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Communiqué de presse Un
défi relevé par une équipe CNRS de l'Université
Paris VI et de l'Ecole Normale Supérieure | |||
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Paris, le 19 octobre 1999 |
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Les mesures optiques de grande précision sont aujourd'hui limitées
par l'agitation thermique des miroirs. Peut-on améliorer la sensibilité
de ces mesures ? Des physiciens du CNRS proposent de réduire le bruit
thermique des miroirs, non par le froid, mais par la lumière elle-même.
Lexpérience consiste à détecter les infimes déplacements
du miroir puis à geler ces mouvements en exerçant une force
de correction induite par un faisceau lumineux annexe. Appliquée
aux appareils de détection dondes gravitationnelles, cette
technique permettrait de témoigner davantage de lexistence
dévénements cosmologiques comme l'explosion dune
supernova ou la coalescence détoiles binaires. L'étude
est publiée dans la revue américaine spécialisée
Physical Review Letters (18 octobre 1999). En général, la lumière est utilisée pour mesurer avec une très grande précision des longueurs, en déterminant la distance entre deux miroirs sur lesquels se réfléchit un faisceau lumineux. Certaines de ces mesures sont si sensibles qu'elles sont aujourdhui limitées par l'agitation thermique qui induit un certain flou sur la position des miroirs. Il en est ainsi dans les projets de détection interférométrique des ondes gravitationnelles comme le projet franco-italien Virgo ou le projet américain Ligo. L'agitation thermique est un processus universel correspondant à une excitation désordonnée des atomes. Pour un miroir, cela correspond à des déformations microscopiques de sa surface : environ un milliard de fois plus petites que la taille d'un atome ! Pourtant ce bruit est un obstacle important aux mesures optiques de très grande sensibilité. L'observation et le contrôle du bruit thermique constituent donc un défi important pour les chercheurs. Le point central est de trouver un arrangement tel quun seul des très nombreux modes de vibration du miroir influe sur la mesure optique. Et de contrôler ce mode de vibration. Pierre-François Cohadon, Antoine Heidmann et Michel Pinard, physiciens du CNRS, établis à lEcole Normale Supérieure et à lUniversité Paris VI, ont mis au point une nouvelle méthode optique ultra-sensible capable de détecter de si petits déplacements, dans ce mode précis de vibration. Cette méthode utilise une cavité optique de grande finesse dont l'un des miroirs est mobile. La lumière réfléchie par la cavité est très sensible aux déplacements du miroir. Une analyse très fine de la lumière réfléchie permet d'extraire du faisceau lumineux l'information concernant le mouvement du miroir. Les chercheurs ont ainsi observé le bruit thermique du miroir avec une sensibilité inégalée correspondant au milliardième d'Angström. Cette information est alors utilisée pour réagir sur le miroir à l'aide d'un second faisceau lumineux. Lorsqu'un faisceau se réfléchit sur un miroir, il exerce une force de pression de radiation qui peut être contrôlée en modifiant l'intensité de la lumière. En appliquant une force adéquate, l'expérience a permis de réduire son agitation thermique dun facteur supérieur à 20 et de geler ainsi le mouvement du miroir*. La technique permet d'atteindre des températures très basses pour le mode de vibration considéré. Comparé aux méthodes cryogéniques traditionnelles qui placent le miroir dans un " réfrigérateur ", le bruit thermique résiduel est ici équivalent à celui obtenu à une température de 10 Kelvin seulement, soit 260°C environ. Cette technique optique pourrait permettre d'augmenter dun facteur 10 la sensibilité des mesures optiques de grande précision. Elle permettrait ainsi d'observer des ondes gravitationnelles de faible amplitude et d'augmenter de façon considérable le volume de l'univers que l'appareil serait capable d'explorer. Les physiciens auraient alors 1 000 fois plus de chance dobserver un événement cosmologique. Références
: Contacts chercheurs
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