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Dossier de presse
accompagnant
la conférence de presse du 8 janvier 1999,
CNES/CNRS-INSU
I - Contexte scientifique et objectifs
II - La stratégie
opérationnelle 1) Les
outils
2) La stratégie d'emploi
3) La contribution française
4) Les laboratoires impliqués
III - Contacts
I - Contexte
scientifique et objectifs
La destruction de lozone stratosphérique est une
réalité
dont il faut tenir compte
Lévolution de lozone stratosphérique
reste un
sujet de préoccupation majeur pour la communauté
scientifique.
Les destructions les plus importantes dozone sont toujours
observées
en hiver et au printemps, dans les régions polaires des deux
hémisphères
depuis la fin des années 1980. En 1998, au cours du
printemps austral,
pratiquement la totalité de lozone a été
détruite
à lintérieur du vortex (grand tourbillon
dépressionnaire)
polaire de l'hémisphère sud, aux altitudes comprises
entre
16 et 20 kilomètres. Ce phénomène de grande
ampleur,
qui sétend sur plus de 25 millions de
kilomètres carrés,
est aujourdhui récurrent depuis le début des
années
1990. Aux mêmes altitudes, mais cette fois dans lArctique,
des destructions de lordre de 50% ont été
observées
au cours de trois derniers hivers, liées à des
températures
stratosphériques particulièrement froides. Dans ces
régions,
le lien de cause à effet entre la destruction de
lozone et
la présence de composés chlorés dorigine
anthropique
est établi sans aucune ambiguïté. Les basses
températures
provoquent lapparition entre 12 et 25 km de nuages
stratosphériques
polaires. Les réactions chimiques à la surface de ces
nuages
induisent un déplacement de léquilibre des
composés
chlorés (HCl, Cl, ClONO2) et bromés (Hbr, Br,
BrONO2). en
faveur de ceux susceptibles de détruire lozone (ClO,
BrO).
Les rythmes de destruction peuvent alors atteindre 1 à 2%
par jour
en présence de rayonnement solaire.
Aux moyennes latitudes de lhémisphère nord,
lanalyse
des observations effectuées depuis le sol et les plates-formes
satellitaires, a permis de mettre en évidence une diminution de
lépaisseur de la couche dozone,
particulièrement
sensible en hiver, où elle peut atteindre à nos
latitudes
des valeurs de lordre de -6% à -8% depuis le début
des années 1970.
Cette évolution, qui se produit essentiellement dans la
basse stratosphère,
ne peut pas être expliquée par les mêmes
mécanismes
que ceux mis en évidence dans les régions polaires,
en loccurence
le vortex Arctique. De fait, les modèles de simulation
numérique
fondés sur les connaissances les plus récentes de
léquilibre
de la couche dozone et de son évolution sous
linfluence
des activités humaines, ont tendance à sous-estimer les
valeurs des diminutions dozone par rapport à ce qui
est observé.
Ces différences entre modèles et mesures
résultent
dune connaissance incomplète aussi bien des processus
chimiques
que des mouvements dynamiques qui régissent la
répartition
dozone entre les hautes latitudes, où il est
détruit,
et les latitudes tropicales où il est produit par le
rayonnement
solaire. Or, si le rôle des composés chlorés et
bromés
dans les diminutions observées ne saurait être mis en
cause,
la compréhension quantitative précise des
mécanismes
responsables reste un préalable à toute tentative de
prédiction
de lévolution de la couche dozone au cours des deux
prochaines décennies.
Cette évolution est pour une large part
déterminée
par le respect des mesures décidées dans le cadre du
Protocole
de Montréal et de ses amendements. Mais, larrêt
total
de la production des composés organo-halogénés
(chlorofluorocarbures
et halons) ne conduira à une diminution lente de la
concentration
totale en chlore dans la stratosphère quà
partir des
années 2000-2001. De plus, il ne permettra un retour
à léquilibre
pré-industriel de la couche dozone quau milieu
du siècle
prochain. Cette évolution peut dailleurs être
retardée
ou modifiée du fait de linfluence dautres
perturbations
anthropiques de latmosphère, et notamment
lémission
de gaz carbonique. En effet, à lopposé du
réchauffement
de la basse atmosphère, le refroidissement de la
stratosphère
qui en résulte, pourrait conduire à une amplification
des
mécanismes de destruction de lozone du fait de la
présence
accrue de nuages stratosphériques polaires, masquant ainsi les
effets bénéfiques des mesures réglementaires.
Observer, comprendre, modéliser pour prévoir, tels
sont les objectifs des grandes campagnes coordonnées
européennes
Les deux premières campagnes coordonnées
européennes,
EASOE (European Arctic Stratospheric Ozone Experiment) en 1991-1992 et
SESAME (Second European Satraospheric Arctic and Mid-latidude
Experiment)
en 1994-1995, avaient pour objectif principal la compréhension
des mécanismes qui régissent la destruction de
lozone
dans les régions arctiques. La campagne THESEO est, elle,
organisée
pendant lhiver et le printemps 1998-1999, pour comprendre les
processus
qui déterminent lévolution de lozone
stratosphérique
aux moyennes latitudes. Cet objectif implique une approche
intégrée
conduisant à observer lozone et les variables
atmosphériques
qui régissent son comportement aussi bien dans les
régions
de haute latitude que dans les régions tropicales et
sub-tropicales.
Elle doit également prendre en compte les interactions
chimiques
et dynamiques entre la basse stratosphère et la haute
troposphère.
Les objectifs scientifiques de la campagne THESEO sarticulent
donc
autour de cette extension spatiale aux différentes
régions
de latmosphère.
Vortex polaire
Il sagit ici daffiner la compréhension des
processus
telles quelle résulte des campagnes
précédentes.
Un effort particulier portera sur la détermination de la nature
physico-chimique des particules des nuages stratosphériques
polaires,
sur la quantification des mécanismes dactivation et de
désactivation
des composés chlorés et bromés, sur la
détermination
des destructions cumulées dozone au cours de lhiver
et du printemps, sur lélucidation des
mécanismes dynamiques
de petite et moyenne échelle à la frontière du
vortex
polaire, qui déterminent les mélanges de masse
dair
entre les régions de haute et moyenne latitude.
Moyennes latitudes
Les processus chimiques responsables de la destruction de lozone
dans ces régions ont des constantes de temps de lordre de
plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ils peuvent ainsi
interférer
avec des processus dynamiques de même échelle temporelle
et sont ainsi plus difficiles à mettre en évidence. Les
principaux objectifs de THESEO dans ces régions consisteront
donc
à identifier et quantifier les pertes dozone à
lextérieur
du vortex en référence au bilan des composés
chlorés,
hydrogénés, azotés et bromés qui
déterminent
les taux de destruction, à étudier la nature
physico-chimique
des particules stratosphériques et des cirrus de haute altitude
qui peuvent modifier les équilibres chimiques, enfin
à quantifier
précisément les processus dynamiques par la mesure de
traceurs
des masses dair comme le méthane et le protoxyde
dazote.
Tropiques
La pénétration de lair troposphérique dans
la stratosphère se fait principalement dans les régions
tropicales et sub-tropicales. Celles-ci constituent donc les
régions
sources des constituants qui régissent ou perturbent
léquilibre
de lozone. Malgré leur importance aussi bien pour la
stratosphère
que pour la haute troposphère, elles ont de fait
été
relativement peu étudiées tant pour leurs aspects
chimiques
et dynamiques que radiatifs. Au cours de la campagne THESEO, on
sefforcera
donc de déterminer les principaux facteurs qui contrôlent
la pénétration de la vapeur deau dans la
stratosphère
et la formation de nuages à laltitude de la tropopause
tropicale,
détudier limpact de ces nuages sur les
concentrations
dozone et dautres constituants, de quantifier les
échanges
de masse dair entre les latitudes tropicales et les latitudes
moyennes
à travers les barrières dynamiques constituées
par
le courant jet sub-tropical.
Les couplages entre les différentes régions
Les interactions dynamiques entre les différentes latitudes
contrôlent
les transferts dozone et des constituants minoritaires, et donc
les processus de destruction de lozone. Ainsi, leffet sur
les moyennes latitudes de masses dair appauvries en ozone en
provenance
du vortex polaire dépend de la vitesse à laquelle se
fait
ce transfert dynamique. De même, la rapidité de la
destruction
de lozone dépend de la vitesse à laquelle deux
masses
dair « chimiquement » différentes peuvent se
mélanger. Ces processus complexes, car interagissant
à différentes
échelles temporelles et spatiales, seront étudiés
dans le cadre de la campagne THESEO, en mettant laccent
notamment
sur la dépendance en altitude des processus dynamiques, sur le
couplage entre les zones de haute pression situées au-dessus de
la Sibérie et des Iles Aléoutiennes et la dynamique
du vortex
polaire, sur limportance des structures dynamiques filamentaires
qui séchappent du vortex vers les régions de
moyenne
latitude, et enfin sur limpact de ces processus sur les
répartitions
spatiales des constituants.
Ces objectifs scientifiques ne pourront être atteints que par
une
mobilisation importante de moyens dobservation depuis le sol et
diverses plates-formes embarquées (avion, ballon,
satellite), la
mise en oeuvre doutils de modélisation et de
simulation numérique
performants et une coordination efficace permettant
dintégrer
lensemble des activités. La dimension
européenne est
seule susceptible de garantir lefficacité de cette
approche,
et donc un retour scientifique à la hauteur des enjeux de
société.
II - La
stratégie
opérationnelle
Dans un contexte plus large
de capacité de prévision quantitative de ce que pourrait
être la réduction dozone dans
lhémisphère
Nord au cours des prochaines années, THESEO a pour ambition
daborder
létude spécifique dun certain nombre de
mécanismes
encore incertains, tels que:
- la composition exacte (proportion deau et dacides
nitrique
et sulfurique) et la réactivité chimique des nuages
stratosphériques
en région polaire et des aérosols et des cirrus fins aux
tropiques;
- linfluence réelle des ondes de relief et des
refroidissements
de la stratosphère à laplomb des montagnes sur la
présence de nuages stratosphériques stationnaires
pendant
plusieurs jours;
- la contribution, aujourdhui encore inconnue, des
espèces
bromées à la destruction hivernale de lozone
à
toutes latitudes et le rôle des oxydes dazote dans
linterruption
du phénomène au printemps;
- la perte photochimique exacte dozone et son taux journalier au
cours de lhiver dans le vortex ou dépression polaire
aussi
bien quà lextérieur de celui-ci;
- et enfin, les mécanismes de transport horizontal à
différentes
échelles entre les régions polaires et les latitudes
moyennes,
des tropiques vers ces dernières, et vertical entre la
troposphère
et la stratosphère.
Une large panoplie doutils existe en Europe pour aborder ces
questions,
y compris les plus originaux, quil sagit de mettre en
oeuvre
de façon la plus efficace.
Coordination de projets Européens
Les équipes françaises ont joué un rôle
significatif
dans la conception de lensemble du programme THESEO qui se
traduit
par leur présence à la tête de plusieurs de
projets
Européens soutenus par la DG XII:
- Projet METRO détude de la dynamique de la
stratosphère,
coordination A. Hauchecorne (Service dAéronomie)
- Projet TRACAS de caractérisation des échanges entre
les
région tropicales et les latitudes moyennes ainsi quentre
la troposphère et la stratosphère,
coordination G. Ancellet (Service dAéronomie);
- Projet WAVE détude de la distribution de la vapeur
deau
stratosphérique,
coordination J. de La Noé (Observatoire de Bordeaux),
- Projet LAGRANGIAN EXPERIMENT de vols de ballons de longue
durée
dans le vortex polaire,
coordination J. P. Pommereau (Service dAéronomie).
Les équipes françaises ont également une
participation
active dans six autres projets retenus par la DGXII.
1) Les outils
Ils sont constitués de moyens dobservations et de
modèles
numériques, ces derniers employés à la fois pour
la prévision opérationnelle et pour
linterprétation
ultérieure des données.
Le réseau international de détection des changements
stratosphériques (NDSC)
Le premier des moyens dobservations, traditionnellement
développé
en Europe puisque celle-ci sétend des Iles Canaries au
Spitzberg,
est constitué de lensemble des stations permanentes du
réseau
international de détection des changements
stratosphériques
(NDSC) dont la couverture géographique a été
étendue
au Canada, au Groenland et à la Russie par des accords
appropriés.
Ces stations permettent une surveillance globale de
lévolution
de la composition chimique de la stratosphère au cours de
lhiver
et surtout de ses brusques à-coups lorsque viennent à
intervenir
les nuages stratosphériques. Elles sont équipées
dune grande variété dinstruments :
- lidar de mesure du profil dozone, de température et des
aérosols;
- spectromètres ultraviolets et visibles pour lozone
et les
oxydes dazote, de chlore et de brome;
- spectromètres infrarouges pour les acides nitrique,
chlorhydrique,
fluorhydriques et de nombreuses autres espèces dites
réservoir;
- et radiomètres micro-ondes pour la détection de
lozone
à haute altitude et celle du monoxyde de chlore (ClO),.
En ce qui concerne lozone, ce réseau est
complété
par environ 25 stations de sondage capables de lancer une sonde sur
alerte
à 24 h.
Les mesures avions
Le deuxième outil est constitué davions
instrumentés
dont lintérêt est de pouvoir se rendre aux endroits
les plus sensibles ou de faire des coupes de grandes
étendues suivant
des routes définies à partir des modèles. Les
avions
à notre disposition se présentent en trois classes
suivant
leur altitude de croisière et leur autonomie. A basse altitude
- 4 km - le Fokker ARAT français emporte un lidar qui permet de
mesurer les nuages stratosphériques jusquà 30 km.
A plus haute altitude - 10 à 12 km - les Falcon allemand,
Cessna-Citation
hollandais et Mystère 20 français - permettent à
la fois des observations à distance par lidar (ozone) et par
radiométrie
micro-onde (ClO, BrO) et des mesures in situ dans la haute
troposphère,
voire dans la basse stratosphère en région polaire.
Enfin,
lavion stratosphérique russe Geophysika M-55 permet
datteindre
une altitude vraiment stratosphérique - 21 km - capacité
qui sera mise à profit pour étudier les aérosols
et les cirrus fins des régions équatoriales dans le
cadre
du projet international INDOEX qui se déroulera dans
lOcéan
Indien au mois de Février 1999.
Les mesures ballons
Le troisième moyen dobservation - une
spécialité
française du CNES - est lemploi de ballons. Mais pour la
première fois trois types de ballons seront mis en oeuvre
simultanément
: les "gros", les "petits" et les "longues
durées".
Treize vols de "gros" ballons de 12 000 à 150 000 m3
sont prévus en Arctique en hiver entre le 15 Janvier et le
22 Février
depuis la base de lESRANGE du Swedish Space Corporation à
Kiruna, suivis dautant en France pour partie à Aire
sur lAdour
en Mars-Avril et pour partie à Gap au mois de Juin. Outre
des instruments
déjà employés au cours des campagnes
précédentes
comme les interféromètres MIPAS et LPMA destinés
à la mesure des profils de nombreuses espèces chimiques,
ces ballons emporteront plusieurs appareils nouveaux
destinés spécifiquement
aux objectifs scientifiques déjà cités : un
spectromètre
de masse allemand du Max Planck Institute de Heidelberg pour le
prélèvement
et lanalyse sur place des cristaux des nuages
stratosphériques
ou encore un spectromètre à diode laser accordable du
Laboratoire
de Physique et Chimie de lEnvironnement dOrléans
pour
la mesure in-situ de la concentration des principaux oxydes de
lazote.
Les "petits ballons" de 3 000 à 10 000 m3 qui se
distinguent
des premiers non seulement par leur taille mais par toute leur
chaîne
de vol repensée et allégée, permettent des
vols pratiquement
en toutes conditions météorologiques (vent au sol de 30
km/h) dun ensemble de petits instruments conçus dans
le même
esprit : spectromètres ultraviolet pour la mesure de NO2,
BrO et
OClO; détecteurs dozone et hygromètres de quelques
centaines de grammes; diodes lasers pour létude des
nuages
stratosphériques et la mesure dun traceur passif, le
méthane;
et échantillonneur de CFC. Le programme THESEO comporte une
trentaine
de vols de petits ballons sur deux ans depuis Kiruna, Aire sur
lAdour
et Gap, mais aussi depuis la base du Norwegian Space Center de Andoya
et de celle de lInstituto de Tecnica Aerospacial espagnol de
Leon.
Ces vols qui ont débuté dès le mois de septembre
1998 pour caractériser la stratosphère
pré-hivernale,
se poursuivront jusquà la fin du printemps pour
étudier
pas à pas ses transformations.
Le troisième type de ballons que seul le CNES est capable
aujourdhui
de mettre en oeuvre, est constitué par les ballons de longue
durée
pour une "Expérience Lagrangienne". Lemploi de
deux types dentre-eux est prévu : des ballons
pressurisés
ou BP de 10 m de diamètre capables demporter une
charge de
22 kg à niveau constant vers 19 km qui seront
utilisés pour
la première fois en région polaire; et des
Montgolfière
Infra-Rouges ou MIR emportant une charge de 70 kg à 26 km de
jour
et 18 km de nuit dont deux exemplaires ont été
déjà
employés en Arctique en 1997 pour des vols de 12 et 22
jours. Complémentaires
des « petits ballons » et emportant les mêmes
instruments
anglais, italiens et français, lobjectif des 4 BP et 3
MIR
prévus est détudier les variations de
température,
de composition chimique et de teneur en ozone le long de leur
trajectoire
sur plusieurs semaines. Les durées visées sont de 22
à
28 jours au cours desquels chacun dentre-eux pourrait effectuer
4 à 5 tours du monde.
Les mesures satellitales
Enfin, une vue densemble à léchelle
hémisphérique
des colonnes totales dozone, de dioxyde dazote et
doxyde
de brome sera apportée par les instruments satellitaires en
activité
: TOMS-Earth Probe de la NASA et GOME-ERS2 de lESA,
complétée
par les 14 profils quotidiens dozone et de NO2 en région
polaire de linstrument POAM III du Naval Research Laboratory
américain
mis en orbite au mois de mars 1998 sur le satellite français
SPOT
IV.
Les modèles numériques
Le dernier outil, indispensable à lemploi rationnel de
tous
les autres est constitué par les modèles
numériques.
Il en existe plusieurs types :
- le modèle météorologique global du Centre
Européen
de Prévision à Moyen Terme (ECMWF en anglais) de Reading
en Angleterre, source de tous les autres, qui fournit les champs de
température
et de vent indispensables à toute prévision
opérationnelle,
mais qui en retour peut attendre de THESEO une validation de ses
calculs;
- des modèles toujours globaux mais à haute
définition
spatiale par une technique dite dadvection de contour, qui
permettent
de figurer lérosion des masses dair tropicales
et polaires
sous la forme de filaments ou de bulles séchappant de
ceux-ci:
- des modèles locaux à petite échelle
imbriqués
dans les précédents pour prévoir par exemple
lamplitude
des ondes de reliefs que ne peuvent rendre que partiellement les
simulations
à grande échelle;
- des modèles photochimiques de « Chimie-Transport
»
ou CTM qui à partir des vents et des températures ECMWF
permettent de prévoir, avec plus ou moins de
réalisme, lévolution
possible de toutes les espèces chimiques et de la teneur en
ozone;
- et enfin, des modèles de microphysique et des modèles
radiatifs pour la prévision de formation des nuages
stratosphériques
et de refroidissement de la stratosphère.
Ces modèles dont les résultats sont disponibles
chaque matin
fonctionnent aussi bien en mode prévision - jusquà
10 jours - quen mode différé, après les
campagnes,
pour tenter de reproduire les observations.
2) La stratégie demploi
Les objectifs et les moyens étant définis, la
stratégie
ne dépend plus que de la météorologie de la
stratosphère
et de létat de préparation des instruments qui
demandera
un examen quotidien au sein dun "Core group"
opérationnel.
Dans ces grandes lignes le schéma est le suivant .
Septembre à Décembre 1998 :
caractérisation
de la stratosphère pré-hivernale, quantité
dozone
initiale, calage des modèles.
15 Janvier -15 Février : période statistiquement
la plus froide de lhiver : étude des nuages
stratosphériques.
- détection de
présence
au dessus de Kiruna par lidar, spectromètres et sondes
suivie au
moment le plus propice de létude de leur composition
in situ
en ballon accompagné de la mesure de leur profil vertical
par le
lidar embarqué sur le Fokker ARAT;
- observation des nuages dondes de relief au dessus des
montagnes
de Scandinavie par une combinaison de mesures en ballon de longue
durée,
en avion Fokker et en petits ballons lors du retour des premiers au
dessus
de la Scandinavie.
25 Janvier - 22 Février : chimie polaire
- mesures des distributions verticales des principales espèces
chimiques en Arctique par des vols combinés de ballons et
des avions
Falcon et Citation depuis laéroport de Kiruna, dont
les plans
de vol seront décidés en fonction des prévisions
des modèles photochimiques CTM;
15 Janvier - 30 Mars : destruction de lozone et transport
vers les latitudes moyennes
- évaluation des pertes photochimiques dozone à
léchelle
hebdomadaire par sondages dédiés sur alerte, par
observation
continue de la colonne totale dozone à laide du
réseau
de spectromètres SAOZ au sol et de lévolution
de sa
concentration par les ballons de longue durée;
- vérification des mécanismes dérosion
du vortex
simulés par les modèles dadvection de contour par
lobservation des bulles et filaments prédits par sondage,
lidars au sol et lidar embarqué sur Mystère 20.
Février : campagne INDOEX détude des
aérosols
et cirrus tropicaux; vols aller-retour dItalie aux Seychelles et
vols locaux de lavion stratosphérique GEOPHYSIKA et du
Citation
hollandais dans lOcéan Indien;
15 Mars - 15 Avril : transport des tropiques vers les latitudes
moyennes et échanges troposphère-stratosphère par
sondages dozone par lidar au sol aux îles Canaries et
embarqué
sur le Mystère 20.
15 Mars - 30 Avril : impact des événements de
lhiver
sur la chimie de la stratosphère printanière aux
latitudes
moyennes.
Vols en ballons de Aire sur lAdour et Leön. Bilan de la
réduction
de lozone à léchelle
hémisphérique.
3) La
contribution
française
Etroitement imbriquée dans des projets coordonnés, la
contribution
française à la campagne THESEO, soutenue par
lINSU,
le CNRS, le CNES et Météo-France, est riche. Elle met en
oeuvre les stations dobservations au sol liées au
réseau
international NDSC, les deux avions de lINSU ARAT et
Mystère
20, les ballons et les équipes opérationnelles du CNES,
linstrument POAM III sur SPOT IV, lensemble des
instruments
détude de la stratosphère embarqués sur
avions
et ballons développés dans les laboratoires, des
modèles
de simulation et la coordination de plusieurs projets européens
mis en place par la DG XII dès le début de
lannée
1998.
Stations au sol, les stations françaises
impliquées
sont :
- lObservatoire de Haute Provence, équipé
dun
jeu complet de lidars destinés à la mesure de la
température,
des aérosols, de lozone, du vent et de la vapeur
deau,
dun spectromètre ultraviolet et visible SAOZ,
dun Dobson
et de radiosondes dozone - Institut Pierre Simon Laplace,
Service
dAéronomie et Université de Reims
- le radiomètre micro-ondes du Plateau de Bure pour la
mesure de
la vapeur deau à haute altitude - Observatoire de
Bordeaux
- la station lidar Franco-Norvegio-Allemande ALOMAR de Andoya en
Norvège)
- IPSL/Service dAéronomie
- le réseau de spectromètres SAOZ en Arctique et aux
moyennes
latitudes associé au NDSC formé des stations de Thule et
Scoresbysund au Groenland, Ny-Alesund au Spitzberg, Zhigansk et
Salekhard
en Sibérie, Sodankyla en Finlande, la Jungfraujoch en Suisse et
lOHP en France - IPSL/Service dAéronomie
Avions
Les deux avions de lINSU français qui participent
à
THESEO sont le Fokker ARAT mis en oeuvre par lINSU
équipé
du lidar Léandre de mesure des nuages
stratosphériques qui
sera mis en oeuvre en Scandinavie au mois de Janvier 1999 et le
Mystère
20 (INSU, CNES, IGN) équipé dun lidar ozone, Alto,
destiné à la mesure de la distribution verticale de
lozone
de lArctique aux îles Canaries - Division Technique de
lINSU
et IPSL/Service dAéronomie
Ballons
Comme déjà indiqué, le CNES mettra en oeuvre
trois
types de ballons durant THESEO : "gros" , "petits"
et "longue durée" qui embarqueront une
variété
dinstruments dont plusieurs de conception française :
- sur les gros ballons, le spectromètre Infra-Rouge-LPMA et le
spectromètre UV-visible AMON - Laboratoire de Physique
Moléculaire
et Applications et Laboratoire de Physique et Chimie de
lEnvironnement
- les diodes laser accordables SPIRALE pour les mesure des oxydes
dazote
- Laboratoire de Physique et Chimie de lEnvironnement
- SDLA / LAMA pour celle du méthane et de la vapeur deau
-IPSL/Service dAéronomie
- le radiomètre / polarimètre RADIBAL - Laboratoire
dOptique
Atmosphérique
- lhygromètre à point de givre et un compteur
de particules
- IPSL/Lab. de Météorologie Dynamique
- sur les petits ballons, une version embarquée du
spectromètre
SAOZ pour la mesure de lozone, NO2, OClO et BrO et une nouvelle
version fonctionnant de nuit par visée lunaire, SALOMON,
développée
en collaboration avec le LPCE - IPSL/Service
dAéronomie et
Laboratoire de Physique et Chimie de lEnvironnement
- et sur les ballons de longue durée, un ensemble de
capteurs de
météorologie du CNES, un radiomètre infrarouge et
un spectromètre SAOZ - IPSL/Service dAéronomie.
Satellites
La contribution française consiste en lapport des
données
du photomètre ultraviolet et visible POAM III (Polar Ozone and
Aérosol Monitoring) construit par le Naval Research Laboratory
américain et embarqué au titre de passager sur le
satellite
francais SPOT IV, à lexploitation duquel le Service
dAéronomie
est associé - IPSL/Service dAéronomie.
Modélisation
Les modèles français associés au projet
recouvrent
des simulations
- de microphysique des nuages stratosphériques -
IPSL/Service dAéronomie.
- de dynamique à échelle globale par advection de
contour
- IPSL/Service dAéronomie.
- et de photochimie à 3 dimensions (modèle REPROBUS)
- Centre
national de recherche météorologique et IPSL/Service
dAéronomie
- et à une dimension - Laboratoire de Physique et Chimie de
lEnvironnement
4) Les laboratoires impliqués
Division Ballons du CNES
Centre National de Recherche Météorologique - CNRM-
(Météo-France/CNRS)
TOULOUSE
Division Technique de lINSU (CNRS)
Institut Pierre Simon Laplace - IPSL (CNRS/Université Pierre et
Marie Curie/ Université Versailles St Quentin)
Laboratoire de Météorologie Dynamique - LMD - (CNRS)
- Paris/Palaiseau
Laboratoire doptique atmosphérique - LOA -
(CNRS/Université
de Lille)
Laboratoire de Physique et Chimie de lEnvironnement -LPCE
-(CNRS/Université
d'Orléans)
Laboratoire de Physique Atmosphérique - LPA -
(Université
de la Réunion)
Laboratoire de Physique Moléculaire et Applications - LPMA -
(CNRS/Université
Paris VI)
Observatoire de Bordeaux
Laboratoire dAérologie - (CNRS-Observatoire
Midi-Pyrénées
-Université Paul Sabatier)
Service dAéronomie SA (CNRS/Université Pierre
et Marie
Curie- Université Versailles St Quentin)
III - CONTACTS
Commission Européenne DG XII
Giorgios Amanatidis - Scientific Officer
DG XII-D
Tél. : 322295 8815
Fax : 322296 3024
e-mail : georgios.amanatidis@dg12.cec.be
Michel Claessens
Press and Information officer DG XII
Tél : 322295 9971
Fax : 322295 8220
e-mail : michel.claessens@dg12.cec.be
Pendant la campagne : à lOzone Coordinating
Unit
/ THESEO Core group
Dr. Neil Harris
European Ozone Research Coordinating
Unit14 Union Road - Cambridge CB2 1HE
Tél. : 01223 311772
Fax : 01223 311750
Ozone Secrétariat : general@ozone-sec.ch.cam.ac.uk
Dr J. P. Pommereau
Service dAéronomie - B3, Verrières le Buisson
Tél. : 33 1 64 47 42 88
Fax : 33 1 69 20 29 99
e-mail : pommereau@aerov.jussieu.fr
Pierre Faucon
CNES Division Ballons - Aire sur lAdour
Tél. : 33 5 58 71 40 00
Fax : 33 5 58 71 40 45
e-mail : Pierre.Faucon@cnes.fr
ESRANGE
Po Box 802
3981-28 Kiruna - Suède
Tél. : 46 980 72000
Fax : 46 980 21331
e-mail : bsj@esrange.ssc.se
A Paris : contacts chercheurs
Gérard Mégie
Institut Pierre-Simon-Laplace - Service d'Aéronomie CNRS
Université Pierre et Marie Curie - B 102
4, Place Jussieu - 75252 Paris Cedex 05
Tél : 33 1 44 27 37 53
Sec (IPSL) : 33 1 44 27 39 83
Sec (SA) : 33 1 44 27 47 60
Fax : 33 144 27 37 76
e-mail : gerard.megie@aero.jussieu.fr
Dr J. P. Pommereau
Service dAéronomie - B3, Verrières le Buisson
Tél : 33 1 64 47 42 88
Fax : 33 1 69 20 29 99
e-mail : pommereau@aerov.jussieu.fr
Claude Camy-Peyret
Laboratoire de Physique Moléculaire et Applications (LPMA)-
Université
Pierre et Marie Curie / CNRS
Tour 13 / 3eme étage / Case 76 - 4 Place Jussieu
F-75252 Paris Cedex 05
Tél. : 33 1 44 27 44 76
Fax : 33 1 44 27 70 33
Secrétariat : 33 1 44 27 44 77
e-mail : camy@ccr.jussieu.fr
Gilles Bergametti, chargé de mission "chimie de
latmosphère"
Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes
Atmosphériques
- UMR CNRS 7583
Universités Paris 7 - Paris 12
Centre Multidisciplinaire de Créteil - 61 avenue du
Général
de Gaulle
F-94010 Créteil Cedex
Tél. : 33 1 45 17 15 95
Fax : 33 1 45 17 15 64
e-mail : bergametti@lisa.univ-paris12.fr
Contacts presse
Sandra Laly - CNES
Tél. : 33 1 44 76 77 32
e-mail : Sandra.Laly@cnes.fr
Christiane Grappin - INSU-CNRS
Tél. : 33 1 44 96 43 37
Fax : 33 1 44 96 49 75
e-mail : christiane.grappin@cnrs-dir.fr
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