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Ne trompe pas un bébé qui veut...

Les jeunes enfants peuvent–ils savoir si la syntaxe d'une phrase est correcte ou incorrecte ? Comme les adultes, ils sont capables de prédire, en temps réel, la catégorie syntaxique du prochain mot (verbe ou nom), même lorsqu'ils entendent pour la première fois les mots dans un contexte nouveau pour eux.

Dorothée adore se déguiser et jouer avec des petits bonshommes en plastique. C'est en racontant une histoire avec ses personnages préférés qu'une « maman-leurre » va tester la capacité de Dorothée à repérer les erreurs de grammaire. Pour les besoins de l'expérience, on coiffe Dorothée d'un bonnet un peu spécial qui va enregistrer l'activité électrique de son cerveau pendant le test (un électro-encéphalogramme).



Avez-vous compris le récit fait par Anne Christophe, la « maman-leurre » ? Il faut admettre que certaines phrases n'étaient pas très compréhensibles… Dorothée l'a remarqué aussi, la preuve !

Voici une représentation de son activité cérébrale pendant qu'elle écoutait l'histoire :

IRM phrase incorrecte

Lorsque Dorothée entend une phrase dont la syntaxe est incorrecte, il y a une forte activité électrique positive, représentée en rouge, dans la partie gauche de son cerveau.

graphique bébé EEG

Au contraire, quand la syntaxe des phrases est correcte cette même zone ne montre pas d'activité particulière.

L'imagerie biomédicale nous a permis d'observer de quelle manière le cerveau gère les attentes syntaxiques chez des enfants de 2 ans en parfaite santé.

Grâce aux recherches sur les bébés et les jeunes enfants, nous en savons un peu plus sur les phases d'apprentissage du langage et le fonctionnement du cerveau. Pour Dorothée, l'acquisition du langage n'a posé aucune difficulté mais en est-il de même pour tous les enfants ? Les stratégies d'apprentissage vont-elles être les mêmes chez un enfant mal-voyant ou mal-entendant ?
Un tout petit nombre d'enfants, dits 'dysphasiques', rencontrent des difficultés dans l'apprentissage du langage. La meilleure compréhension du développement normal (et des variations individuelles), pourra à terme permettre de développer des outils de diagnostic précoce et de rééducation ciblée à destination de ces enfants.


Christelle Lopez avec l'aimable collaboration d'Anne Christophe, directrice du Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, et d'Anne-Caroline Fiévet, docteur en linguistique générale.


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