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Conférence
de presse |
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Développement des troubles affectifs : l'héritage du stress prénatal Stefania
Maccari
L'étude
de l'influence du stress prénatal chez les rongeurs repose sur
le développement d'un modèle animal mis au point par mon
équipe dans le laboratoire bordelais du Professeur Le Moal (unité
Inserm 259 "Psychobiologie des comportements adaptatifs"). Nous
avons montré que des rats stressés pendant la période
prénatale présentent une plus grande vulnérabilité
aux drogues à l'âge adulte et des niveaux d'anxiété
plus importants (corrélés à des niveaux élevés
de corticostérone) après un stress. Ces effets du stress
prénatal persistent pendant le vieillissement. Ces effets comportementaux résultent de modifications permanentes du fonctionnement cérébral et nous avons recherché les mécanismes neurobiologiques à l'origine de ces dysfonctionnements. Nous avons montré que le fonctionnement de l'axe corticotrope est hyperactivé suite à un stress prénatal. Ces animaux présentent également un déficit des mécanismes de rétrocontrôle de l'axe corticotrope : la sécrétion de corticostérone est prolongée et associée à une réduction de la capacité de liaison des récepteurs centraux aux glucocorticoïdes. Nos résultats récents montrent aussi que les rats stressés pendant la période prénatale présentent une avance de phase du rythme circadien de la corticostérone. Le dysfonctionnement de l'axe corticotrope peut être dû à des modifications dans la synthèse et/ou la libération de certains neurotransmetteurs comme l'acetylcholine. L'ensemble de ces résultats montrent que le stress prénatal chez le rat induit des dysfonctionnements comportementaux et neuroendocriniens qui présentent certaines homologies avec ceux rencontrés dans la dépression chez l'homme (fragmentation du sommeil, augmentation de l'anxiété, comportement de prise de drogue, déficit de mécanismes de rétrocontrôle de l'axe corticotrope, hyperactivité du système cholinergique). Dans
le cadre du développement de nouvelles stratégies thérapeutiques
de la dépression, de nombreux travaux ont mis en évidence
l'importance de valider des modèles animaux. En effet, chez les
sujets sains la plupart des antidépresseurs sont peu efficaces.
Le modèle animal atteint du " syndrome de stress prénatal
" représente un modèle intéressant de dépression
en raison des perturbations comportementales, hormonales et neurobiologiques
qu'il produit à long terme. Une autre
voie de recherche est consacrée à l'étude des mécanismes
par lesquels le stress maternel peut engendrer ces effets sur la progéniture.
L'hypothèse de travail est que des modifications de l'environnement
hormonal du ftus liées au stress maternel, engendrent par
l'intermédiaire des échanges placentaires et hématoencéphaliques,
mais aussi via l'environnement postnatal (le lait et le comportement maternels),
des altérations neurobiologiques à court et à long
terme sur la progéniture. Nous avons montré que certains
effets à long terme du stress prénatal semblent être
secondaires à l'augmentation de la corticostérone maternelle
lors du stress prénatal. Ces résultats sont en accord avec
les travaux réalisés chez l'homme montrant qu'il existe
une corrélation entre les niveaux de cortisol maternel et ftal.
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Annexes : |
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