Communiqué de presse

Le CNRS signe un accord pour la phase d’étude d’un projet international de radioastronomie

Paris, le 11 juin 1999

 
Les représentants européens et américains viennent de signer à Washington un accord de coopération pour réaliser la phase d’étude (phase 1) du projet de radiotélescope géant ALMA (Atacama Large Millimeter Array). Il s’agit d’un réseau de 64 radiotélescopes travaillant dans le domaine des longueurs d’onde millimétriques et submillimétriques. Pour la France, cet accord a été signé par l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU) du Centre National de la Recherche Scientifique.

Lors du colloque de prospective d’Arcachon organisé par le CNRS/INSU en mars 1998, les astronomes français avaient mis la réalisation de ce projet en première priorité. Ils ont en effet une expertise scientifique et technologique de tout premier plan dans les observations dans ce domaine de longueur d’onde, grâce notamment à la participation de la France à l’IRAM (Institut de Radioastronomie Millimétrique). Cette société internationale est financée par la France (CNRS), l’Allemagne (Max-Planck Gesellschaft) et l’Espagne (Instituto Geographico Nacional).
L’interféromètre de l’IRAM (5 antennes de 15 m ; bientôt 6) est actuellement le meilleur instrument mondial dans ce domaine de longueur d’ondes, mais ALMA le surpassera de très loin en sensibilité et pour la finesse des détails qu’il pourra observer. ALMA sera donc constitué de 64 radiotélescopes de 12 mètres de diamètre chacun. Ces antennes pourront être déplacées sur une aire de 10 km de diamètre. Cet interféromètre sera installé au Chili, sur le haut plateau de l’Atacama à Chajnantor à 5 000 mètres d’altitude. Cet emplacement a été donné en concession par le gouvernement chilien au Conicyt (Chilean National Commission for Science and Technology). Ce site est extrêmement sec, et l’atmosphère y est très transparente aux ondes millimétriques et submillimétriques. La mise en place d’un tel projet est un défi technologique tant au niveau des modes d’interférométrie à développer que des récepteurs à concevoir et des performances des antennes à réaliser.
ALMA a deux objectifs scientifiques majeurs qui sont la question de l’origine des galaxies et celle de la formation des étoiles. Pour les galaxies, le problème est de savoir si elles se sont formées en une seule fois ou construites petit à petit par épisodes successifs, et à quelle époque de l’histoire de l’Univers cela s’est produit. Concernant les étoiles, ALMA permettra de comprendre quelle est l’origine de la distribution observée des masses, et pourquoi elle est la même quelle que soit la région de l’Univers que l’on observe ; quel est le lien entre la naissance des étoiles et la structure fractale des nuages interstellaires ? Est-ce que les disques protoplanétaires autour des jeunes étoiles, isolées, binaires ou en amas, est un phénomène fréquent ou même général ?
Mais en-dehors de ces questions fondamentales, ALMA intéresse l’ensemble des astronomes. Avec cet instrument, ils pourront par exemple mesurer la masse des trous noirs au centre des galaxies actives, caractériser la formation des poussières dans les enveloppes des étoiles en fin de vie, ou encore étudier les planètes du système solaire.

Ce projet associe les organismes suivants :
Aux Etats-Unis, le National Radio Astronomy Observatory (NRAO) avec les Associated Universities Incorporated (AUI) et le soutien du National Science Foundation (NSF).
En Europe, le projet est piloté par un consortium qui comprend l’European Southern Observatory (ESO) (Observatoire Austral Européen), le Centre National de la Recherche Scientifique, le Max-Planck-Gesellschaft (MPG) d’Allemagne, le Netherlands Foundation for Research in Astronomy (NFRA, le Nederlandse Onderzoekschool Voor Astronomy (NOVA) et l’United Kingdom Particle Physics and Astronomy Research Council (PPARC).
Le Japon prépare à l’heure actuelle un projet équivalent : le Large Millimetre and Submillimetre Array. Il pourrait se joindre prochainement au projet ALMA.

L’accord qui vient d’être signé entre l’Europe et les Etats-Unis porte sur la phase 1 d’études et de développement du projet ALMA. L’objectif de cette collaboration de trois ans est de développer deux prototypes d’antennes de 12 m de diamètre, avec un budget de 26 millions de dollars pour les Etats-Unis et de 15 millions d’euros pour l’Europe. Un des objectifs est d’obtenir la décision définitive, vers 2001 de la construction et de la mise en service de l’interféromètre dans le cadre d’un accord partagé entre l’Europe et les Etats-Unis. La construction devrait durer une dizaine d’années avec le début des opérations vers 2005 et l’entrée en fonctionnement de l’ensemble des antennes aux alentours de 2009.

Adresse du serveur web de l’ESO http://www.eso.org/outreach/press-rel/pr-1999/pr-09-99.html

Contacts presse :

Richard West - European Southern Observatory (Garching, Germany)
Tél. : 4989 3200 6276
Fax : 4989 3202 362
e-mail : rwest@eso.org

Philippe Chauvin - Institut National des Sciences de l’Univers
Tél. : 33 1 44 96 43 36
Fax : 33 1 44 96 49 75
e-mail
: Philippe.Chauvin@obspm.fr

 

 

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