issues du sous-continent Indien.
Pendant la phase intensive d'INDOEX, les masses d'air pollué seront suivies par un ensemble de ballons surpressurisés dérivant dans la couche limite. Ces ballons sont munis d'une instrumentation physique légère (pression, température et humidité) et d'un récepteur GPS donnant tous les quarts d'heure une localisation précise . Les données sont transmises via le système ARGOS ; l'énergie à bord est fournie par des piles au lithium.
L'altitude nominale des ballons a été fixée à 900 hPa, qui garantit a priori les meilleures chances d'être dans le panache pollué, situé normalement au-dessus de la couche limite marine. Goa a été sélectionné comme lieu de lâchers car cet endroit est dans l'axe du panache indiqué par les observations satellitales et par les résultats des deux campagnes préliminaires du navire océanographique Sagar Kanya. D'autre part, ce site bénéficie de conditions particulièrement favorables, avec le soutien logistique du National Institute of Oceanography. Les lâchers ont lieu depuis le campus de l'Université, situé au bord de la mer.
28 ballons seront lâchés pendant la campagne INDOEX proprement dite. Ces lâchers se feront en liaison avec le service local de l'India Meteorological Department, pour ce qui est de la situation météorologique à grande échelle. Ils ont lieu au moment de l'établissement de la brise de terre, c'est à dire vers 4 h du matin.

2) Modéliser la dynamique atmosphérique de grande échelle au-dessus de l'océan Indien
La modélisation de grande échelle est un élément capital de l'expérience INDOEX, l'aller et retour données-modèle servant à la fois à l’intégration des diverses données et à la validation du modèle. Contrairement à la mousson indienne d'été, intensivement étudiée entre autres au LMD depuis des années, la mousson d'hiver ou de nord-est au-dessus de l'Océan Indien n'a pas jusqu'à présent fait l'objet d'études particulières. INDOEX est l'occasion de développer ce type d'études. Les principaux objectifs sont les suivants :
- Compréhension de la dynamique de la zone de convergence intertropicale (variabilité, organisation des tourbillons, mélange des masses d'air) ;
- Préparation de la modélisation du couplage entre la dynamique et la chimie grâce à une simulation réaliste de l'écoulement.

3) Suivre la dynamique atmosphérique par satellites
Outre son intérêt pour l'étude des aérosols et du transport d'espèces chimiques, la région de l'océan Indien représente un site exceptionnel pour l'étude de la convection des systèmes nuageux et de leur interaction avec la vapeur d'eau. Ces études sont cruciales pour les transports de polluants mais également pour la compréhension des processus qui régissent la variabilité et la sensibilité du climat.
Sur proposition des chercheurs français, EUMETSAT a accepté de déplacer METEOSAT-5 au-dessus de la mer d'Arabie (à 65deg.E) au printemps 1998. Ce sera la première fois que des données de satellite géostationnaire opérationnels (radiances visible, infrarouge, humidité dans les hautes couches atmosphériques, vents, nuages et vapeur d'eau, couverture nuageuse, SST etc.) sur cette zone seront accessibles intégralement aux scientifiques. En effet, pour des raisons politiques, les données du satellite géostationnaire indien INSAT n'ont jamais été distribuées, à l'exception de quelques mois de données dans le cadre de la préparation du projet INDOEX.

Etude thermodynamique et radiative des nuages bas
Du fait de leur grande étendue spatiale, de leur persistance et de leur fort pouvoir réfléchissant (albedo), les nuages de couche limite marine (stratus, stratocumulus, cumulus d'alizés) ont un rôle climatique considérable. Régionalement, ils influencent fortement les échanges de chaleur entre l'océan et l'atmosphère et ont, par conséquent, un fort impact sur la température de surface de la mer. L'incapacité de la plupart des modèles de circulation générale actuels à simuler correctement ces nuages s'avère être un obstacle majeur pour la réalisation de simulations couplées océan-atmosphère. Les nuages de couche limite contribuent également à l'albedo planétaire et donc à l'équilibre global radiatif de la planète. Notre connaissance du rôle climatique de ces nuages présente encore de nombreuses zones d'ombre. Tout d'abord, la description de la distribution spatiale de ces nuages est incomplète, notamment au-dessus de l'océan Indien. Ensuite, les conditions thermodynamiques et dynamiques de grande échelle favorables à la formation de ces nuages sont encore mal connues, particulièrement au-dessus des océans tropicaux. Il en résulte que le rôle des nuages bas dans la variabilité naturelle du climat et dans un éventuel changement climatique à long terme est très délicat à prévoir. Enfin, les nuages bas sont supposés être particulièrement sensibles à la pollution d'origine anthropique, mais cette sensibilité n'a pas encore été quantifiée à partir d'observations. Les objectifs dans le cadre d’INDOEX sont donc:

- La détermination des régions de l’océan Indien couvertes de nuages bas à partir des données visibles et infrarouge des satellites géostationnaires.
- L' étude des conditions thermodynamiques (température, humidité) et dynamiques associées à la formation des nuages bas par comparaison des données recueillies par satellites, ballons et avions.
- L'étude de l'effet indirect des aérosols sur les propriétés rétroactives des nuages bas

Une étude préliminaire a montré que les nuages bas sont systématiquement plus brillants dans l'hémisphere Nord (très pollué) que dans l'hémisphère Sud (relativement pur). Afin de pouvoir conclure éventuellement à la mise en évidence observationnelle à grande échelle de l'effet indirect des aérosols, il faut s’assurer que cet effet n'est pas dû à des différences de contenu en eau liquide des nuages, ni a l'effet radiatif des aérosols entre les nuages ou au-dessus. Dans le cadre du projet INDOEX, la trace de l'effet indirect des aérosols sur les nuages de couche limite au-dessus de l'océan Indien sera étudiée en comparant la réflectivité des nuages bas dans les régions relativement pures et peu chargées en aérosols (essentiellement au-dessus de l'océan austral) et dans les régions fortement polluées, (essentiellement au Nord de la zone de convergence intertropicale, où l'air provient du continent sud-est asiatique). Ce travail repose sur la détection par satellites des régions couvertes de nuages bas (Géostationnaire), et sur l'utilisation de données de bilan radiatif au sommet de l'atmosphère fournies par l’instrument SCARBAB.

Analyse des fluctuations rapides de la convection
La mousson s'accompagne d'une convection importante, qui présente une forte variabilité à courte échelle de temps (de l'ordre de la journée). Ces variations conditionnent, dans une large mesure, la distribution des variables climatiques tropicales, telles que les précipitations, les flux d'humidité et d'énergie, les vents. Un des atouts d'INDOEX, par la complémentarité des mesures disponibles, sera d'offrir la possibilité d'étudier l'environnement des systèmes convectifs grâce à l’utilisation en parallèle des données satellitales et des simulations réalisées avec le modèle LMDZ "zoomé" sur l'équateur à la longitude de la Mer d'Arabie.

Analyse de la structure tridimensionnelle de la zone de convergence intertropicale
Les données des satellites géostationnaires permettent d'analyser la structure générale et la position de la zone de convergence intertropicale. Associées à des mesures d'autres satellites (TRMM/TOVS/METEOSAT), elles permettront des analyses plus fines sur la structure tridimentionnelle des sytèmes convectifs et de leur environnement, et sur leur évolution.

Etude de la variabilité diurne, interdiurne et intra-saisonnière de la convection atmosphérique profonde
La convection profonde constitue un mécanisme fondamental d'interaction entre l'atmosphère et l'océan : les conditions thermodynamiques et dynamiques à la surface de l'océan déterminent l'activation de la convection, et sont modifiées en retour par la convection, au travers notamment de processus radiatifs liés à la nébulosité, et par l'intermédiaire de courants subsidents intenses (pilotés par l'évaporation des précipitations) qui modifient les flux de surface et tendent a inhiber la convection. L'analyse de la variabilité et de l'organisation de la convection profonde est une voie vers la compréhension de ces mécanismes.

La connaissance de la variabilité rapide de la convection au-dessus de l'océan Indien s'est heurtée jusqu'à présent à l'absence de données geostationnaires sur la région. Dans le cadre du projet INDOEX, on dispose de 5 ans de données de radiances visible et infrarouge du satellite INSAT (le géostationnaire Indien) pendant la mousson d'hiver (Janvier-Avril) et des données du satellite METEOSAT-5 en orbite au-dessus de l'océan Indien depuis juin 1998. L’objectif est d'analyser ces données en synergie avec les analyses météorologiques de Krishnamurti pour documenter la variabilité de la convection profonde au-dessus de l'océan Indien à différentes échelles de temps et d'espace : variations diurnes, inter-diurnes, intra-saisonnières.

4) Etude de la circulation tropicale à grande échelle
La circulation à grande échelle détermine en partie les climats régionaux dans les basses latitudes (régimes de mousson, convection tropicale, déserts,..). Elle permet le transport sur de grandes distances de masses d'air polluées ou non, et à ce titre, son étude est au coeur de la problématique d'INDOEX. Les caractéristiques de la mousson d'hiver et sa variabilité sont peu connues au-dessus de l'océan Indien. Certaines anomalies, telles que des "breaks" dans la zone de convergence, doivent être documentées et analysées à l'aide d'observations.
D'autre part, la circulation générale permet la redistribution de l'énergie et de l'humidité à partir de la zone de convergence intertropicale. Les variations de la circulation zonale et méridienne influencent largement l'occurence d'anomalies des climats régionaux (sécheresses, inondations, décalage du déclenchement de la mousson...), ainsi que les téléconnections entre différentes régions tropicales. L'expérience INDOEX, par les différentes observations satellites mis en oeuvre, est un cadre privilégié pour approfondir notre connaissance de ces phénomènes.

Climatologie de la mousson d'hiver
Il s'agira d'établir une climatologie relativement complète des grandeurs hydrologiques, radiatives et dynamiques au-dessus de l'océan Indien pendant la mousson d'hiver. Cela sera réalisé en utilisant les données de divers satellites dont les données SCARAB de flux radiatifs à la surface de l'océan.

Cette synthèse de la climatologie et de la variabilité temporelle de la mousson d'hiver permettra de valider la climatologie du modèle LMDZ zoomé sur l'océan Indien. Elle servira également de support à l'interprétation des données récoltées pendant les campagnes INDOEX.

Etude de circulation tropicale de grande échelle à partir de la distribution spatio-temporelle de la vapeur d'eau
La vapeur d'eau atmosphérique dans la moyenne et haute atmosphère peut être considérée comme un traceur des masses d'air d'altitude. Plusieurs études ont montré la capacité des canaux "vapeur d'eau" des satellites à identifier les zones de subsidence de la circulation à grande échelle. La disponibilité, à partir de juin 98 de Meteosat 5, sur l'Océan Indien, permet d'étudier la variabilité saisonnière de l'intensité et des positions des régi ons de subsidence en liaison avec l'activité de la mousson. D'autre part, l'injection d'humidité par la convection dans les hautes couches de la troposphére est un problème majeur qui introduit de grandes incertitudes sur l'influence de la vapeur d'eau sur l'effet de serre. La disponibilité de plusieurs satellites dont les capteurs sont sensibles à l'humidité (Meteosat, TOVS, SSMI) permettra de s'intéresser à ce problème.

Trajectographie satellite des écoulements atmosphériques dans les basses couches
Le LMD a développé une technique de reconstitution de trajectoires à partir du suivi continu du mouvement des nuages. Les trajectoires obtenues sont comparées d'une part aux trajectoires des ballons basses couches, d'autre part aux trajectoires simulées dans différents modèles utilisés dans le cadre d'INDOEX. Ces comparaisons permettront de déterminer les méthodes les mieux appropriées pour étudier, sur l'ensemble de la zone et de la période INDOEX, les flux atmosphériques dans les basses couches. Ceci est essentiel en particulier pour préciser le trajet des masses d'aérosols (sans pouvoir tenir compte toutefois de la diffusion verticale). Cette trajectographie sera également un moyen de valider la dynamique simulée par le modèle LMDZ.


III - Les aérosols durant INDOEX

1) La distribution tridimensionnelle des aérosols et les interactions aérosols-nuages-rayonnement-photochimie
La contribution des aérosols troposphériques naturels et anthropiques au bilan radiatif régional et à sa variabilité se subdivise entre les effets directs sur le rayonnement, qui dépendent des caractéristiques optiques et géométriques des couches d'aérosols, et les effets indirects associés à la modification de la couverture nuageuse par leur présence (rayon effectif des gouttelettes et par voie de conséquence l'albedo).
De manière générale, l'océan indien en hiver est caractérisé par un fort gradient nord-sud de la distribution en aérosols résultant de l'advection de masses d'air pollués, en provenance du sous continent Indien, vers la zone de convergence inter tropicale et le mélange qui en résulte avec des masses d'air pures d'origine maritime.
Un objectif premier d'INDOEX est de documenter de manière précise la distribution spatiale des aérosols pour des situations météorologiques caractéristiques de la mousson d'hiver . Le but est de déterminer les paramétres à prendre en compte pour représenter les aérosols dans les modèles de circulation générale ou régionale et de valider ces représentations. En effet, les progrès en modélisation ont montré qu'il reste beaucoup trop d'incertitudes sur les distributions des aérosols, ainsi que sur leurs propriétés optiques et thermodynamiques.
Deux approches complémentaires et indissocia bles sont poursuivies dans le cadre d'INDOEX. Ce sont, d'une part l'appréhension des phénomènes de grande échelle au moyen des données satellitales (grande couverture spatiale mais limitation de la résolution verticale), et d'autre part des descriptions détaillées par avion ou bateau (précision verticale mais limitation dans le temps et éventuellement limitation à des transects bidimensionnels), et des séries temporelles enregistrées sur des sites instrumentés (limitées dans l'espace à des séries ponctuelles).

Interaction nuages/aérosols/rayonnement
Il s'agit de déterminer le gradient vertical des flux radiatifs dans le visible et dans l'infrarouge (au moyen des différents avions Mystère 20, C-130 et Citation), de mesurer les flux radiatifs à la surface (par le Sagar Kanya et les sites instrumentés) et les flux radiatifs au sommet de l'atmosphère (par les satellites NOAA-12 et 14 et Scarab/Resurs).
Il faut rappeler que la concentration en noyaux de condensation modifie la distribution en taille des gouttelettes nuageuses, pour un même contenu en eau liquide, une concentration accrue en noyaux de condensation conduira à des gouttelettes plus petites et plus nombreuses. Ceci est particulièrement sensible au-dessus des océans là où la concentration en noyaux de condensation est généralement plus faible qu'au-dessus des continents. Cette modification de la micro-physique entraîne une augmentation de l'albédo.

Redistribution des aérosols par la zone de convergence intertropicale
Les aérosols advectés du continent indien vers la zone de convergence intertropicale sont pris dans la circulation rotationnelle et ascendante/descendante au voisinage de celle-ci, et redistribués spatialement, en particulier suivant l'altitude. Les aérosols ainsi injectés à haute altitude pourront être observés directement par le lidar. Il en est de même pour les aérosols stratosphériques. Les variations à moyenne échelle des propriétés optiques, c.a.d. les concentrations en aérosols, devraient être une signature de la dynamique. Les mesures in situ d'ozone, de vapeur d'eau et de noyaux de condensation permettront de mieux caractériser ces variations.
Par ailleurs, les aérosols injectés dans la haute troposphère peuvent, selon leur nature chimique, servir de noyaux de congélation pour la formation de nuages de glace et en particulier des cirrus. Il en est de même des aérosols stratosphériques. Les cirrus dans leur phase terminale après sédimentation et évaporation des cristaux devraient laisser une signature en aérosols représentative de la dynamique et des échanges entre la troposphère et la stratosphère. Les mesures lidar permettront d'identifier les signatures des aérosols résiduels et les variations de concentration vis-à-vis des aérosols de fond dans la stratosphère.

Distribution des aérosols et gradients nord-sud
Certains vols du Mystère 20 permettront des échantillonnages bi-dimensionnels précis ( profils verticaux depuis la surface jusqu'à une altitude voisine de 25 km) qui contribueront à documenter la distribution verticale des aérosols, mais aussi celles des nuages (Cu, Sc, Ci, ..) en synergie avec les autres observations.
Les expériences ASTEX et ACE-2 auxquelles a participé le lidar LEANDRE sur l'ARAT, ont montré que les aérosols d'origine continentale se déplaçaient en couches bien marquées jusqu'à des altitudes de 2 et 3,5 km, c.a.d. au-dessus de la couche limite marine. Les aérosols continentaux sont soulevés par un phénomène de brise de mer, puis advectés sur l'océan. Les mécanismes de soulèvement seront étudiés pour mieux comprendre les sources et l'alimentation en aérosols, en synergie avec l'activité de modélisation.
Le projet coordonné du PNCA Interactions Aérosols-Climat a pour objectif un bilan de la contribution des différents types d'aérosolsà l'échelle du bassin. Il nécessite l'utilisation de la modélisation 3D, contrainte par les observations. Les tests effectués au LSCE sur plusieurs schémas de lessivage des aérosols indiquent que la connaissance de la répartition verticale des aérosols est indispensable. Les mesures lidar et radiomètres à bord du Mystère 20 suivant les différents transects, et les mesures coordonnées entre les avions (Mystère 20, C-130,Citation) répondent directement à cet objectif.
D’autres vols du Mystère 20 seront dirigés vers le sous-continent indien à partir de Malé pour établir une cartographie détaillée des panaches de pollution issus des côtes de l'Inde (sources) qui se déploient du coté nord de la zone de convergence inter tropicale. Les plans de vols seront établis en concertation étroite avec les autres avions participant à l'expérience qui emporteront une instrumentation complémentaire de celle du Mystère 20 (dont un lidar identique à LEANDRE à bord du C-130) et avec l’appui d’observations satellitales des aérosols, analysées en temps réel. De la même manière, des vols seront effectués à partir des Maldives vers le Sud pour l’analyse des régions proches de la zone de convergence intertropicale. Enfin, un vol sera conduit dans la mesure du possible au sud de la zone de convergence pour caractériser le contenu en aérosols des masses d'air supposées "propres" de l’hémisphère sud.

2) Effets radiatifs des aérosols troposphériques naturels et anthropiques
Le mélange complexe d'aérosols rencontré en mousson d'hiver au-dessus de l'Océan Indien comprend :
- des poussières minérales terrigènes (dont les sources sont aussi modifiées par l'homme);
- des aérosols organiques secondaires produits par conversion de composés carbonés gazeux émis par la végétation;
- des aérosols de combustion de la biomasse végétale (dont feux agricoles, feux domestiques);
- les aérosols (carbonés et soufrés) issus de la combustion de fuels fossiles;
- les aérosols marins primaires (sels marins) ou biogéniques secondaires (organiques soufrés).
Les trois premiers types d'aérosols ont une saisonalité marquée et leur source est plus intense en saison sèche, période de l'expérimentation intensive.

Durant INDOEX, les conditions seront réunies pour apprécier en ciel clair l'impact radiatif direct des particules anthropiques et leur part absorbante (suie et terrigènes) et diffusante. Les outils mis en oeuvre permettront d'explorer les problèmes scientifiques concernant l'impact des émissions locales anthropiques de l'Inde et des pays avoisinants sur la composition chimique de l'atmosphère et son bilan radiatif au-dessus de l'Océan Indien, leur impact également sur la capacité oxydante globale de l'atmosphère.
En zone de stratocumulus à caractère non-précipitants, les aérosols sont vraisemblablement impliqués dans de nombreux cycles évaporation-condensation menant à des particules mixtes (hétérogènes). Si à la suite de ces processus, les particules sont, comme on le pense, majoritairement constituées d'un noyau insoluble recouvert en surface d'une pellicule de sulfate, leurs propriétés optiques mais aussi leur nombre sont différents de ceux du mélange d'aérosols homogènes, et ceci a de nombreuses conséquences sur les prévisions d'impact radiatif des particules anthropiques.
Une partie des études françaises sur les aérosols dans le programme INDOEX est focalisée sur le traçage des masses d'air continentales au sol et en altitude à l'aide du radon-222, l'analyse des concentrations en carbone organique et carbone suie sur l'ensemble des sites et plateformes instrumentées, l'étude des mélanges internes de particules et de leur formation au cours du transport des masses d'air continentales en milieu océanique, la détermination des propriétés optiques et granulométriques des aérosols, et de leur répartition 3D à grande échelle. Elle combine des observations de terrain, de la télédétection spatiale et des observati0ns aéroportées. Enfin elle est complétée par des actions de modélisation pour lesquelles l'ensemble de ces observations seront des contraintes essentielles.

Variabilité des aérosols tropicaux à la Réunion
La Réunion est une zone motrice de la dynamique atmosphérique globale. Par son relief exceptionnel (point culminant > 3000 m), elle permet des observations à la fois dans la couche limite marine mais aussi au-dessus grâce à des sites en altitude. Le caractère océanique de cette région, avec la présence d'aérosols d'origine marine, l'influence variable des aérosols venant des feux de brousse africains, la concentration importante en vapeur d'eau, la formation de nuages spécifiques, les séquences climatiques régulières liées au déplacement de la zone de convergence atmosphérique intertropicale, lui confèrent un statut original pour la chimie atmosphérique. La Réunion a été sélectionnée comme site INDOEX de base pour l'hémisphère Sud.


Caractérisation et évolution physico-chimique des aérosols carbonés et minéraux durant INDOEX
Dans la région d'INDOEX, le carbone organique représente, d'après des mesures de terrain préliminaires, entre 30 et 40 % de la masse totale d'aérosol. L'objectif est de relier la composition chimique des aérosols, leur taille, morphologie et état de surface à leur histoire dans l'atmosphère : source, transport, incorporation dans les systèmes nuageux, état du mélange; dans le but d'élaborer des modèles d'évolution des particules afin de prédire leur comportement chimique (déterminé en grande partie par leur pellicule de surface) leur activité de noyaux de condensation (liée elle-aussi à la qualité hydrophile du revêtement et dans une moindre mesure à la taille des particules) et leurs nouvelles propriétés optiques (les coefficients de diffusion et d'absorption sont fortement modifiés par la présence d'un revêtement de surface). Pour cela, le plan de recherche portera plus spécifiquement sur les points suivants :
L'évaluation de l'intensité de ces différentes sources (combustions industrielles et les différentes sources de brûlage de la biomasse végétale : feux de forêt, feux agricoles et domestiques).

L'évolution physico-chimique des aérosols au cours de leur transport atmosphérique : importance relative du carbone suie dans l'aérosol carboné du fait de sa spécificité d'absorbant de la lumière à l'inverse des autres constituants de l'aérosol ; teneurs en sulfate et carbone organique ; distribution granulométrique des aérosols et de leur composition chimique ; spéciation des espèces organiques particulaires généralement situées en surface des aérosols afin de prévoir la réactivité de ces aérosols vis-à-vis des oxydants atmosphériques, et d'autre part leur capacité à agir en tant que noyaux de condensation ; observations de particules individuelles par microscopie électronique à transmission au LISA.
Interactions aérosols-nuages
Lorsque les aérosols de combustion sont incorporés aux cycles évaporation-condensation des nuages, leur forme change (ils deviennent plus sphériques), ainsi que leur taille et la composition chimique de leur revêtement de surface. Par vieillissement, les aérosols carbonés grossissent et acquièrent un revêtement de surface oxydé, propriétés qui facilitent leur comportement de noyaux de condensation. Les pluies étant le mode principal de disparition des aérosols, il est nécessaire d'étudier l'abondance et les propiétés intrinsèques des particules de suie dans les pluies en relation avec le contenu en eau des nuages, ainsi que le contenu de la phase dissoute.
Modélisation de l'impact atmosphérique régional des aérosols de combustion
A terme, les données de concentration d'aérosol carbone-suie permettront pour cette région, un contrôle des modèles 3-D de circulation générale. L'impact des aérosols organiques de combustion sera particulièrement étudié.

Propriétés radiatives et physiques et distribution spatiale des aérosols pendant INDOEX
Il s'agit de déterminer les propriétés optiques, radiatives et physiques des aérosols et de spatialiser les résultats précis, obtenus localement par des mesures sols, grâce à l'imagerie satellitaire dans le spectre solaire. L'étude est donc basée sur l'utilisation de données de télédétection acquises depuis le sol et l'espace.
A partir de mesures au sol de luminance du soleil et du ciel effectuée à l'aide de la station optique, on détermine les propriétés radiatives des aérosols qui conditionnent le signe (réchauffement ou refroidissement) et l'ampleur de leur effet direct sur le rayonnement, ainsi que leurs propriétés physiques, caractéristiques de la nature de ces aérosols (granulométrie et indice de réfraction ).

Sources des poussières minérales sur la zone INDOEX
Les aérosols minéraux issus des zones arides et semi-arides sont les plus abondants et il est nécessaire de les prendre en compte dans les estimations du forçage radiatif des aérosols troposphériques. L'intensité de leurs émissions et de leur transport à grande distance varie fortement d'une année à l'autre en fonction des conditions climatiques. La zone INDOEX se trouve sous l'influence des zones arides et semi-arides de la Péninsule arabique, du Moyen-Orient et du sous-continent. Les bilans de concentration et d'effets radiatifs des aérosols nécessitent donc la prise en compte des aérosols minéraux. Les modélisations 3D du cycle des aérosols désertiques effectuées par le passé ont achoppé sur la mauvaise qualité des sources. Un progrès considérable a été fait grâce à une nouvelle paramétrisation explicite des flux de poussières minérales éoliennes développée et validée pour le Sahara par le LISA.
Les mesures satellitales, Météosat-5, TOMS, POLDER permettront grâce à une collaboration entre plusieurs laboratoires (LSCE, LOA, LISA) l'identification des régions source et la description de leur activité saisonnière ainsi que la validation du modèle d'émission du LISA, selon une démarche analogue à ce qui a été fait avec les sources sahariennes.

Interactions chimie-rayonnement climat liées au cycle du soufre et application à INDOEX
En dépit des progrès récents réalisés dans la simulation tri-dimensionnelle des aérosols, et notamment des aérosols soufrés, il persiste de grandes incertitudes dans la représentation des effets directs et indirects de ces aérosols. Ce manque de réalisme est dû en particulier à une mauvaise prise en compte des interactions entre la chimie du soufre et la météorologie.

 

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