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Communiqué de presse Le cerveau archive ses vieux souvenirs | |||
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Paris, le 11 août 1999 |
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Quelle mémoire pour
lhippocampe ? Pour la première fois, une équipe de
chercheurs dune unité mixte CNRS/université de Bordeaux
I, à Talence, a procédé à une analyse directe,
non invasive, de cette région du cerveau. Selon les résultats,
les souvenirs sont mémorisés quelques jours dans lhippocampe,
puis transférés lentement, en quelques semaines, dans des
zones corticales spécialisées dans les souvenirs plus
anciens . Ces résultats constituent la première preuve
dune réorganisation des circuits cérébraux
participant à la restitution des souvenirs. Ils sont publiés
cette semaine dans le magazine Nature (12 août 1999). On savait que lhippocampe
jouait un rôle essentiel dans les processus de mémorisation
mis en place chez les mammifères. Cette région du cerveau
intervient lorsquil sagit de mémoriser des faits et
des événements (mémoire dite déclarative),
et/ou de les lier entre eux (mémoire relationnelle). On savait
aussi son rôle éphémère. Les observations ont
par exemple montré quune lésion, pathologique ou expérimentale,
de lhippocampe entraînait une amnésie des souvenirs
récents, mais épargnait des souvenirs anciens. Mais le rôle
de cette structure restait flou. Plusieurs hypothèses circulaient
entre les laboratoires. Selon les observations préalables,
les sujets dont le système hippocampique est lésé,
abîmé, sont non seulement incapables de fixer
de nouveaux souvenirs (on parle damnésie antérograde
ou AA), mais perdent aussi le souvenir des informations acquises avant
cette date (amnésie rétrograde ou AR). Un certain nombre
détudes cliniques et, plus récemment, expérimentales
suggèrent que les sujets qui présentent une AA sévère
liée à un dysfonctionnement de lhippocampe, présentent
une AR qui naffecte que la mémoire de leur passé récent
et épargne la mémoire de leur passé plus lointain.
Ces résultats ont conduit à un modèle courant selon
lequel la contribution de cette région du cerveau diminuerait progressivement
au cours du temps. Les informations installées initialement dans
la région de lhippocampe migreraient au cours dun processus
de consolidation très lent, pour sétablir définitivement
dans dautres structures cérébrales. De nombreux arguments conduisaient
cependant à mettre en doute ou à clairement rejeter cette
hypothèse. Celle-ci, exclusivement basée sur des données
issues dapproches lésionnelles, devait être confirmée.
Cest aujourdhui chose faite. Grâce à une méthode
non invasive dimagerie cérébrale basée sur
lutilisation de désoxyglucose marqué au carbone 14,
une équipe du laboratoire de Neurosciences cognitives (unité
mixte CNRS/université de Bordeaux I) vient de montrer, chez des
souris dont le cerveau était resté intact, quil existe
bien une réorganisation lente des circuits cérébraux
impliqués dans la restitution dinformations acquises. Lhétérogénéité
des données issues des approches lésionnelles, jointe aux
difficultés inhérentes aux observations cliniques (contrôle
imparfait du niveau et de la date des acquis antérieurs à
la lésion, des réactivations endogènes ou exogènes
de ses souvenirs...) ont conduit les chercheurs de Talence à opter
pour une approche non invasive, menée chez la souris. Les chercheurs
ont comparé le métabolisme cérébral lors de
la rétention dune épreuve de discrimination spatiale
acquise 5 jours ou 25 jours plus tôt - ces deux intervalles de rétention
étant choisis en fonction détudes lésionnelles
antérieures. Les résultats montrent
une profonde réorganisation des activations cérébrales
induites par les deux épreuves de rétention. Ainsi, laccroissement
de lintervalle de rétention de 5 à 25 jours est associé
à une forte diminution des activations métaboliques de la
région de lhippocampe ainsi quà une perte de
corrélation entre ces activations et le niveau de restitution des
souvenirs (performances). Dans le même temps, et à linverse,
les chercheurs français ont noté une augmentation importante
de lactivité métabolique de certaines structures corticales
(en particulier frontales), liées aux performances observées
. Preuve était donc faite du rôle éphémère
de lhippocampe. Référence
: Bruno Bontempi, Catherine Laurent-Demir, Claude Destrade et Robert Jaffard.
Laboratoire de neurosciences cognitives unité mixte CNRS/université
de Bordeaux I, à Talence. "Time-dependent reorganization
of brain circuitry underlying long-term memory storage , Nature,
vol 400, p 671-675. Contact chercheurs
: Contact Département
des Sciences de la vie du CNRS : |
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