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Des signes caractéristiques
de la formation dun état de la matière où les
quarks ne seraient plus confinés au sein des protons, des neutrons
ou dautres particules non élémentaires viennent dêtre
mis en évidence au CERN. Des résultats particulièrement
marquants ont été obtenus par lexpérience NA50
comportant une forte participation de physiciens de lInstitut national
de physique nucléaire et de physique des particules du CNRS, et
dirigée par le physicien français Louis Kluberg.
Le plasma de quarks et de gluons (QGP) est un état très
particulier des constituants élémentaires de la matière.
Considéré comme l'ancêtre éphémère
de la matière nucléaire, il a dû remplir l'Univers
quelques microsecondes après le Big-Bang. Comme la matière
ordinaire, il est formé de quarks particules élémentaires
de matière et de gluons particules porteuses de la
force forte mais ces constituants se trouvent ici dans des conditions
de densité et de température telles quils sont "déconfinés"
cest-à-dire quils évoluent librement à
la manière des électrons et des ions dans un plasma classique.
Cependant, la détection
expérimentale de la formation du plasma de quarks et de gluons
est difficile car sa durée de vie est de lordre de 1024
seconde et le retour rapide à l'état de matière ordinaire
efface, presque complètement, les empreintes d'une phase antérieure.
En effet, les seuls phénomènes directement observables sont
ceux dont la durée de production est aussi éphémère
que la formation du plasma et dont le taux de production est affecté
par lexistence même de ce plasma.
Depuis 1986, plusieurs groupes de physiciens se sont lancés à
la recherche de cette transition de phase, en étudiant au CERN,
à Genève, la matière à très haute densité
d'énergie que l'on peut créer dans des collisions de noyaux
lourds et de très haute énergie.
Dès 1994, le CERN réussit une première mondiale :
accélérer des noyaux de plomb à 158 GeV* par nucléon,
ce qui permet de disposer dune énergie de plus de 32 TeV*
dans les collisions entre noyaux de plomb. Lexpérience NA50,
qui fait suite aux premières études de lexpérience
NA38 mettant enuvre des collisions oxygène-uranium et soufre-uranium,
a utilisé ces faisceaux de plomb pour tenter de mettre en évidence
la formation de ce plasma. Ses derniers résultats suggèrent
fortement qu'un nouveau processus physique vient d'être découvert.
La méthode choisie sappuie sur une prédiction théorique
de Satz et Matsui, en 1986, qui prévoit que la production dune
particule appelée "méson J/psi" diminuera considérablement
en cas de formation d'un plasma de quarks et de gluons. Ce méson,
dont la durée de production est très brève, ne se
forme que lorsque les deux quarks de type " charme " qui le
composent sont suffisamment proches. Or, la force qui les attire se trouve
supprimée par effet décran au sein du plasma.
La mise en évidence par lexpérience NA50 dune
chute du taux de production du méson J/psi au-delà d'une
certaine densité d'énergie et sa diminution régulière
pour les valeurs les plus élevées sont incompatibles avec
toute explication fondée sur des mécanismes connus. En revanche,
lensemble des résultats s'interprète aisément
dans le cadre de la production dun état déconfiné
de quarks et de gluons. Tout permet de penser à présent
que lempreinte du déconfinement des quarks, tel quil
avait été prédit, a bien été trouvée.
*1 GeV = 1 giga électron-volt (109eV)
1 TeV = 1 tera électron-volt (1012eV)
Contacts presse
CNRS :
CNRS/IN2P3
Geneviève Edelheit
Tél. : 01 44 96 47 60
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